mardi 8 décembre 2020

 GÉOPOLITIQUE DU RENSEIGNEMENT/ 

CYBER-ESPIONNAGE MONDIAL ET LE GUERRE DE L’OMBRE DES SERVICES SECRETS

Le "US Cyber Command" a été créé en 2010, mais jusqu’à présent, sa mission était uniquement défensive. En réalité, depuis des années, les services secrets américains mènent des attaques informatiques contre des pays considérés comme ennemis. L’exemple le plus connu à ce jour est le virus Stuxnet, qui a été implanté dans les ordinateurs d’une usine d’enrichissement d’uranium en Iran, et a perturbé le fonctionnement  des centrifuges, au point de provoquer des explosions. Cette opération, a été créée par les services de la CIA et du Mossad Israélien.



Ainsi, après la terre, la mer, l’air et l’espace, le cyberespace devient pour les Etats-Unis un cinquième théâtre d’opérations, ou tous les coups sont permis, notamment l’exploitation de failles de sécurité dans les logiciels, la création de virus, et l’utilisation de méthodes de pénétration jusque-là réservées aux pirates. Désormais, cyberguerre n’est plus seulement un espace de science-fiction. Aux milieux des années 2000, les attaques informatiques avaient deux fonctions primordiales : Le blocage de serveurs, afin de perturber les communications de l’adversaire, et l’espionnage, consistant à pénétrer subrepticement dans un ordinateur pour voler ou modifier des informations. Or, depuis quelques décennies, les Hackeurs sont passés à un troisième stade : ils peuvent mener des opérations militaires, ayant des conséquences directes dans le monde physique. Ainsi, grâce à des virus fabriqués sur mesure, il est possible de dérégler les systèmes informatiques contrôlant des usines, des centrales électriques, des laboratoires ou des réseaux de transports, et de provoquer des accidents catastrophiques. Sur le plan politique et diplomatique, ce type d’opération est moins compliqué à gérer qu’un bombardement aérien ou un raid de commando. Cela dit, ce genre d’incident ne provoque pas de réactions officielle ou populaire comparable à une intervention armée, d’où la guerre de l’ombre des services secrets sont indispensables. Dans cette guerre devenant globalisée, les virus informatiques ont aussi leurs défauts. Ils peuvent se répandre sur internet hors de tout contrôle, et provoquer des dommages collatéraux dans le monde entier, y compris chez l’auteur de l’attaque. Ainsi, l’une des versions de « Stuxnet » a échappé à l’équipe qui l’avait conçue, et infecté de nombreux systèmes informatiques sur plusieurs continents. D’autre part, si le virus est capturé par le pays victime, ou par une organisation indépendante, il peut être facilement analysé, reproduit, et retourné contre de nouvelles cibles, y compris ceux qui l’ont fabriqué. En somme, dans le domaine des cyber armes, « l’effet boomerang » joue à plein.  Le développement en secret des américains dans leur cyber- arsenal, désireux de conserver leur avance stratégique, ont mené pendant des années une vaste campagne diplomatique visant à dissuader les autres Etats, y compris leurs alliés Européens, de se doter de capacités de cyber- offensive. Parallèlement, Washington accuse régulièrement certains Etats de créer en secret des cyber armées, notamment l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, la France, l’Allemagne, le Royaume-Unis et  la Chine. Si l’on en croit le gouvernement américain, l’armée Chinoise s’est lancée dans le cyber- espionnage à grande échelle, afin d’avoir accès aux secrets scientifiques et industriels des entreprises et des administrations Occidentales et surtout connaître les sources des journalistes américains travaillant en Chine. Pour la CIA, ses offensives seraient menées par l’unité (N 61398) de l’armée Chinoise, installée dans un immeuble de douze étages de la banlieue de Shanghai. De son coté, l’Iran laisse entendre, par le biais de ses médias officiels, qu’il dispose d’une « cyber armée » très efficace, forte de plusieurs milliers d’hommes, en partie des Hackeurs indépendants animés par un sentiment patriotique. Selon les sociétés de sécurité informatique Occidentales, les Hackeurs Iraniens seraient responsables d’une attaque menée en 2012 contre des compagnies pétrolières des monarchies du Golfe persique. Ils auraient notamment réussi à effacer le contenu de milliers d’ordinateurs de la compagnie Saoudienne « Aramco ». En Europe, les sociétés de sécurité informatique affirment que le Royaume-Unis et l’Allemagne se sont déjà dotés d’unités de cyberattaques, tandis que les autres pays dont la France, tentent à présent de rattraper leur retard. La Russie, qui possède un très grand nombre de Hackeurs, a proposé aux Etats-Unis de signer un traité international bannissant les cyber- armes, en prenant comme modèle la Convention sur l’interdiction des armes biologiques. Ces derniers n’ayant pas donné suite, l’armée Russe serait à présent en train de créer son propre cyber- commandement, en s’inspirant de l’exemple américain. Quant a la défense américaine, ils continuent à renforcer leur dispositif. Il est question de détacher le US Cyber- com de la NSA, et de le hisser au rang de commandement militaire à part entière, à égalité avec ceux des armes conventionnelles et nucléaires. Par ailleurs, ses effectifs, encore portée à 45000  hommes.  Sur le plan mondial, la course aux cyber armements est enclenchée, sur tous les continents. Si cette militarisation du cyberespace se confirme, elle aura des répercussions sur l’ensemble de l’internet. Le réseau mondial deviendra un lieu à la fois plus dangereux et surtout plus surveillé, a l’exemple du cas Chinois.

HACKEURS  ET SERVICES SECRETS

Pour se livrer à l’espionnage ou au sabotage sur internet à l’aide d’un logiciel malveillant, il faut auparavant découvrir une vulnérabilité, c’est-à- dire une faille de sécurité préexistante dans le système visé. Or, dans ce domaine, les américains ne sont pas encore autosuffisants. Ils ont besoin de l’aide de la communauté mondiale des Hackeurs indépendants. Depuis quelques années, un marché est apparu sur internet. Quand un Hackeurs ou un chercheur freelance trouve une faille inédite dans un logiciel ou sur un site, il peut le vendre à l’éditeur, qui mettra rapidement en place une parade. En revanche, les armées, les polices et les agences de renseignement des grands pays, souvent dotées de budgets importants, sont prêtes à payer plus cher, à condition que les transactions restent secrètes. Certains chercheurs, ou professionnels, ont donc décidé de vendre leurs trouvailles exclusivement aux Etats. Actuellement, les grands fabricants d’armes américains comme (Raytheon ou Northrop Grumman) possèdent des départements spécialisés dans la sécurité offensive, un euphémisme pour désigner la découverte de vulnérabilités, et la conception de logiciels permettant de les exploiter. Néanmoins, il existe également des sociétés indépendante « de sécurité offensive » : une demi-douzaine aux Etats-Unis, quelques unes en Asie, et au moins une en France, « Vupen », installée à Montpellier. Officiellement, entre Etats, les sociétés Occidentales refusent de traiter avec les gouvernements dictatoriaux qui utilisent internet pour espionner leurs propres citoyens, et vendent leurs produits uniquement aux pays de l’OTAN et à leurs partenaires, ce qui leur laisse une importante marge de manœuvre. Parallèlement, des courtiers américains et asiatiques achètent des vulnérabilités à des Hackeurs freelance, et les revendre avec profit au plus offrant. Ce commerce clandestin a de nombreux effets indésirables. Quand un Etat achète une vulnérabilité, son but n’est pas de mettre au point une parade pour mieux garantir la sécurité de ses citoyens, mais au contraire de l’exploiter en secret, aussi long terme que possible. 

En ce sens, les agences de renseignements et les armées, y compris dans les pays démocratiques, ont intérêts à ce que les logiciels et les sites les plus utilisés soient mal sécurisés, et que les failles ne soient pas corrigées trop vite. Dans cette guerre de l’ombre, les sociétés de sécurité informatique Occidentales en arrivent à pourchasser et à neutraliser des logiciels malveillant créés ou financés par leurs propres gouvernements, tout en continuant par ailleurs à travailler pour eux (sécurité stratégique oblige ?

 MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA

(1)-  50 milliards de dollars : est le montant du marché mondial de la sécurité informatique. Le secteur, en pleine expansion, est dominé par les groupes américains de défense ou de logiciels (23 milliards contre 8 pour l’ensemble France, Allemagne et Royaume-Unis, et la demande croît de 30% à 40% par an. Le marché français est dominé par (Thales : 350 millions d’euros de chiffre d’affaire et (Bull : 200 millions.

(2)- Comme les américains ne sont pas les seuls acteurs au monde, ont trouve sur la scène internationale d’autres pays comme : le Canada, la Belgique, Israël, Japon, Taiwan, Inde, Emirats-arabes-unis, Suisse, France, Singapour, Afrique du Sud, Royaume-Unis, Norvège,  le Luxembourg et l’Espagne.


 GÉOPOLITIQUE /  DE  L'IMPÉRIALISME AU  NÉOLIBÉRALISME  

"L'impérialisme est la doctrine qui considère que leur puissance autorise certains Etats à étendre leur influence, voire leur domination, en dehors de leurs frontières." Le colonialisme européen qui a débuté au XVI siècle et a connu son apogée à la vielle de la Première Guerre mondiale. Le monde était alors divisé en vastes empires dont le plus plastronneur était l'Empire britannique. L'impérialisme, alors à la fois moteur et expression de la puissance européenne, devient le prisme à partir duquel la diplomatie, le commerce, la guerre mais aussi la société sont pensés. l'impérialisme suscite résistantes ( sous le forme de guerres ou de guérillas ), rejet par les populations, une fois dominées et critiques souvent au sein même des pays impérialistes. Ses plus violents dénonciateurs ont été les marxistes, en particulier Lénine. Le père de la révolution de 1917 estimait que l'impérialisme découlait de la nécessité pour le capitalisme de s'exporter dans de nouveaux pays où il pourrait restaurer ses profits, en baisse dans les vieux pays industriels. Paradoxe encore, depuis la fin des empires européens qui a suivi La Seconde Guerre mondiale et l'écroulement de l'URSS, l'impérialisme demeure, bien que renouvelé. Les Etats-Unis ont succédé à l'Europe comme puissance impériale; jouant du hard mais surtout du soft power. Washington place ses pions à son avantage sur l'échiquier mondial, notamment en Afrique et en Asie qui sont les zones clés de demain. Dans un autre registre, on voit subsister des zones d'influences qui sont autant de formes rémanentes d'empires passés. En témoigne la France Afrique que ses critiques taxent de néocolonialisme. Enfin, preuve que l'impérialisme n'est pas mort, la Chine, anciennement dominée, se lance elle aussi, dans une nouvelle " course au clocher en Afrique".  

