GÉOPOLITIQUE DU RENSEIGNEMENT/
CYBER-ESPIONNAGE MONDIAL ET LE GUERRE DE L’OMBRE DES SERVICES SECRETS
Le "US
Cyber Command" a été créé en 2010, mais jusqu’à présent, sa mission était
uniquement défensive. En réalité, depuis des années, les services secrets américains
mènent des attaques informatiques contre des pays considérés comme ennemis.
L’exemple le plus connu à ce jour est le virus Stuxnet, qui a été implanté dans
les ordinateurs d’une usine d’enrichissement d’uranium en Iran, et a perturbé
le fonctionnement des centrifuges, au
point de provoquer des explosions. Cette opération, a été créée par les
services de la CIA et du Mossad Israélien.
Ainsi,
après la terre, la mer, l’air et l’espace, le cyberespace devient pour les
Etats-Unis un cinquième théâtre d’opérations, ou tous les coups sont permis,
notamment l’exploitation de failles de sécurité dans les logiciels, la création
de virus, et l’utilisation de méthodes de pénétration jusque-là réservées aux
pirates. Désormais, cyberguerre n’est plus seulement un espace de
science-fiction. Aux milieux des années 2000, les attaques informatiques avaient
deux fonctions primordiales : Le blocage de serveurs, afin de perturber les
communications de l’adversaire, et l’espionnage, consistant à pénétrer
subrepticement dans un ordinateur pour voler ou modifier des informations. Or,
depuis quelques décennies, les Hackeurs sont passés à un troisième stade :
ils peuvent mener des opérations militaires, ayant des conséquences directes
dans le monde physique. Ainsi, grâce à des virus fabriqués sur mesure, il est
possible de dérégler les systèmes informatiques contrôlant des usines, des
centrales électriques, des laboratoires ou des réseaux de transports, et de
provoquer des accidents catastrophiques. Sur le plan politique et diplomatique,
ce type d’opération est moins compliqué à gérer qu’un bombardement aérien ou un
raid de commando. Cela dit, ce genre d’incident ne provoque pas de réactions
officielle ou populaire comparable à une intervention armée, d’où la guerre de
l’ombre des services secrets sont indispensables. Dans cette guerre devenant
globalisée, les virus informatiques ont aussi leurs défauts. Ils peuvent se
répandre sur internet hors de tout contrôle, et provoquer des dommages
collatéraux dans le monde entier, y compris chez l’auteur de l’attaque. Ainsi,
l’une des versions de « Stuxnet » a échappé à l’équipe qui l’avait
conçue, et infecté de nombreux systèmes informatiques sur plusieurs continents.
D’autre part, si le virus est capturé par le pays victime, ou par une
organisation indépendante, il peut être facilement analysé, reproduit, et
retourné contre de nouvelles cibles, y compris ceux qui l’ont fabriqué. En
somme, dans le domaine des cyber armes, « l’effet boomerang » joue à
plein. Le développement en secret des
américains dans leur cyber- arsenal, désireux de conserver leur avance
stratégique, ont mené pendant des années une vaste campagne diplomatique visant
à dissuader les autres Etats, y compris leurs alliés Européens, de se doter de
capacités de cyber- offensive. Parallèlement, Washington accuse régulièrement
certains Etats de créer en secret des cyber armées, notamment l’Iran, la
Russie, la Corée du Nord, la France, l’Allemagne, le Royaume-Unis et la Chine. Si l’on en croit le gouvernement
américain, l’armée Chinoise s’est lancée dans le cyber- espionnage à grande
échelle, afin d’avoir accès aux secrets scientifiques et industriels des
entreprises et des administrations Occidentales et surtout connaître les
sources des journalistes américains travaillant en Chine. Pour la CIA, ses
offensives seraient menées par l’unité (N 61398) de l’armée Chinoise, installée
dans un immeuble de douze étages de la banlieue de Shanghai. De son coté,
l’Iran laisse entendre, par le biais de ses médias officiels, qu’il dispose