ISLASTIONNISME/  UNE DOCTRINE AMÉRICAINE ENCORE VIVACE

L'isolationnisme est une doctrine politique, essentiellement américaine, qui proclame la nécessité pour les Etats-Unis de contingenter leurs relations avec le monde. Texte fondateur de l'isolationnisme, le message d'adieu de G. Washington ( 1796 ) appelle les Américains à ne pas signer aucun accord politique ni militaire permanent. Le conseil concerne surtout l'Europe par caponnerie de se voir entrainés dans ses querelles et, par consécution, dans des guerres que le peuple américain n'aurait pas décidées. Cette doctrine est réaffirmée en 1823 par le président Monroe. L'isolationnisme américain, le sentiment que les Etats-Unis construisent un pays radicalement différent de l'Europe et, pour tout dire," archimandrite".  historiquement, l'isolationnisme atteint son apogée aprés la Première Guerre mondiale, quand les américains refusent de ratifier le "traité de Versailles" et de participer à la SDN. Il souffre cependant de nombreuses limites et se double d'un impérialisme dirigé d'abord vers l'Amérique Latine qui donne lieu à une formulation théorique avec le corollaire Roosevelt de la doctrine Monroe en 1904. La motion Vandenberg ( 1948 ), qui autorise la création de l'OTAN, marque un tournant, puisque les américains participent à la première alliance durable de leur histoire. L'isolationnisme n'a pourtant pas tout à fait disparu. Ainsi, le maccarthysme à l'entrée en guerre froide. Quand au conflit vietnamien ou la récente guerre d'Irak, ils ont rapidement suscité dans l'opinion publique des réactions isolationniste. Conséquences, ils ont étaient contraint de se replier sur soi ?

DROIT D'INGERENCE   

Invoqué depuis les débuts de la colonisation, ( la mission civilisatrice), conçue alors comme un devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures, a servi de justification, de subterfuge et de moteur à l'ingérence européenne dans les affaires du monde. Plus récemment, l'idée d'ingérence est apparue en Occident sous la plume non plus d'hommes politiques, mais d'acteurs de la société civile. Différents dans les principes de sa version colonialiste, la nouvelle doctrine procède de l'idée d'une communauté mondiale unis par des valeurs universelles ( Droits de l'Homme ), supérieures au droit national. Les tenants du " droit d'ingérence "réclament une intervention quand ces valeurs semblent bafouées dans un pays. Le principe du devoir d'ingérence pose, par sa nature même, une série de problèmes. Il est difficilement compatible avec le principe de non-ingérence soutenu officiellement par l'ONU. En outre, il est parfois taxé de néocolonialisme ( intervention en Irak en 2003 ). Enfin, il est versatile et soumis à l'empire des médias occidentaux ( une indignation chassant l'autre, comme en 2008 le Tibet occulte le Darfour ). 

SOUVERAINETE ET INGERENCE 

La vision globale sur cette analyse, souveraineté et ingérence sont deux principes antagonistes. Ils sont tous deux évoqués comme des principes protecteurs, des Etats plus faibles contre les appétits des grandes puissances pour le premier, des peuples contre les tyrans pour le second. Le débat n'est pas dépourvu d'arrière-pensées stratégiques. En somme, le débat sur l'ingérence qualifiée également d'ingérence humanitaire, de droit d'ingérence ou de devoir d'ingérence, est une question majeure de la vie internationale. L'ingérence suscite des réactions à la fois passionnées et contradictoires, au Nord comme au Sud, dans les opinions et les gouvernements. La montée en puissance de ce thème est un effet secondaire de la mondialisation. Elle est le produit conjugué du rôle croissant des ONG sur la scène internationale, de l'importance grandissante du poids des médias et de l'opinion public sur la conduite des politiques extérieures et de l'effacement des situations et des possibilités accrues d'intervention. L'ingérence enfin est évidement, et par construction, consubstantielle au phénomène d'effacement des frontières. L'émergence des puissances du Sud va modifier les termes du débat sur l'ingérence. La Charte de l'ONU en réaction aux violations de souveraineté commise par les puissances de l'Axe ayant conduit à la Seconde Guerre mondiale avait condamné l'ingérence en lui opposant le principe de souveraineté. Le paragraphe 1 de l'article 7 de la Charte des Nations unies énonce que ( l'organisation est fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous ses membres.) Le paragraphe 4 du même article dispose que " les membre de l'organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. Ces dispositions viennent en fait compléter le paragraphe 3 selon lequel les membres de l'organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques. L'article 2, paragraphe 7, interdit quant à lui à l'ONU de se mêler des affaires intérieures des Etats, stipulant qu'"aucune disposition de la présente charte n'autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence national d'un Etat. L'ingérence vient donc prendre le contre-pied de ces principes. En 1948, les partisans du concept d'ingérence en font remonter l'origine à l'adoption par l'Assemblée générale des N-U de la déclaration universelle des droits de l'homme. René Cassin, le juriste Français qui en était l'initiateur, avait écrit dés 1947 : " Il faut en tous cas que le droit de regard de l'humanité sur le rapport de l'Etat et de l'individu soit affirmé. "L'URSS, les démocraties populaires et les pays musulmans n'ont pas voté ce texte. Le représentant de Staline, est même sorti sur les marches du palais de Chaillot pour déclarer " Nous refusons ce texte qui est porteur d'ingérence dans les affaires intérieures des Nations. "Cassin rappelait qu'en 1913, la Société des nations avait entendu un Juif de Silésie. M.Bernheim, dénoncer les pratiques barbares des Nazis à l'égard de leurs propres compatriotes. Le président de séance avait alors donné la parole au représentants de l'Allemagne, qui n'était autre que Joseph Goebbels. Ce dernier avait répondu " "Monsieur, charbonnier est maître chez soi. Nous sommes un Etat souverain. Tout ce qu'a dit cet individu ne vous regarde pas. Nous faisons ce que nous voulons de nos socialistes, de nos pacifistes, de nos Juifs et nous n'avons pas à subir de contrôle ni de l'humanité, ni de la SDN." Partisans de la souveraineté et avocats de l'ingérence s'appuient donc tous deux sur la condamnation du nazisme pour justifier leur choix. La souveraineté pour protéger les Etats faibles des appétits d'agresseurs plus puissants, l'ingérence pour empêcher de graves violation des droits de l'homme. Politiquement, c'est la création du mouvement ( sans frontières ), né durant la guerre du "Biafra" ( 1967-1970), qui est à l'origine de l'ingérence humanitaire moderne. A la suite de la proclamation d'indépendance vis- a -vis du Nigeria de la région pétrolifère peuplée de chrétiens Ibos, une guerre civile éclate. L'ONU ne veut alors pas reconnaitre le droit de sécession dans les ex- colonies afin d'éviter les manœuvres de division des ex- puissances coloniales qui auraient peu, en provoquant une sécession, continuer à contrôler les territoires les plus riches ou les plus utiles de leurs ex colonies. Le blocus conduit le Biafra à la famine et les images retransmises à la télévision créent un choc psychologique hyperbolique. Cette farce a suscité l'irruption des ONG humanitaires sur la scène internationale. Elles reprochent aux Etats leur inaction du fait de la non ingérence et à la Croix-Rouge une neutralité qui ne leur parait ni équilibrée ni justifiée devant la vastité des massacres. Se crée alors l'ONG Médecins sans frontières, le terme de " sans frontières" étant à la fois une référence au champ international de l'action mais également, et surtout, au fait que l'association entendait s'affranchir des limites territoriales qui délimitaient l'activité internationale traditionnelle en protégeant la souveraineté. Le tout au nom d'une morale de l'extrême urgence : on ne laisse pas les gens claboter. Bien éloigné de l'esprit, et même de la lettre de la Charte de l'ONU, un droit d'ingérence a été proposé, à partir de 1988 ( résolution 43/131), comme le revers actif d'un ( devoir humanitaire ) qui s'exprimerait face à des violations massives des droits de l'homme ou des droits des minorités au sein d'un Etat. On en a oublié que bien des actions de sécurité collective demeuraient possibles, ne constituant pas des actes d'ingérence, mais seulement l'application de la Charte. En réalité, le désordre des discours sur l'ingérence a pour origine le fait que la population mondiale ne s'est pas approprié le double mécanisme qui fonde le droit international : maintien de la souveraineté des Etats limitée par l'interdiction du recours à la force et le respect des droits de l'homme, mais mise sur pied de la sécurité collective en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'actes d'agression. Cela nécessite des moyens qui ne peuvent être fournis que par les Etats, mais doivent ensuite s'affranchir de la tutelle de ceux-ci pour être contrôlés collectivement. C'est précisément ce passage qui échoue a devenir depuis que la Charte a été rédigée en 1945, le discours sur l'ingérence n'étant que le pendant de cet échec. Les pratiques de conditionnalité dans les relations économiques ( intégrales ) entre Etats sont fréquemment dénoncées comme des ( ingérences). Pa railleurs, la résolution 688 est exceptionnelle, tout comme étaient exceptionnelles les circonstances de son adoption. Cette résolution a effectivement été prise contre la volonté de l'Irak pour protéger les populations. Elle a d'ailleurs été menée au profit des Kurdes irakiens en laissant à leur sort les chiites qui, au sud de l'Irak, subissaient également la répression du régime de Saddam. Mais l'Irak, qui avait défié la communauté internationale, avait été vaincu par celle-ci. Il était diabolisé politiquement pour s'être lancé dans deux guerres contre l'Iran de 1980 à 1988 et encore le Koweït, envahi et annexé en 1990. Saddam Hussein qui avait pourtant longtemps bénéficié de la bienveillance des puissances occidentaux, passait pour l'archétype du dictateur, qui plus est pernicieux pour le monde extérieur. La vérité est que la résolution avait été adoptée sur fond de mauvaise conscience occidentale. N'était ce pas le président Bush qui avait appelé les Kurdes à la révolte ? Pouvait-on intervenir pour le Koweït et son pétrole et ne rein faire pour les Kurdes ? la résolution 688 est donc une exception et ne fonde pas un précédent. Mais au-delà du débat juridique, le débat sur l'ingérence reste avant tout politique lié  a la puissance de la prééminence. Donald Trump est le meilleur exemple dans ces discisions internationales portés toujours sur le droit d'ingérence, ce qui va lui couter très chère à moyen ou à long terme. À l'évidence, droit, et même devoir, qu'a un pays d'intervenir dans les affaires intérieures d'un autre pour y préserver les Droits de l'homme, inflige un autre soft power colonialiste laissant que désolation et pillage des intérêts économique. C'est le nouveau statut de l'ingérence, et du nouvel ordre mondial. 