d’une « cyber armée » très efficace, forte de plusieurs milliers
d’hommes, en partie des Hackeurs indépendants animés par un sentiment
patriotique. Selon les sociétés de sécurité informatique Occidentales, les
Hackeurs Iraniens seraient responsables d’une attaque menée en 2012 contre des
compagnies pétrolières des monarchies du Golfe persique. Ils auraient notamment
réussi à effacer le contenu de milliers d’ordinateurs de la compagnie
Saoudienne « Aramco ». En Europe, les sociétés de sécurité
informatique affirment que le Royaume-Unis et l’Allemagne se sont déjà dotés
d’unités de cyberattaques, tandis que les autres pays dont la France, tentent à
présent de rattraper leur retard. La Russie, qui possède un très grand nombre
de Hackeurs, a proposé aux Etats-Unis de signer un traité international
bannissant les cyber- armes, en prenant comme modèle la Convention sur
l’interdiction des armes biologiques. Ces derniers n’ayant pas donné suite,
l’armée Russe serait à présent en train de créer son propre cyber-
commandement, en s’inspirant de l’exemple américain. Quant a la défense
américaine, ils continuent à renforcer leur dispositif. Il est question de
détacher le US Cyber- com de la NSA, et de le hisser au rang de commandement
militaire à part entière, à égalité avec ceux des armes conventionnelles et
nucléaires. Par ailleurs, ses effectifs, encore portée à 45000 hommes.
Sur le plan mondial, la course aux cyber armements est enclenchée, sur
tous les continents. Si cette militarisation du cyberespace se confirme, elle
aura des répercussions sur l’ensemble de l’internet. Le réseau mondial
deviendra un lieu à la fois plus dangereux et surtout plus surveillé, a
l’exemple du cas Chinois.
HACKEURS ET SERVICES SECRETS
Pour se livrer à l’espionnage ou au sabotage sur internet à l’aide d’un logiciel malveillant, il faut auparavant découvrir une vulnérabilité, c’est-à- dire une faille de sécurité préexistante dans le système visé. Or, dans ce domaine, les américains ne sont pas encore autosuffisants. Ils ont besoin de l’aide de la communauté mondiale des Hackeurs indépendants. Depuis quelques années, un marché est apparu sur internet. Quand un Hackeurs ou un chercheur freelance trouve une faille inédite dans un logiciel ou sur un site, il peut le vendre à l’éditeur, qui mettra rapidement en place une parade. En revanche, les armées, les polices et les agences de renseignement des grands pays, souvent dotées de budgets importants, sont prêtes à payer plus cher, à condition que les transactions restent secrètes. Certains chercheurs, ou professionnels, ont donc décidé de vendre leurs trouvailles exclusivement aux Etats. Actuellement, les grands fabricants d’armes américains comme (Raytheon ou Northrop Grumman) possèdent des départements spécialisés dans la sécurité offensive, un euphémisme pour désigner la découverte de vulnérabilités, et la conception de logiciels permettant de les exploiter. Néanmoins, il existe également des sociétés indépendante « de sécurité offensive » : une demi-douzaine aux Etats-Unis, quelques unes en Asie, et au moins une en France, « Vupen », installée à Montpellier. Officiellement, entre Etats, les sociétés Occidentales refusent de traiter avec les gouvernements dictatoriaux qui utilisent internet pour espionner leurs propres citoyens, et vendent leurs produits uniquement aux pays de l’OTAN et à leurs partenaires, ce qui leur laisse une importante marge de manœuvre. Parallèlement, des courtiers américains et asiatiques achètent des vulnérabilités à des Hackeurs freelance, et les revendre avec profit au plus offrant. Ce commerce clandestin a de nombreux effets indésirables. Quand un Etat achète une vulnérabilité, son but n’est pas de mettre au point une parade pour mieux garantir la sécurité de ses citoyens, mais au contraire de l’exploiter en secret, aussi long terme que possible.
En ce sens, les agences de renseignements et les armées, y compris dans les pays démocratiques, ont intérêts à ce que les logiciels et les sites les plus utilisés soient mal sécurisés, et que les failles ne soient pas corrigées trop vite. Dans cette guerre de l’ombre, les sociétés de sécurité informatique Occidentales en arrivent à pourchasser et à neutraliser des logiciels malveillant créés ou financés par leurs propres gouvernements, tout en continuant par ailleurs à travailler pour eux (sécurité stratégique oblige ?
(1)- 50 milliards de dollars : est le montant du marché mondial de la sécurité informatique. Le secteur, en pleine expansion, est dominé par les groupes américains de défense ou de logiciels (23 milliards contre 8 pour l’ensemble France, Allemagne et Royaume-Unis, et la demande croît de 30% à 40% par an. Le marché français est dominé par (Thales : 350 millions d’euros de chiffre d’affaire et (Bull : 200 millions.
(2)-
Comme les américains ne sont pas les seuls acteurs au monde, ont trouve sur la
scène internationale d’autres pays comme : le Canada, la Belgique, Israël,
Japon, Taiwan, Inde, Emirats-arabes-unis, Suisse, France, Singapour, Afrique du
Sud, Royaume-Unis, Norvège, le
Luxembourg et l’Espagne.
"L'impérialisme est la doctrine qui considère que leur puissance autorise certains Etats à étendre leur influence, voire leur domination, en dehors de leurs frontières." Le colonialisme européen qui a débuté au XVI siècle et a connu son apogée à la vielle de la Première Guerre mondiale. Le monde était alors divisé en vastes empires dont le plus plastronneur était l'Empire britannique. L'impérialisme, alors à la fois moteur et expression de la puissance européenne, devient le prisme à partir duquel la diplomatie, le commerce, la guerre mais aussi la société sont pensés. l'impérialisme suscite résistantes ( sous le forme de guerres ou de guérillas ), rejet par les populations, une fois dominées et critiques souvent au sein même des pays impérialistes. Ses plus violents dénonciateurs ont été les marxistes, en particulier Lénine. Le père de la révolution de 1917 estimait que l'impérialisme découlait de la nécessité pour le capitalisme de s'exporter dans de nouveaux pays où il pourrait restaurer ses profits, en baisse dans les vieux pays industriels. Paradoxe encore, depuis la fin des empires européens qui a suivi La Seconde Guerre mondiale et l'écroulement de l'URSS, l'impérialisme demeure, bien que renouvelé. Les Etats-Unis ont succédé à l'Europe comme puissance impériale; jouant du hard mais surtout du soft power. Washington place ses pions à son avantage sur l'échiquier mondial, notamment en Afrique et en Asie qui sont les zones clés de demain. Dans un autre registre, on voit subsister des zones d'influences qui sont autant de formes rémanentes d'empires passés. En témoigne la France Afrique que ses critiques taxent de néocolonialisme. Enfin, preuve que l'impérialisme n'est pas mort, la Chine, anciennement dominée, se lance elle aussi, dans une nouvelle " course au clocher en Afrique".
ISLASTIONNISME/ UNE DOCTRINE AMÉRICAINE ENCORE VIVACE
L'isolationnisme est une doctrine politique, essentiellement américaine, qui proclame la nécessité pour les Etats-Unis de contingenter leurs relations avec le monde. Texte fondateur de l'isolationnisme, le message d'adieu de G. Washington ( 1796 ) appelle les Américains à ne pas signer aucun accord politique ni militaire permanent. Le conseil concerne surtout l'Europe par caponnerie de se voir entrainés dans ses querelles et, par consécution, dans des guerres que le peuple américain n'aurait pas décidées. Cette doctrine est réaffirmée en 1823 par le président Monroe. L'isolationnisme américain, le sentiment que les Etats-Unis construisent un pays radicalement différent de l'Europe et, pour tout dire," archimandrite". historiquement, l'isolationnisme atteint son apogée aprés la Première Guerre mondiale, quand les américains refusent de ratifier le "traité de Versailles" et de participer à la SDN. Il souffre cependant de nombreuses limites et se double d'un impérialisme dirigé d'abord vers l'Amérique Latine qui donne lieu à une formulation théorique avec le corollaire Roosevelt de la doctrine Monroe en 1904. La motion Vandenberg ( 1948 ), qui autorise la création de l'OTAN, marque un tournant, puisque les américains participent à la première alliance durable de leur histoire. L'isolationnisme n'a pourtant pas tout à fait disparu. Ainsi, le maccarthysme à l'entrée en guerre froide. Quand au conflit vietnamien ou la récente guerre d'Irak, ils ont rapidement suscité dans l'opinion publique des réactions isolationniste. Conséquences, ils ont étaient contraint de se replier sur soi ?