 À RETENIR

Comment fonctionne Le Conseil de sécurité de l'ONU

Recommander des procédures de règlement pacifique des différents

Autoriser l'usage de la force pour maintenir ou rétablir la paix ou la sécurité

Mettre en place une opération de maintien de la paix ( OMP )

Créer des régions de sanction. 



GEOPOLITIQUE DE L'OSMOSE  DE L'ETAT PROFOND

Emmanuel Macron en août 2019, devant l'Association de la presse présidentielle, puis lors de la conférence des ambassadeurs, le rendez-vous annuel de la diplomatie française, expliquait que sa politique de rapprochement avec la Russie se heurtait aux oppositions ( des États profonds de part et d'autre ), à Paris comme Moscou. Entendre le président de la République reprendre ce concept cher aux leaders populistes, à commencer par Donald Trump, suscita une certaine surprise. Longtemps cantonné, notamment en France, aux milieux conspirationnistes, a fait son entrée dans le débat public Français. "La grande force de l'Etat profond, c'est l'inertie, pas le complot", ironisait à l'époque l'ancien ministre des affaires étrangères " Hubert Védrine". S'il a une part de réalité, ( le deep state ) est avant tout un fantasme, celui d'une administration parallèle où se côtoieraient financiers de haut vol, honorables correspondants des services de renseignement, hommes politiques et hauts fonctionnaires. Très utilisé aujourd'hui par les sites complotistes d'extrême droite, tel Breitbart News, le concept remonte au début des années 1960. " il existe à l'heure actuelle, deux gouvernements aux Etats-Unis L'un est visible, l'autre est invisible". Le premier et le gouvernement dont les journaux entretiennent les citoyens et dont les manuels de civisme parlent aux écoliers. Le second est un mécanisme caché et imbriqué, voire une galaxie informe d'individus et d'agences, écrivaient les universitaires ( David Wise et Thomas B. Ross, qui furent les premiers à analyser un tel pouvoir de l'ombre. Le mot lui-même est utilisé dix ans plus tard par l'administration Nixon pour dénoncer les fuites internes qui ont permis la publication des Pentagone Papers, documents accablants du ministère de la Défense sur l'engagement américain au Vietnam. "Richard Nixon était obsédé par le fait que 96% des hauts fonctionnaires de l'exécutif recrutés pendant les administrations démocrates précédentes étaient contre lui". Pendant les années Reagan, le concept est repris en revanche par la gauche, qui mène la bataille contre les pouvoirs occultes au sein de l'appareil par la CIA. L'Etat profond est aussi dénoncé dans nombre d'ouvrages plus ou moins sérieux comme le cœur de tous les complots, au premier rang desquels l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Au mitan des années 1980-1990, le mot franchit l'Atlantique pour définir les réseaux occultes mis sur pied pendant la guerre froide, tel Gladio en Italie avec la bénédiction de Washington et de l'OTAN, afin de résister à une éventuelle invasion russe. On y trouvait confusément, comme dans la loge maçonnique P2, des responsables des services secrets, des militaires, des affairistes véreux, des hommes politiques. En Turquie, l'expression, traduite par " derin devlet", fit florés pour qualifier les réseaux créés au sein de l'armée et de la haute administration pour combattre marxistes, islamistes et rebelles Kurdes. Elle a surgit dans le discours public en 1996, aprés la découverte dans une même voiture occidentale, prés de l'Anatolie des cadavres d'un préfet de police, d'un chef mafieux lié à l'extrême droite et d'un député d'un parti au pouvoir. On parle d'Etat profond aussi à propos de Donald Trump qui a remis en avant cette notion pour justifier les coupes claires promises de la haute administration mais aussi généralement au sein de la fonction publique. Par ailleurs, plusieurs Etats usent robustement à travers l'Etat profond afin d'assoir leurs régimes, dictatures, despotismes, et totalitarismes face à leurs propres peuples ou la masse. Parmi ces pays, ont trouve en premier lieu la Russie, la Corée du Nord, la Birmanie, la Chine, le Venezuela, le Philippine, l'Argentine, le Pakistan, l'Ouzbékistan, la Hongrie, l'Iran, le Mexique, la Colombie,  le Nicaragua, le Mali, le Burkina-Faso, le Congo, la Mauritanie, la Tunisie, l'Inde, le Maroc, le Niger, le Nigéria, sans oublier les monarchies du Golfe qui tiennent les populations avec une main de fer et dont l'Etat profond reste occulte aux mains des monarques. Au sein d'un États profond, il est plutôt rare qu'un individu exerce un pouvoir absolu et incontrôlé dans un État. Sont également considères les groupes de personnes exerçant le pouvoir, par exemple, un parti ou un régime unique. L'essentiel est qu'il existe une base légitime et constitutionnelle pour un État profond, grâce à lequel le systeme peut voir le jour et agir de manière illimitée. Pas moins de 60 pays dans le monde sont actuellement considérés comme telles. Elle abrite 3,30 milliards de personnes, soit 39,3% de la population mondiale. 



GÉOPOLITIQUE/ BRICS / ETATS-UNIS


Alors que la Russie et la Chine vivent des éventements qui testent leur stabilité, plusieurs voix s’élèvent au sein des BRICS et de leurs alliés à fin de dénoncer la tentative des États-Unis d’imposer leur prééminence mondiale. Dans ce contexte nous revenons sur l’enjeu que représente l’Eurasie pour les États-Unis déjà décrit en 1997 par Zbigniew Brzezinski dans son ouvrage 
«le Grand échiquier». Dans ce jeu géopolitique les États-Unis est un acteur de poids. Brzezinski anticipe quelques conséquences géopolitiques à l’effondrement de l’empire de Washington, et nous devons observer que c'est admissible, ces conséquences seraient dramatiques , et ce malgré toutes les exactions géopolitiques brutales commises par cet empire depuis 1945, et demeure basé sur les rapports de force dans lesquels l’empire américain fonctionne comme la banque centrale de la force militaire à travers le monde. Néanmoins, l’effondrement de l’empire américain a été pronostiqué depuis plusieurs années, et est souvent analysé comme la conséquence importance naturelle et historique inévitable, dans le sens où les empires finissent par entrer en récession voire à se fragmenter. Par ailleurs, si les États-Unis s’effondraient ce serait un cataclysme géopolitique qui emporterait avec elle des dizaines des millions de vies humaines à travers le monde.

CONSÉQUENCES DE L’EFFONDREMENT

Si cette superpuissance bascule dans la spirale du déclin, c’est un réarmement mondial en armes massives et une prolifération nucléaire mondiale. La Chine, peut envahir le Japon pour les îles revendiquer par cette dernière. Il y aura aussi un réarmement nucléaire au Japon, en Allemagne, les pays africains, l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite, les Emirats-arabes-unies, l’Australie, la Malaisie, l'Indonésie et même le Brésil. La France, ne serait pas en mesure d’empêcher l’Allemagne de s’armer au nucléaire et on se retrouvera avec une Europe beaucoup plus brûlante dans laquelle on aurait des acteurs locaux qui domineraient les autres et des puissances régionales qui peuvent accélérer des guerres supplémentaires. Dans ce cas on ne doit souhaiter l’effondrement de l’empire américain mais son équilibrage avec un grand multipolarisme avec la capacité d’arbitrage locaux et ce qui manque en fait à ce monde. Avec le rapport de force c’est-à dire que les relations internationales restent entièrement dictées dans le sens où les États-Unis car ils sont les plus forts peuvent ignorer le droit international et tout autre nation qui serait la plus forte pourrait aussi le faire impunément. Aujourd’hui, une grande partie de la stabilité du monde et dû au fait que les États-Unis peuvent frapper n’importe quel pays s’ils le souhaitent, soit diplomatiquement si le pays est nucléaire soit économiquement comme ils le font avec la Russie. Ce qui éclatant, et que les États-Unis ont le pouvoir et la force la plus dominante non seulement actuellement mais dans toute l’histoire de l’humanité, aucune nation n’a été capable d’imposer sa prééminence n’importe où dans le monde de la façon dont les Américains peuvent le faire aujourd’hui y compris par des techniques des guerres économiques extrêmement avancées. Et si l’effondrement des américains sera imminent, le monde deviendrait plus instable, des guerres régionales de haute intensité émergeraient par tout dans toutes les zones de reconfiguration et on se retrouverait à nécessiter des arbitrages mais sans que les Nations-Unies puissent faire quoi que ce soit. Les Américains profitent totalement de cette situation dominante et détruisent des pays comme ils le souhaitent ( Irak, Libye, Syrie, Venezuela et autres). Et au fond le constat de cette situation géopolitique et que toutes les nations du monde n’ont pas été capables d’innover pour créer un ordre international plus efficace que la loi de l’hégémonie et un système de relations entre peuples et nations souverains.