DROIT D'INGERENCE
Invoqué depuis les débuts de la colonisation, ( la mission civilisatrice), conçue alors comme un devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures, a servi de justification, de subterfuge et de moteur à l'ingérence européenne dans les affaires du monde. Plus récemment, l'idée d'ingérence est apparue en Occident sous la plume non plus d'hommes politiques, mais d'acteurs de la société civile. Différents dans les principes de sa version colonialiste, la nouvelle doctrine procède de l'idée d'une communauté mondiale unis par des valeurs universelles ( Droits de l'Homme ), supérieures au droit national. Les tenants du " droit d'ingérence "réclament une intervention quand ces valeurs semblent bafouées dans un pays. Le principe du devoir d'ingérence pose, par sa nature même, une série de problèmes. Il est difficilement compatible avec le principe de non-ingérence soutenu officiellement par l'ONU. En outre, il est parfois taxé de néocolonialisme ( intervention en Irak en 2003 ). Enfin, il est versatile et soumis à l'empire des médias occidentaux ( une indignation chassant l'autre, comme en 2008 le Tibet occulte le Darfour ).
SOUVERAINETE ET INGERENCE
La vision globale sur cette analyse, souveraineté et ingérence sont deux principes antagonistes. Ils sont tous deux évoqués comme des principes protecteurs, des Etats plus faibles contre les appétits des grandes puissances pour le premier, des peuples contre les tyrans pour le second. Le débat n'est pas dépourvu d'arrière-pensées stratégiques. En somme, le débat sur l'ingérence qualifiée également d'ingérence humanitaire, de droit d'ingérence ou de devoir d'ingérence, est une question majeure de la vie internationale. L'ingérence suscite des réactions à la fois passionnées et contradictoires, au Nord comme au Sud, dans les opinions et les gouvernements. La montée en puissance de ce thème est un effet secondaire de la mondialisation. Elle est le produit conjugué du rôle croissant des ONG sur la scène internationale, de l'importance grandissante du poids des médias et de l'opinion public sur la conduite des politiques extérieures et de l'effacement des situations et des possibilités accrues d'intervention. L'ingérence enfin est évidement, et par construction, consubstantielle au phénomène d'effacement des frontières. L'émergence des puissances du Sud va modifier les termes du débat sur l'ingérence. La Charte de l'ONU en réaction aux violations de souveraineté commise par les puissances de l'Axe ayant conduit à la Seconde Guerre mondiale avait condamné l'ingérence en lui opposant le principe de souveraineté. Le paragraphe 1 de l'article 7 de la Charte des Nations unies énonce que ( l'organisation est fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous ses membres.) Le paragraphe 4 du même article dispose que " les membre de l'organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. Ces dispositions viennent en fait compléter le paragraphe 3 selon lequel les membres de l'organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques. L'article 2, paragraphe 7, interdit quant à lui à l'ONU de se mêler des affaires intérieures des Etats, stipulant qu'"aucune disposition de la présente charte n'autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence national d'un Etat. L'ingérence vient donc prendre le contre-pied de ces principes. En 1948, les partisans du concept d'ingérence en font remonter l'origine à l'adoption par l'Assemblée générale des N-U de la déclaration universelle des droits de l'homme. René Cassin, le juriste Français qui en était l'initiateur, avait écrit dés 1947 : " Il faut en tous cas que le droit de regard de l'humanité sur le rapport de l'Etat et de l'individu soit affirmé. "L'URSS, les démocraties populaires et les pays musulmans n'ont pas voté ce texte. Le représentant de Staline, est même sorti sur les marches du palais de Chaillot pour déclarer " Nous refusons ce texte qui est porteur d'ingérence dans les affaires intérieures des Nations. "Cassin rappelait qu'en 1913, la Société des nations avait entendu un Juif de Silésie. M.Bernheim, dénoncer les pratiques barbares des Nazis à l'égard de leurs propres compatriotes. Le président de séance avait alors donné la parole au représentants de l'Allemagne, qui n'était autre que Joseph Goebbels. Ce dernier avait répondu " "Monsieur, charbonnier est maître chez soi. Nous sommes un Etat souverain. Tout ce qu'a dit cet individu ne vous regarde pas. Nous faisons ce que nous voulons de nos socialistes, de nos pacifistes, de nos Juifs et nous n'avons pas à subir de contrôle ni de l'humanité, ni de la SDN." Partisans de la souveraineté et avocats de l'ingérence s'appuient donc tous deux sur la condamnation du nazisme pour justifier leur choix. La souveraineté pour protéger les Etats faibles des appétits d'agresseurs plus puissants, l'ingérence pour empêcher de graves violation des droits de l'homme. Politiquement, c'est la création du mouvement ( sans frontières ), né durant la guerre du "Biafra" ( 1967-1970), qui est à l'origine de l'ingérence humanitaire moderne. A la suite de la proclamation d'indépendance vis- a -vis du Nigeria de la région pétrolifère peuplée de chrétiens Ibos, une guerre civile éclate. L'ONU ne veut alors pas reconnaitre le droit de sécession dans les ex- colonies afin d'éviter les manœuvres de division des ex- puissances coloniales qui auraient peu, en provoquant une sécession, continuer à contrôler les territoires les plus riches ou les plus utiles de leurs ex colonies. Le blocus conduit le Biafra à la famine et les images retransmises à la télévision créent un choc psychologique hyperbolique. Cette farce a suscité l'irruption des ONG humanitaires sur la scène internationale. Elles reprochent aux Etats leur inaction du fait de la non ingérence et à la Croix-Rouge une neutralité qui ne leur parait ni équilibrée ni justifiée devant la vastité des massacres. Se crée alors l'ONG Médecins sans frontières, le terme de " sans frontières" étant à la fois une référence au champ international de l'action mais également, et surtout, au fait que l'association entendait s'affranchir des limites territoriales qui délimitaient l'activité internationale traditionnelle en protégeant la souveraineté. Le tout au nom d'une morale de l'extrême urgence : on ne laisse pas les gens claboter. Bien éloigné de l'esprit, et même de la lettre de la Charte de l'ONU, un droit d'ingérence a été proposé, à partir de 1988 ( résolution 43/131), comme le revers actif d'un ( devoir humanitaire ) qui s'exprimerait face à des violations massives des droits de l'homme ou des droits des minorités au sein d'un Etat. On en a oublié que bien des actions de sécurité collective demeuraient possibles, ne constituant pas des actes d'ingérence, mais seulement l'application de la Charte. En réalité, le désordre des discours sur l'ingérence a pour origine le fait que la population mondiale ne s'est pas approprié le double mécanisme qui fonde le droit international : maintien de la souveraineté des Etats limitée par l'interdiction du recours à la force et le respect des droits de l'homme, mais mise sur pied de la sécurité collective en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'actes d'agression. Cela nécessite des moyens qui ne peuvent être fournis que par les Etats, mais doivent ensuite s'affranchir de la tutelle de ceux-ci pour être contrôlés collectivement. C'est précisément ce passage qui échoue a devenir depuis que la Charte a été rédigée en 1945, le discours sur l'ingérence n'étant que le pendant de cet échec. Les pratiques de conditionnalité dans les relations économiques ( intégrales ) entre Etats sont fréquemment dénoncées comme des ( ingérences). Pa railleurs, la résolution 688 est exceptionnelle, tout comme étaient exceptionnelles les