VERS LA FIN DU DOLLAR ET DE L'HEGEMONIE OCCIDENTALE  

Déjà en 1944, les États-Unis possèdent plus de la moitié des réserves d’or du monde. Dans les décennies qui vont suivre, Washington maintiendra une continuité absolue dans sa diplomatie monétaire. Or les BRICS ne voit pas de bon œil cette arrogance américaine, et les sanctions lentement accumulées sur la Russie depuis son opposition à l’invasion illégale de l’Irak en 2023 accélérées depuis ses vetos contre l’invasion plus illégale contre la Syrie en 2010, puis contre son intervention en Ukraine en 2022, ont mené Moscou et Pékin à renforcer la dédollarisation du monde. Jamais depuis 1944, la prééminence du dollar n’a été aussi menacé, il se pourrait bien que 2050 marque le début de la mort du dollar comme monnaie de réserve mondiale, et que l’ordre de «Bretton Woods» serait classé dans les méandres de l'histoire. Actuellement le BRICS est devenue une entité géopolitique où le sommet des BRICS est plus important que le G7. Pour la géopolitique actuel mondial, les BRICS prennent une place primordiale et représente un pivot géopolitique d’où le 21 siècle sera déterminé par les BRICS que le G7. Avec 3 milliards d’habitants, les BRICS créeront leur propres Nations-Unies, leur FMI, leur OMS, leurs banques centrales et leurs Conseils de sécurité. La croissance économique est observée depuis déjà 20 dans les BRICS, ainsi la géopolitique dans toute sa complexité et dans son exactitude se jouent désormais au sommet des BRICS.

MBS / UN PRINCE INCONTOURNABLE : MAIS A QUEL PRIX 

La question qui se pose et que peut-on impunément sortir du dollar pour les transactions hydrocarbures tout en s’affichant ostentatoirement aux BRICS ? Depuis les accords secrets de Quincy en 1945 la réponse reste suspendue dans le temps. Sachant que des chefs d’États qui s’y sont essayés, de Mossadegh, Kadhafi, Saddam, Enrico Mattei, l’ont payé soit de leur poste soit de leur vie. Pourtant, c’est précisément ce que l’Arabie-Saoudite semble en passe de faire avec la guerre du mépris que mène MBS contre Biden depuis un an. La perspective de dédollarisé l’économie mondiale est inenvisageable pour le moment. Si jamais un producteur de matières premières décide de ne pas vendre ses matières premières en dollar, il est soit suicidé, ou l’équidé et d’autres se sont trouvés dans l’axe du mal avec des menaces bien ciblées. Et puisque on est dans une guerre froide, et surtout quand on est un pays ( Arabe) il faudrait bien réfléchir de  choisir son camp. L’Algérie par exemple, reste pour le moment un pays neutre entre les deux géants ( pour ne pas subir le sort infligé au Venezuela) mais la pression est toujours de plus en plus abyssale pour forcer évidemment les pays producteurs de matières premières a décider de force de choisir leur destin. La décision du cartel de réduire de 2 millions de Barils par jour son offre n’a pas entraîné une flambée des cours du brut mais est en train de remettre en cause le partenariat historique entre Riyad et Washington, qui accuse le Royaume de s’aligner sur les intérêts de Moscou ou des BRICS. La monarchie Saoudite accuse les Etats-Unis de vouloir manipuler les marchés du pétrole et s’emble ce dissocier du pacte américain fait de plus en plus de dyle avec la Russie et entrain de consolider non seulement une politique énergétique coordonnée avec Moscou et la Chine et de donner sa voix à l’OPEP à la Russie mais en plus elle est en marche de s’acheminer lentement mais sûrement vers une économie partiellement dédollarisé. Pour les observateurs Russes, ce choix plus qu’un signe de rapprochement avec Moscou, est une indication supplémentaire que de plus en plus des pays veulent s’affranchir des normes dictées et imposées par l’Occident. Paradoxalement, malgré l’assassinat avilissant commis par MBS contre le journaliste Jamel Khashoggi, Washington accorde l’immunité juridique à MBS et la France, décore le prince des ténèbres de la légion d’honneur. Pour la pétromonarchie la plus puissante, fini le temps de Lawrence d’Arabie et les accords de Quincy. Néanmoins, si les Saoudiens mettent fin unilatéralement aux accords américains se serait un bouleversement dans l’équilibre des forces et surtout dans l’échiquier actuel de la géopolitique mondiale est c’est exactement ce qui ce semble en train de se confirmer. L’Arabie Saoudite cherche a acquérir son indépendance et ses relations avec les RRICS, mais la vengeance de l’administration américaine sera inéluctable. Si la CIA continue à travailler depuis 1947 laissons derrière elle plus de 70 ans de coup d’États, elle va certainement préparer des coups adamantins à la monarchie Wahhabite; car les puissances ne peuvent pas tolérer quand ils sont au sommet de la pyramide mondiale et on détectés le début de leur fin presqu’îles se mettent justement à tolérer en termes de contestation de leurs puissances. Pourtant, au fil de l’histoire les américains ont tolérés le régime saoudien à la foi autocratique et théocratique soutenant leurs guerres au Yémen, leurs présences en Libye, au Sahel, en Syrie, et en Afrique. A travers ce constat, la CIA a toutes les analyses dont elle a besoin pour la monarchie en terme d’influence et de déstabilisation  (analysé, influencé, agir) et c’est-ce qui peut se concrétiser à mi ou à moyen terme. Donc, un changement de régime sera imminent en Arabie Saoudite. Ce scénario n’est pas un cas isolé mais la continuité de la prééminence américaine à travers le monde. Enrico Mettei ( Italie), celui qui a inventer le terme des "trois sœurs" à disparu dans un accident d’avion quand il a voulu sortir du cartel de l’industrie pétrolière américaine. Christophe de Margerie, PDG de Total sollicitant une bonne coopération entre l’Europe et la Russie sa disparition en 2014 en Russie reste encore non élucidé. La fin du système de Bretton Woods a certes favorisé un développement sans précédent de la finance mondiale et de la spéculation, les États ont dus se rendre à l’évidence, ils sont largement impuissants face aux fluctuations des devises. Le dollar, lui à certes perdu son rôle de pivot du marché des changes, mais il n’a jamais été aussi central. Quand à l’euro, il est le résultat du sursaut des Européens à la mort de Bretton Woods.


GEOSTRATEGIE: UN MONDE EN SURSIS ET DES PEUPLES EN OTAGES


Que ce soit en termes géopolitiques ou géoéconomiques, l’enjeu central des deux prochaines décennies réside dans la compatibilité des projets chinois et américains. Durant la guerre froide, les principaux partenaires commerciaux des États-Unis étaient leurs alliés militaires. Ce n’est plus le cas puisque la Chine apparaît à la fois comme leur principal partenaire économique et surtout leur premier rival stratégique. Le duel entre Washington et Pékin est inévitable. Dans une double optique globale et régionale, cette tension fondamentale conduit à trois séries de stratégies sur l’échiquier mondial. En premier lieu, il s’agit d’analyser la consolidation stratégique actuellement à l’œuvre entre la Chine, les États-Unis, mais aussi la Russie. Ces trois membres permanents du Conseil de sécurité disposent d’un pouvoir de structuration des équilibres stratégiques, bien supérieur aux autres nations. La crise actuelle du multilatéralisme s’explique avant tout par leur comportement; ils forment un triangle dont les déformations affectent directement la stabilité internationale. Au sein de ce triangle, la Russie fait figure de segment fort en dépit d’une agilité agressive diplomatique, qui lui a permis de retrouver des marges de manœuvres au cours de la dernière décennie provoquant ainsi une menace potentielle a l‘échelle planétaire. Son positionnement, mais aussi du Japon, l’Inde, l’Australie et des pays européens joueront sur l’équilibre sino-américains, qui ne se résume pas à une équation bilatérale comparable à la confrontation soviéto-américaine de la guerre froide. Avec la « Belt and Road Initiative BRI», la Chine a pris les devants et contraint les États-Unis à réagir au moment où ils connaissent une crise inédite de leadership. En deuxième lieu, l’avenir de l’UE mérite une attention toute particulière, dans la mesure où elle apparaît plus vulnérable que jamais. Néanmoins, son délitement, tant de fois annoncé, transformerait les pays européens en acteurs de troisième rang face aux nouvelles logiques de puissance. La trajectoire de l’UE dépend de sa volonté propre, de la solidité des relations franco-allemandes, de la déformation du triangle stratégique mais surtout des transformations de la Méditerranée et du continent Africain. L’UE exerce des compétences, notamment commerciales, que les États membres lui ont déléguées avec une construction juridique complexe. Son projet correspond à une certaine conception de la mondialisation reposant sur l’économie de marché, la liberté de circulation et la démocratie représentative, conception actuellement contestée à la fois par des puissances extérieures et par des forces politiques en son sein. L’UE joue également son avenir dans sa capacité à construire des relations euro-méditerranéennes et eurafricaines solides et équilibrées. Quels peuvent être les modes de coexistence entre une Europe vieillissante, des États africains incapables de répondre aux aspirations de leurs populations et des pays en pleine croissance démographique? ( l’Afrique de l’Est,  du Sud, de l’Ouest, et du Nord .)  En troisième lieu, la prise de conscience des impasses du système mondial, qui se caractérise désormais par un accroissement vertigineux des inégalités, une accentuation de la pression démographique, un épuisement des ressources naturelles et une capacité illimitée de mise en réseau des individus comme des groupes. La tension entre l’augmentation de la demande énergétique mondiale représente un enjeu crucial. Plus profondément, l’insuffisance des moyens alloués au simple maintien des équilibres énergétiques risque de produire des phénomènes d’effondrement de sociétés humaines à plus ou moins brève échéance. Sur la plan stratégique, elle se traduit par une rivalité entre puissances et par l’apparition de nombreux acteurs privés disposant d’une influence globale. Sur le plan économique, elle se caractérise par le passage d’une économie de consommation de masse à une économie de la consommation personnalisée. Dans le domaine diplomatique, le numérique accélère la diffusion du pouvoir à l’ensemble des acteurs sociaux. Reste à savoir si le développement rapide de l’intelligence artificielle, ne va pas entraîner une recentralisation du pouvoir dans les mains d’une poignée d’acteurs, dans la mesure où il implique des partenariats complexes entre États et entreprises technologiques. 