circonstances de son adoption. Cette résolution a effectivement été prise contre la volonté de l'Irak pour protéger les populations. Elle a d'ailleurs été menée au profit des Kurdes irakiens en laissant à leur sort les chiites qui, au sud de l'Irak, subissaient également la répression du régime de Saddam. Mais l'Irak, qui avait défié la communauté internationale, avait été vaincu par celle-ci. Il était diabolisé politiquement pour s'être lancé dans deux guerres contre l'Iran de 1980 à 1988 et encore le Koweït, envahi et annexé en 1990. Saddam Hussein qui avait pourtant longtemps bénéficié de la bienveillance des puissances occidentaux, passait pour l'archétype du dictateur, qui plus est pernicieux pour le monde extérieur. La vérité est que la résolution avait été adoptée sur fond de mauvaise conscience occidentale. N'était ce pas le président Bush qui avait appelé les Kurdes à la révolte ? Pouvait-on intervenir pour le Koweït et son pétrole et ne rein faire pour les Kurdes ? la résolution 688 est donc une exception et ne fonde pas un précédent. Mais au-delà du débat juridique, le débat sur l'ingérence reste avant tout politique lié a la puissance de la prééminence. Donald Trump est le meilleur exemple dans ces discisions internationales portés toujours sur le droit d'ingérence, ce qui va lui couter très chère à moyen ou à long terme. À l'évidence, droit, et même devoir, qu'a un pays d'intervenir dans les affaires intérieures d'un autre pour y préserver les Droits de l'homme, inflige un autre soft power colonialiste laissant que désolation et pillage des intérêts économique. C'est le nouveau statut de l'ingérence, et du nouvel ordre mondial.
À RETENIR
Comment fonctionne Le Conseil de sécurité de l'ONU
Recommander des procédures de règlement pacifique des différents
Autoriser l'usage de la force pour maintenir ou rétablir la paix ou la sécurité
Mettre en place une opération de maintien de la paix ( OMP )
Créer des régions de sanction.
Emmanuel Macron en août 2019, devant l'Association de la presse présidentielle, puis lors de la conférence des ambassadeurs, le rendez-vous annuel de la diplomatie française, expliquait que sa politique de rapprochement avec la Russie se heurtait aux oppositions ( des États profonds de part et d'autre ), à Paris comme Moscou. Entendre le président de la République reprendre ce concept cher aux leaders populistes, à commencer par Donald Trump, suscita une certaine surprise. Longtemps cantonné, notamment en France, aux milieux conspirationnistes, a fait son entrée dans le débat public Français. "La grande force de l'Etat profond, c'est l'inertie, pas le complot", ironisait à l'époque l'ancien ministre des affaires étrangères " Hubert Védrine". S'il a une part de réalité, ( le deep state ) est avant tout un fantasme, celui d'une administration parallèle où se côtoieraient financiers de haut vol, honorables correspondants des services de renseignement, hommes politiques et hauts fonctionnaires. Très utilisé aujourd'hui par les sites complotistes d'extrême droite, tel Breitbart News, le concept remonte au début des années 1960. " il existe à l'heure actuelle, deux gouvernements aux Etats-Unis L'un est visible, l'autre est invisible". Le premier et le gouvernement dont les journaux entretiennent les citoyens et dont les manuels de civisme parlent aux écoliers. Le second est un mécanisme caché et imbriqué, voire une galaxie informe d'individus et d'agences, écrivaient les universitaires ( David Wise et Thomas B. Ross, qui furent les premiers à analyser un tel pouvoir de l'ombre. Le mot lui-même est utilisé dix ans plus tard par l'administration Nixon pour dénoncer les fuites internes qui ont permis la publication des Pentagone Papers, documents accablants du ministère de la Défense sur l'engagement américain au Vietnam. "Richard Nixon était obsédé par le fait que 96% des hauts fonctionnaires de l'exécutif recrutés pendant les administrations démocrates précédentes étaient contre lui". Pendant les années Reagan, le concept est repris en revanche par la gauche, qui mène la bataille contre les pouvoirs occultes au sein de l'appareil par la CIA. L'Etat profond est aussi dénoncé dans nombre d'ouvrages plus ou moins sérieux comme le cœur de tous les complots, au premier rang desquels l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Au mitan des années 1980-1990, le mot franchit l'Atlantique pour définir les réseaux occultes mis sur pied pendant la guerre froide, tel Gladio en Italie avec la bénédiction de Washington et de l'OTAN, afin de résister à une éventuelle invasion russe. On y trouvait confusément, comme dans la loge maçonnique P2, des responsables des services secrets, des militaires, des affairistes véreux, des hommes politiques. En Turquie, l'expression, traduite par " derin devlet", fit florés pour qualifier les réseaux créés au sein de l'armée et de la haute administration pour combattre marxistes, islamistes et rebelles Kurdes. Elle a surgit dans le discours public en 1996, aprés la découverte dans une même voiture occidentale, prés de l'Anatolie des cadavres d'un préfet de police, d'un chef mafieux lié à l'extrême droite et d'un député d'un parti au pouvoir. On parle d'Etat profond aussi à propos de Donald Trump qui a remis en avant cette notion pour justifier les coupes claires promises de la haute administration mais aussi généralement au sein de la fonction publique. Par ailleurs, plusieurs Etats usent robustement à travers l'Etat profond afin d'assoir leurs régimes, dictatures, despotismes, et totalitarismes face à leurs propres peuples ou la masse. Parmi ces pays, ont trouve en premier lieu la Russie, la Corée du Nord, la Birmanie, la Chine, le Venezuela, le Philippine, l'Argentine, le Pakistan, l'Ouzbékistan, la Hongrie, l'Iran, le Mexique, la Colombie, le Nicaragua, le Mali, le Burkina-Faso, le Congo, la Mauritanie, la Tunisie, l'Inde, le Maroc, le Niger, le Nigéria, sans oublier les monarchies du Golfe qui tiennent les populations avec une main de fer et dont l'Etat profond reste occulte aux mains des monarques. Au sein d'un États profond, il est plutôt rare qu'un individu exerce un pouvoir absolu et incontrôlé dans un État. Sont également considères les groupes de personnes exerçant le pouvoir, par exemple, un parti ou un régime unique. L'essentiel est qu'il existe une base légitime et constitutionnelle pour un État profond, grâce à lequel le systeme peut voir le jour et agir de manière illimitée. Pas moins de 60 pays dans le monde sont actuellement considérés comme telles. Elle abrite 3,30 milliards de personnes, soit 39,3% de la population mondiale.
VERS LA FIN DU DOLLAR ET DE L'HEGEMONIE OCCIDENTALE
Déjà en 1944, les États-Unis possèdent plus de la moitié des réserves d’or du monde. Dans les décennies qui vont suivre, Washington maintiendra une continuité absolue dans sa diplomatie monétaire. Or les BRICS ne voit pas de bon œil cette arrogance américaine, et les sanctions lentement accumulées sur la Russie depuis son opposition à l’invasion illégale de l’Irak en 2023 accélérées depuis ses vetos contre l’invasion plus illégale contre la Syrie en 2010, puis contre son intervention en Ukraine en 2022, ont mené Moscou et Pékin à renforcer la dédollarisation du monde. Jamais depuis 1944, la prééminence du dollar n’a été aussi menacé, il se pourrait bien que 2050 marque le début de la mort du dollar comme monnaie de réserve mondiale, et que l’ordre de «Bretton Woods» serait classé dans les méandres de l'histoire. Actuellement le BRICS est devenue une entité géopolitique où le sommet des BRICS est plus important que le G7. Pour la géopolitique actuel mondial, les BRICS prennent une place primordiale et représente un pivot géopolitique d’où le 21 siècle sera déterminé par les BRICS que le G7. Avec 3 milliards d’habitants, les BRICS