L’ASIE / NOUVEAU CENTRE DU MONDE

Du début des années 1960 à nos jours, l’Asie a plus que doublé sa part relative du PIB mondial pour parvenir à 36% en 2019. Actuellement, elle devance l’Amérique avec 33% pour les deux sous-continents et 18% de l’UE, tout en continuant à bénéficier globalement d’une croissance soutenue, contrairement aux pôles occidentaux. L’Asie, qui a bâti sa croissance sur les exportations, est devenue un pôle de  croissance autonome tiré par le Japon puis, les quartes Dragons Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong. Les Tigres asiatiques, Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines, Brunei, et désormais les géants chinois et indien. L’Asie connaît aussi une forte poussée démographique, prés de 2 / 3 de la population mondiale. Pour le reste des continents, le monde bascule vers l’Asie. Pourtant, sur le plan stratégique, l’Asie connaît toujours des hauts et des bats. La fin de la guerre froide n’y a pas eu le même impact positif qu’en Europe et n’a pas signifié la fin de la menace. Les rivalités nationales surpassent les oppositions idéologiques. L’inégalité et la diversité des acteurs interdisent que se crée un équilibre des puissances. La Chine a connu durant trente ans une croissance économique forte qui devrait en faire la prochaine grande puissance mondiale. Elle n’aspire pas à modifier le système mondiale, elle veut uniquement en prendre la tête. Elle a dépassé le Japon en termes de PIB et compte faire de même avec les États-Unis d’ici une génération. Sur le plan diplomatique, 181 organisations sont dirigés par la Chine provoquant ainsi le pouvoir d’action de l’ONU sur l’ensemble des États. 

L’ASCENSION ECONOMIQUE CHINOISE

Depuis le début des années 1980 et les quatre modernisations lancées par Deng Xiaoping, la Chine a connu une croissance proche de 10% par an qui passe désormais à 6 à 7% par an depuis 2012. Elle se situe désormais au 2 rang mondial en termes économiques et occupe la première place dans le commerce extérieur mondial. En 2013, le renminbi a détrôné l’euro comme seconde monnaie la plus utilisée dans les contrats commerciaux. L’économie chinoise est passée de 2% à plus de 16% de l’économie mondiale; le PIB par habitant et par an était de 200 dollars en 1978, il est supérieur à 10 000 aujourd’hui et prés de 800 millions de Chinois sont sortis de la précarité. En 2020, Pékin annonçait que l’ensemble de la population était sorti de la pauvreté extrême en Chine. Elle abrite quatre milliardaires sur 10 dans le monde. La richesse combinée des 415 milliardaires chinois équivaut à peu prés au PIB de la Russie de Poutine. D’ici 2030, elle aura rattrapé économiquement les États-Unis et elle est le seul pays qui peut opposer à Washington une vision globale du monde qui lui soit concurrente. Le déficit commercial des États-Unis atteignait un record de 419 milliards de dollars en 2018, pour revenir à 345 milliards en 2019. Les exportations constituent en 2018 19% du PIB chinois. Face à des marchés extérieurs qui risquent de se fermer, le défi est de développer la demande interne pour relancer la croissance.   En 2000, les réserves de la Banque Chinoise étaient de 200 milliards de dollars. En 2020, elles s’élèvent à 3150 milliards. La Chine est actuellement le premier partenaire commercial de 130 pays. Plus de la moitié des grues en activité dans le monde sont en Chine, qui absorbe 50% du ciment consommé sur la planète. Elle est à la fois l’atelier du monde : jouets 70%,  horlogerie 85% de la production mondiale, téléphones 63%, appareils photographiques 55%. Elle n’avait aucune ligne de chemin de fer à grande vitesse. Elle en a actuellement plus que le reste du monde réuni. Le nombre d’internautes dans le pays est passé de 22 millions en 2000 à 850 millions. 
 
LA CHINE / PUISSANCE MILITAIRE ET DIPLOMATIQUE

Puissance nucléaire depuis 1964, la Chine a constamment modernisé ses forces nucléaires et balistiques, même si l’armée chinoise ne peut se mesurer à l’armée américaine, dont le budget est quatre fois supérieur. En 2014, la Chine effectuait son premier test de missile de croisière hypersonique, capable d’être équipé aussi bien d’une tête nucléaire que conventionnelle. Alors que la Chine avait mis en service son premier porte-avion à propulsion nucléaire en 2012, elle confirmait en 2014 le lancement d’un second. A terme, elle devrait se doter de quatre porte-avions. En 2013, la Chine lançait sur sa base de Xichang un satellite bolivien et confirmait sa place sur le marché international des lanceurs de satellites. Le programme avait été financé à hauteur de 85% par une banque de développement chinoise. En 2013, elle a lancé le satellite expérimental Shiyan 7, qui pourrait avoir une capacité antisatellite. En somme, la Chine serait prête à répliquer à une éventuelle guerre de l’espace. En 2016, elle lance le premier satellite quantique de l’histoire, prenant ainsi une avance dans le système de cryptage de l’information. Les dépenses militaires sont estimées entre 170 et 200 milliards de dollars par an, contre 740 pour les États-Unis en 2020. Sur le plan international, la Chine entend aussi bénéficier du boom économique et donner de l’ampleur à sa montée en puissance diplomatique. Elle affirme sa présence au Proche-Orient et fait désormais entendre voix sur les grands dossiers stratégiques par son statut de membre du Conseil de sécurité. Les chinois font également une cour assidue au continent africain. Xi Jinping, a réservé au continent africain sa première visite officielle. Les échanges économiques sont passés de 12 milliards de dollars en 2000 à 55 milliards en 2006, et à 200 milliards en 2016. La part de marché de la Chine en Afrique ont bondit de 3%  en 2001 à 18%. Elle reste avide des matières premières du continent africain. Sa présence est bien perçue, car elle offre des alternatives à la présence occidentale, mais la Chine est parfois jugée trop pressante. En 2018, se tenait un sommet  Chine-Afrique. La majorité des  chefs d’État africains y assistaient. Xi Jinping promettait 60 milliards de dollars d’investissements nouveaux sur le continent. Le modèle de croissance de la Chine impressionne les leaders africains. De surcroît, Pékin prône la non-ingérence dans les affaires intérieures, contrairement aux Occidentaux. Elle a également ouvert une base militaire à Djibouti, et a construit les lignes ferroviaires Djibouti-Addis Abeba et Mombasa Nairobi. Pékin est devenue le premier bailleur de fond des États africains, qui commencent à avoir peur d’un néocolonialisme chinois, de relations bilatérales inégales, de l’invasion de leur marché par des produits chinois et du pillage de leurs matières premières. En dehors de l’Afrique, elle développe aussi de forte relation avec l’Amérique Latine, toujours à la recherche de matières premières. En claire, elle s’assure une présence diplomatique à l’échelle mondiale. Xi Jinping, qui arrive au pouvoir en 2013, affirme nettement, après sa reconduction à la tête de la Chine en 2018, son ambition de voir la Chine redevenir la première puissance mondiale. Il renforce son pouvoir personnel et met fin à la limitation à deux mandats de 5 ans à la direction du PCC et devient Président à vie. Il resserre le contrôle sur la population le (contrat social )  et poursuit une offensive diplomatique globale, bénéficiant du retrait américain de la scène internationale sous Donald Trump. Sur 15 organisations internationales du système onusien, 4 sont dirigées par des Chinois. La Chine occupe un double positionnement, celui de puissance conservatrice arc-boutée sur le principe de non-ingérence et celui de puissance dénonçant un ordre international perçue comme tyrannique. Pour l’heure, elle s’emploie à contrôler son environnement régional en cherchant à réduire l’influence américaine en Asie. En Arctique, au nom de la recherche scientifique et climatique, la Chine inquiète déjà les pays comme la Norvège, le Danemark, l’Islande, et la Suède par l’installation des bases militaires  et surtout une éventuelle  présence des sous-marins chinois sous la banquise, alarmant ainsi les États-Unis, la France, le Royaume-Unis, et l’UE. En claire, la Chine est devenue un régime autoritaire qui commande la marche du monde. 

ETATS-UNIS / CHINE : LE DUEL DE LA SUPRÉMATIE

Depuis la nuit des temps, l’histoire de la guerre résume les causes fondamentales de la guerre par une triade d’une remarquable continuité historique : peur, honneur et intérêt. Après cette première référence vient souvent la sagesse de la force politique (si tu veux la paix, prépare la guerre ). Cette formule paradoxale renvoie à une évidence historique : une nation prête au combat dissuade ses éventuels agresseurs, alors qu’une autre, mal préparée, suscite des convoitises. Donnée permanente de la condition humaine, la guerre est un des plus puissants facteurs de transformation du système international. Elle se trouve au cœur de l’État moderne car, comme le constate « Machiavel », ( le fondement de tout État , c’est une bonne armée. ) Elle se conçoit, se conduit et se conclut dans un cadre politique. En ce sens, elle correspond à la continuation des relations internationales par d’autres moyens. Sans être linéaire car la guerre porte en elle la surprise. Bornée dans le temps, avec un commencement et une fin, elle doit déboucher sur une issue, une solution négociée ou imposée, permettant le retour à un état de non-guerre, c’est-à dire la paix. Dans le domaine militaire, le verdict est sans appel. Si l’URSS semblait au cours de la guerre froide pouvoir se mesurer aux États-Unis, aucun État n’est plus en mesure de le faire aujourd’hui. Washington possède toute la panoplie de la puissance militaire. Des forces nucléaires à la fois aériennes, sous-marines et terrestres, des capacités de projection avec 10 porte-avions, des bases sur les cinq continents, des satellites d’écoutes et d’observation, des missiles tirés à distance et une boite de renseignements la plus puissante au monde . Le Pentagone dispose de 800 bases militaires dans 70 pays étrangers. L’OTAN, organe politico- militaire largement dominé par les Américains, a survécu à la disparition de la menace qui avait suscité sa création. L’implosion de l’URSS, loin d’avoir mené au démantèlement de l’Alliance atlantique, l’a au contraire confrontée dans son rôle d’acteur majeur de la sécurité européenne. Tous les anciens pays du Pacte de Varsovie et les pays baltes y ont adhérés. L’attraction de l’OTAN a été plus forte que celle de l’Union-européenne, car elle impliquait un partenariat avec les États-Unis qu’ils jugeaient indispensable pour faire face à la Russie, toujours vécue par eux comme une menace permanente. Le PIB américain reste de loin le plus important au monde, avec prés de 20 580 milliards de dollars contre 13 368 milliards pour la Chine et 4 971  pour le Japon, et enfin la Russie avec 1657, en 12é position. Par ailleurs, l’ ONU,  le FMI,  la Banque mondiale et, plus encore, l’OTAN est bien supérieur à leur poids théorique. Afin de promouvoir leurs propres intérêts, ils sont capables de peser sur les débats et d’orienter les décisions de ces organisations plus que tous autre membre, et ce sans hésiter à s’affranchir du cadre multilatéral s’il est jugé trop contraignant. En claire,  (les États-Unis étaient multilatéralises s’ils le pouvaient, unilatéralistes s’ils le devaient) ce qui signifie qu’ils sont prêts à s’émanciper du cadre multilatéral s’ils ne peuvent faire prévaloir leur point de vue. Les États-Unis conservent encore leur statut de première puissance mondiale mais leur suprématie s’érode. Ils ne peuvent imposer leur politique à l’ensemble du monde, malgré leur volonté. D’ailleurs, « Zbigniew Brezinski», résume les atouts et les handicaps de son pays en six points chacun. Coté atouts : la puissance économique globale, le potentiel d’intimidation, le dynamisme démographique, la capacité à se mobiliser,  l’attractivité démocratique, et la situation démographique. Côté handicaps: la dette nationale, le système financier déficient, les inégalités sociales croissantes, le vieillissement des infrastructures, l’ignorance du public des réalités internationales et le blocage du système politique. 
 
FAIBLESSES ET DÉFIS  DE LA CHINE

La Chine doit ne pas effrayer ses voisins asiatiques par une affirmation trop nette de sa puissance. Les pays de l’ASEAN (association des nations de l’Asie du Sud-Est ) craignent un affrontement sino-américain qui les conduisent à choisir leur camp, alors qu’ils veulent avoir de bons rapports avec les deux puissances. Mais ils craignent encore davantage la rivalité sino-japonaise, de plus en plus agressive. Ils redoutent à la fois l’affirmation de la Chine, mais aussi une poussée américaine dans la région pour y répondre. Se définissant comme des nations commerçants, les pays de l’ASEAN s’affolent d’une montée d’affrontements stratégiques, jugés incontournables, ainsi qu’une situation qui les obligerait à choisir entre la Chine et les États-Unis, estimant que, si leur futur sécuritaire est lié à Washington, leur avenir économique dépend de la Chine. En matière des points faibles du développement chinois,  Pékin va devoir affronter deux tendances lourdes concernant son économie: Le vieillissement prématuré de sa population avec, à la clé, l’explosion des dépenses de santé et une pression accrue sur les actifs et des déséquilibres croissants entre hommes et femmes. On va passer d’un pays où la cellule familiale est de deux parents qui s’occupent d’un enfant unique à une société où cet enfant devra prendre soin de ses deux parents à la retraite. Cela conduit les autorités à abandonner la politique de l’enfant unique. La pollution de l’aire en Chine coûte 1 million de vies par an. La pollution est devenue un sujet majeur de préoccupation et de récrimination pour la population. Elle entend miser sur les énergies renouvelables et jouer un rôle pilote en la matière. La croissance s’est bâtie sur un fort endettement. De 2008 à 2016, elle a été multipliée par 4 pour atteindre 28 400 milliards de dollars, soit  250%  du PIB, dont 160% pour les seules entreprises chinoises. Le potentiel économique, au-delà du défi social, pose également un défi politique. La course au développement technologique et économique risque de conduire à la constitution d’une société civile qui viendrait contester le monolithisme du pouvoir.   Les politiques de relance menées par les chinois après la crise de 2008 ont creusé l’endettement. Mais la question qui se pose avec acuité, et de savoir si la libération de l’économie chinoise va conduire à l’émergence d’un nouveau géants économique, de surcroît superpuissance stratégique, ou compromettre les équilibres politiques, économiques et sociaux du pays, en ce sens nul ne peut prédire les enjeux géopolitiques, géostratégiques et géoéconomiques qui se redessinent à l’horizon du futur. Si la Chine n’est pas une démocratie et si le PCC a toujours le monopole du pouvoir, elle n’est cependant plus le régime totalitaire qu’elle était sous Mao Tse Toung qui a sacrifié 100 millions de sa population par la famine, le grande misère, la répression massive, les tortures, les suicides, et même le cannibalisme entre les mêmes familles afin d’imposer son régime communiste. Le capitalisme et le patriotisme ne sont pas des concepts marxistes, mais ce sont les deux vecteurs de la légitimité du PCC. Les demandes de démocratie ne concernant qu’une minorité d’intellectuels. Mais le régime s’est durci face aux protestations à Hong Kong et la situation des Ouïghours, minorité musulmane de Xinjiang, dont 10 millions ont été internés  avec un traitement inhumain et impitoyable, sans oublier le Tibet, et Taïwan. La technologie et l’intelligence artificielle permettent aussi un contrôle esclavagiste sur la population. Avec 850 millions d’internautes, malgré la censure, une opinion publique se forme, s’exprimant contre les inégalités croissantes, le comportement outrancier des nouveaux  1000 oligarques et leurs fils,  dont la fortune cumulée représente 90 milliards de dollars, les 10% des Chinois les plus riches bénéficient de 50% de la richesse nationale , la bureaucratie dans les campagnes, la pollution, la corruption et le système  judiciaire a deux vitesse, sans écarter les 160 millions de Chinois fuyant l’exode rural, ils font l’objet de discriminations pour l’accès a l’emploi, au logement, à la santé et à l’éducation. La Chine est en réalité un pays régi selon un modèle de capitalisme bureaucratique et familial. La mise en place d’une économie socialiste du marché se traduit par une ouverture économique et l’acceptation sous contrôle d’un parti unique de l’économie de marché dans le cadre d’un régime communiste. La Chine a ainsi fusionné le capitalisme économique et le communisme politique. Il faut bien retenir que l’autoritarisme de Xi Jinping inquiète le monde plus que Poutine. Sa diplomatie machiavélique vise à dominer le monde, alors qu’ils prétendent qu’ils n’ont de tradition coloniale et qu’ils ne sont pas impérialistes. Paradoxalement, même s’ils apparaît comme voulant dominer le monde, elle créera contre elle des coalitions et des contrepoids. 

LA MONTÉE EN PUISSANCE DES PROFILATIONS NUCLÉAIRES

Une des conséquences de la théorie d’Einstein est que la masse et l’énergie sont équivalentes, c’est-à-dire qu’elles sont deux métamorphoses d’un phénomène identique et qu’elle peuvent être converties l’une dans l’autre. La relation signifie qu’une très petite quantité de matière peut être convertie en une très grande quantité d’énergie. Vers 1939, l’Amérique fut préoccupée par l’idée que les savants allemands pourraient appliquer ce principe à une arme de guerre ayant un gigantesque pouvoir de destruction. Sous la menace d’une seconde guerre mondiale, d’éminents savants américains tentèrent de persuader Einstein dont le nom seul était un argument très puissant d’écrire une lettre au président Roosevelt pour lui faire valoir l’avantage que l’Amérique pourrait retirer d’une telle arme pour sa sécurité. Einstein donna son accord, non sans avoir mené une lutte amère entre son désir de pacification et son aversion très profonde des actes inhumaines des nazis. Il céda, cependant, fermement persuadé que l’arme ne serait jamais utilisée. Quoi qu’il en soit, sa lettre fut le point de départ de la fabrication de la bombe atomique utilisée contre le Japon en 1945. ( Einstein passa ses dernières années dans un isolement quasi-totale, il continua à enseigner, déçu et dans un état de santé qui ne faisait qu’empirer. Il mourut durant son sommeil le 18 avril 1955. Après la seconde guerre mondiale, la rivalité soviéto-américaine a pris d’autres chemins: L’affrontement direct fut purement verbal. Seuls les affrontements contre ou entre alliés des uns et des autres ont pu être armés. Jean Paul Sartre disait ( l’humanité soit mise en possession de sa propre mort.) et Churchill déclarait ( a l’age nucléaire, la sécurité sera le robuste enfant de la terreur, et la survie, la sœur jumelle de l’annihilation. ) Certes, une guerre nucléaire aurait signifié la fin du monde, mais par contrecoup, personne ne peut déclencher une guerre contre un pays nucléaire. L’arme nucléaire et l’effet dissuasif de son immense potentiel destructeur sont l’explication majeure de ce paradoxe. Au fil du temps, l’homme a développer deux types de prolifération nucléaire. La prolifération verticale concerne l’augmentation du nombre d’armes nucléaires déjà existantes dans les arsenaux; la prolifération horizontale concerne l’augmentation du nombre d’États possédant l’arme nucléaire. C’est aujourd’hui cet aspect de la question qui est pris en compte lorsque l’on parle de prolifération. La crainte suscité par les risques de prolifération a conduit à la mise sur pied d’un régime international de non-prolifération des armes nucléaires. Le TNP repose en permanence sur un équilibre d’obligations, les États nucléaires définis comme ceux ayant procédé à un essai nucléaire avant le premier janvier 1967, États-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France, Chine, s’engageant à ne pas transférer d’armes nucléaires à ceux qui n’ont ont pas, les États non nucléaires s’engageant à ne pas les acquérir. A Partir de ce traité paradoxal, le TNP est la consécration de l’inégalité par le droit international. Les armes nucléaires, jugées bonnes pour certains États, sont considérées comme dangereuses pour d’autres. Ainsi , de nombreux pays du tiers-monde disposant de programmes nucléaires ont à cette époque refusé de le signer ( Inde, Pakistan, Israël, Afrique du Sud, Brésil, Argentine, Taïwan, les deux Corées, l’Iran et la Libye. Les quatre premiers pays se doteront secrètement de l’arme nucléaire. L’Afrique du Sud y renoncera après le démantèlement de l’Apartheid, Israël, l’Inde et le Pakistan sont les trois États nucléaires officieux. Le chute de l’URSS succédaient 15 États, quatre d’entre eux la Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan, la Biélorussie étaient possesseurs d’armes nucléaires stratégiques. Ainsi, le nombre d’États disposant de l’arme nucléaire sur le continent européen passait de trois à six. En dehors de l’arme nucléaire, les armes dites chimiques, biologiques ou bactériologiques sont porteuses d’organismes vivants, virus ou germes qui provoquent des maladies graves. Une convention d’interdiction des armes biologiques  ( CABT ) signée en 1972 qui proscrit l’utilisation, la fabrication et le stockage de ces armes. Elle a pour défaut de na pas être accompagnée d’un système rigoureux de contrôle. Les Américains ont refusé qu’un traité vienne mettre en place un tel régime de vérification en juillet 2001. 
Nous sommes entré dans le troisième âge nucléaire. Le premier âge correspondant à celui de la dissuasion entre grandes puissances; le deuxième à la phase de désarmement ayant suivi la guerre froide. Cette dernière est aujourd’hui révolue en raison d’une double dynamique générale. En effet le modernisation des arsenaux se traduit par une amélioration des performances en termes de vitesse des vecteurs et de furtivité des lanceurs. A l’inverse, les systèmes de défense antimissile balistique améliorent leur performance de traitement simultané de plusieurs missiles. A l’horizon 2030-2040, les États-Unis, la Chine et la Russie devraient disposer de systèmes complets. Parallèlement, la contestation des armes nucléaires s’organise sur un plan diplomatique et au sein des sociétés civiles. Lors de l’assemblée générale des Nations-Unies de 2016, 123 États ont adopté une résolution autorisant l’entrée en négociation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires, signé en 2017. Sur l’échiquier international, les comportements de la Corée du Nord, de l’Iran, d’Israël, de l’Inde, de la Russie, de la Chine, des États-Unis, du Pakistan, ainsi que les choix faits par la France et le Royaume-Unis, montrent à quel point le nucléaire devrait continuer a conditionner les rapports de force internationaux. Pour les Européens, les arsenaux nucléaires marquent une époque historique, celle de la guerre froide. Ce n’est pas le cas sur d’autres continents et en particulier en Asie où le risque d’emploi de l’arme nucléaire reste le plus élevé en raison des tensions entre l’Inde et le Pakistan qui, cherche à l’instar de la Chine et de l’Inde, à se doter d’une force océanique et des ambitions de la Corée du Nord. Il est évident qu’au-delà des États dotés, la possession de l’arme nucléaire demeure un objectif poursuivi par plusieurs États.

LE PROJET EUROPÉEN : ENTRE DÉFIS ET RÉSURGENCE
 
L’Europe est ancienne et future à la fois. Après soixante ans d’aventure communautaire, l’Europe se trouve confronté à un double défi : celui de son existence même et celui de son adaptation sur l’échiquier international. Les Européens ont voulu voir le monde à leur image; ils sont en train de redécouvrir sa terreur, à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières. Des États qui n’ont cessé de se faire la guerre des siècles durant, qui ont plongé deux fois la planète dans des conflits mondiale, ont réussi à construire un ensemble économique de taille devenu par la suite une union performante. Des peuples qui se considéreraient comme des ennemis héréditaires se sont lancés ensemble dans un processus de construction. Depuis l’aube des civilisation, le projet européen est l’un de phénomène majeurs du XX siècle. Néanmoins, les enseignements à tirer de l’histoire européenne sont innombrables qu’ils en deviennent presque illisibles. Phénomène peu visible mais décisif, la diminution des dépenses militaires. L’appartenance à l’OTAN sonne pour bon nombre de ses membres comme un renoncement à l’effort de défense; ils s’en remettent à un principe de sécurité collective en limitant au maximum leur contribution. Une diminution de dépenses militaires sur plusieurs décennies ne peut jamais être inversée en cas de crise aiguë. En d’autres termes, les pays de l’UE n’ont probablement jamais été aussi vulnérables. La violence des chocs endogènes et exogènes subis par la  construction européenne depuis plus de dix ans soulève la question de sa résilience et de sa plasticité, ainsi que celle de son format à l’horizon 2040. Par rapport aux grandes tendances de la mondialisation, les pays européens n’ont guère d’autre choix que de penser à l’échelle de l’UE s’ils veulent continuer à maîtriser leurs destins. Aux forces extérieures s’ajoutent des tensions séparatistes en son sein, Écosse, Lombardie, Vénétie, Flandre, Pays basque, Corse, et Catalogne, qui fragilisent a long terme les États et l’ensemble de l’UE. Pour le Président Français Emmanuelle Macron, qui espère toujours de tenir le flambeau d’une Europe forte sur la scène internationale, il peut jouer sur la puissance économique et technologique. Ses atouts mais aussi son organisation et son identité sont directement menacés par la combinaison de plusieurs forces. L’accentuation de l’interdépendance économique s’accompagne d’un retour de la violence politique et d’une évolution des équilibres stratégiques globaux en sa défaveur. L’UE se retrouve actuellement enserrée par un double système de contraintes. Dans le champ économique, dominé par la Chine et les États-Unis, et sur le plan géopolitique dont-elle subit directement les influences américaines et russe sur son flanc oriental. Il doit aussi revoir l’influence de la Chine en Europe qui  instrumentalise la stratégie d’éclatement au sein même des pays de l’UE. Un autre défi  porte sur la formulation d’une grande stratégie Française à destination de plusieurs régions du monde. Cette reformulation impose que la France se pose des questions délicates et y répondre. Va-t-elle rester au Sahel, garder une influence en Afrique face à la Chine et la Russie? Souhaite elle faire partie d’une alliance occidentale dans l’ Asie Pacifique et surtout au sein de la mer de Chine méridionale  au risque d’être entraîné dans des conflits sur Taïwan, le Philippine, le Japon, l’Australie, la Malaisie, l’Indonésie, le Vietnam, le Nouvelle Zélande, et le Brunei? L’Asie Pacifique est devenue une poudrière ou les enjeux territoriales et de puissance s’affrontent avec une force stratégique maritime chinoise qui impose une idéologie communiste totalitaire et impérialiste s’appuyant sur un nouveau ordre mondial chinois. Sachant, que lorsqu’une puissance comme la Chine s’enfonce sur la doctrine idéologique, elle devient non seulement tyrannique mais surtout dangereuse. La question est donc de savoir comment appréhender ce lien transatlantique qui apparaît plus volatile que par le passé. Dans la première année de l’administration Biden, on a cru déceler, aussi bien avec le lancement de l’AUKUS ( Australie, Royaume-Unis, États-Unis ) dans le Pacifique, que par la tonalité commune des mêmes acteurs dans la crise Ukrainienne, la reconstitution d’un clan anglo-saxon à l’instar de l’alliance des « five Eyes », qui laisse peu de place à une voix Française. Par ailleurs, l’OTAN, qui reste l’assurance-vie de l’Europe occidentale, est dépendante du locataire de la Maison Blanche, lequel dépend lui-même de quelques poignées de voix dans certains milieux américains. Dans ces dernières années, l’inquiétude des alliés de Washington a été aiguisée par les réticences Trumpiennes à souscrire publiquement au principe de l’article 5 de l’OTAN, qualifiant l’UE d’ennemie, ou par sa mansuétude à l’égard de ses homologues autoritaristes. L’objectif d’une Europe puissante est encore lointain. Quelques initiatives, comme la boussole stratégique ou l’initiative européenne d’intervention « IEI » constituent des avancées, mais, face à l’urgence ukrainienne, sahélienne ou indopacifique, elles restent encore impuissante. Le monde semble sortir d’une nouvelle époque, sans savoir encore ce que serait le prochain système international. Les relations internationales entrent ainsi dans une nouvelle étape, dont nul ne saurait dire où elle va. Sans se clarifier encore définitivement, la nouvelle ère géopolitique , géostratégique et géoéconomique  dessinant le paysage d’une compétition sans merci, où l’instrument militaire et économique devient le nerf de la guerre. L’Amérique devient leader malgré ses divergences, la Chine espère devenir une puissance mondiale en 2049, la Russie maintien ses menaces de ses armes nucléaires, d’autres puissances arrivent et l’Europe regarde et s’interroge sur son déclin.  

GEOSTRATEGIE/ LES MISSILES HYPERSONIQUES : LE FORT ET LE FAIBLE

En 2019, lors du défilé marquant le 70e anniversaire de la République de Chine, des véhicules militaires transportant pour la première fois des missiles hypersoniques DF-17. Muni d'un transporteur furtif et capable de frapper une cible à 7000 km/heure, ce missile serait prioritairement conçu pour pénétrer la coque renforcée des navires de guerre tels que les porte-avions. Du coté Russe, le missile Zircon peut atteindre la vitesse de mach-8 ciblant ainsi une cible à plus de 500 km de distance. La missilerie hypersonique est souvent présentée comme un gamme changer causant une rupture dans les équilibres militaires.  
Un missile est qualifié d'hypersonique lorsqu'il remplit deux conditions. La première est sa vitesse, supérieure à Mach 5 plus de 600 km/h. La deuxième est sa manœuvrabilité, le missile ou sa charge ayant une trajectoire plus ou moins imprévisible dans sa progression vers l'objectif. Cette caractéristique distingue un engin hypersonique de missiles à longue portée plus classiques, qui peuvent certes atteindre et dépasser les Mach 5, mais dont la trajectoire est balistique ou quasi balistique. Cette manœuvrabilité rend plus complexe une tentative d'interception. Il existe deux grandes catégories de systèmes hypersoniques : le planeur ( HGV - Hypersonic glide vehicle), propulsé par un booster qui lui confère son énergie. Une fois largué à haute altitude, il surfe sur les hautes couches de l'atmosphère, réduisant la prédictibilité de sa trajectoire. L'autre missile de croisière ( HCM-Hypersonic cruise missile), également propulsé par un booster, qui lui confère une vitesse permettant ensuite de lancer un statoréacteur classique ou supersonique assurant ensuite une propulsion continue. S'il évolue également à relative haute altitude, le missile de croisière est aérobie. Les systèmes hypersoniques qu'ils s'agissent des planeurs ou  des missiles de croisière ne sont que les produits d'un continuité. Les missiles balistiques et de croisière n'ont rien de nouveau sur l'échiquier des puissances, néanmoins il faut observer que les systèmes destinés à les intercepter ont connu des avancées technologiques inquiétantes dans le monde. C'est dans ce cadre qu'un missile hypersonique est dangereux : ce qui le distingue des engins classiques est une trajectoire imprévisible pour les systèmes de défense. En ce sens, le terme hypersonique est partiellement trompeur, s'il fait intrinsèquement référence au facteur vitesse. 

QUELS ENJEUX POUR LES ARMEES ?

Les premiers systèmes qui apparaissent sont liés à la dissuasion nucléaire. La Russie et la Chine travaillent ainsi rapidement sur des planeurs afin de contrer le système antimissile américain mis en place depuis les années 2000. Pour le Moscou et Pékin, les systèmes hypersoniques sont une manière de réassurer la dissuasion, qui atteignent effectivement leur cible. Au demeurant, plusieurs pays s'engagent dans cette voie. Pour la France, le futur missile ( ASN4G), qui va remplacer les missiles ( ASMP-A) de l'armée de l'air et de l'espace, doit accroitre la probabilité d'une frappe. Une seconde fonction des systèmes hypersoniques est la frappe conventionnelle sur des cibles à haute valeur ajoutée. De ce point de vue, ces systèmes ouvrent des nouvelles horizons opératives et tactiques. Dans les programmes américains ou japonais, il s'agit de pouvoir brusquer le tempo opérationnel, en traitant une cible dés sa détection, en prenant appui sur la portée et la vitesse des systèmes hypersoniques. Une troisième fonction reste le grand combat antinavire. La Russie a été la première à s'engager sur cette technologie avec le missile  (3M22 Zircon), un missile de croisière hypersonique ( HCM) d'une portée estimée de 800 à 1000km et qui pourrait atteindre Mach 7 ou 8. Tiré depuis des bâtiments de surface ou des sous-marins, ses fonctions sont en réalité plus diversifiées. D'une part, ses essais ont démontré qu'il pouvait être utilisé contre des cibles statiques au sol et doté d'une charge nucléaire ou conventionnelle d'autre part. La Chine, le Corée du Nord, La Corée du Sud, le Grande-Bretagne, l'Australie, le Japon, la France et les Etats-Unis développent également des systèmes de frappe antinavires de haute technologie. 


UNE TECHNOLOGIE MIRACLE ET DE RUPTURE

Technologie militaire de rupture pour les pays faibles, ces systèmes apportent clairement des avantages en termes d'assurances de la frappe, mais ce ne sont pas quelques planeurs hypersoniques qui changeront profondément la donne pour les Etats disposant déjà de plusieurs centaines de tètes nucléaires. Concernant les frappes conventionnelles, contre des cibles terrestres ou navales, la réponse reste encore plus nuancée. L'efficacité des missiles hypersoniques va certes dépendre de leur degré de maturation technique, mais surtout de facteurs autrement plus complexes, tant techniquement que militairement. Cibler un navire de guerre à 1000 km impose de disposer d'un réseau de capteurs autre que celui du navire ou du sous-marin Lanceur, ainsi que de systèmes de traitement de l'information adaptés. Cependant, cela implique des systèmes complexes et couteux, avions de patrouille ou satellites radar de reconnaissance océanique, liaisons satellitaires sécurisées et postes de commandement interarmées fonctionnels. Dans le cas américain, les différents systèmes en cours de développement vont être utilisés dans une vision dite multi domaine. Un scénario d'utilisation pourrait voir le pilote d'un appareil de combat ou de drone commander le lancement d'un missile depuis une batterie au sol, un autre avion ou un bâtiment de la marine de manière à ce que la frappe se produise quelques minutes plus tard. Maitriser cette technologie impose certes de disposer de missiles, mais surtout de liaisons de données, d'un système de commandement doté d'une intelligence artificielle qui décidera que c'est tel missile de telle batterie qui sera lancé ou encore de personnel formé à une "doctrine n'existant pas encore". 

LE ROLE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS L'ART DE LA GUERRE 

Le retour des conflits de haute intensité aux portes de l'Europe bouleverse les équilibres stratégiques, les tactiques et surtout les doctrines. Le champ de bataille se transforme en un espace multidimensionnel complexe, intégrant des systèmes de systèmes, de la robotique aéroterrestre et, de plus en plus de l'intelligence artificielle au sein des centres de commandement et de contrôle et des systèmes d'armes. L'opération spécial russe imaginée initialement par Poutine comme une opération éclair s'est transformée en une guerre longue, de haute intensité sur les lignes de front, opposant des forces militaires bien entrainées et dotées de matériels de haut niveau technologique. Les puissances militaires mondiales considèrent l'IA comme un moyen de révolutionner la guerre et de prendre l'avantage sur leurs rivaux. Une guerre s'appuyant sur l'IA ne dépendra pas d'une unique typologie d'armes, de technologies ou de concepts opérationnels mais s'organisera autour d'un vaste ensemble de composantes intégrées, coopérant en mode haute fréquence au service du commandement militaire. La supériorité opérationnelle d'une armée sera alors déterminée par la qualité des données qu'elle détient, par les algorithmes qu'elle développe, par les réseaux pilotés par l'IA qu'elle connecte, par les systèmes d'armes activés par l'IA qu'elle déploie et par les concepts d'exploitation proposés par l'IA qu'elle adopte afin de créer de nouveaux modes de guerre. L'IA s'apprête à transformer l'art de la guerre dans toutes ses dimensions : de l'espace sous-marin à l'espace extra-atmosphérique, du cyberespace à l'ensemble du spectre électromagnétique. D'ici 3035, l'IA interviendra dans la prise de décision stratégique, dans la conception et la planification opérationnelle, dans les manœuvres tactiques sur le terrain et dans le soutien administratif et logistique. L'IA rendra le processus de recherche et de neutralisation de cibles militaires plus rapide et plus performant. Elle augmentera la précision de l'identification de la cible et minimisera les dommages collatéraux. Durant l'opération militaire, de nombreuses composantes d'IA orienteront les actions des opérateurs humains. Les premières fonctions justifiants les utilisations militaires de l'IA sont les suivantes : L'analyse en temps réel et l'automatisation de la réponse; 
l'exécution de taches automatisées simples à grande échelle;
le contrôle des systèmes robotiques semi-autonomes et autonomes; 
la reconnaissance de modèles pour prédire des tendances futures ou détecter des anomalies;
La classification et la reconnaissance d'objets et de signaux dans de grands ensembles de données;
L'optimisation des systèmes pour atteindre un objectif;
L'amélioration de la qualité de la prise de décision. Enfin, dans une guerre s'appuyant sur l'IA, la supériorité opérationnelle d'une armée sera déterminée par la quantité et la qualité des données qu'elle détient, par les algorithmes qu'elle développe, par les réseaux pilotés par l'IA qu'elle connecte, par les systèmes d'armes activés par l'IA qu'elle déploie et par les concepts d'exploitation proposés par l'IA qu'elle adopte pour créer de nouveaux modes de guerre. La course mondiale à l'IArmement a débuté avec la robotisation globale du champ de bataille. Les trois premières puissances militaires mondiales, Etats-Unis, Chine, Russie sont désormais confrontées à la montée en puissance technologique d'acteurs du second cercle dont l'Inde, le Pakistan, l'Iran, la Turquie, les Corées, Israël, l'Australie, et le Canada. Dans cette dimension hors de contrôle, les rapports de force et équilibres ne sont jamais figés. Pour se maintenir dans cette nouvelle course le faible sera asservit et le fort prend le rôle du maître. 



 







 
               



   

  




 























 



 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire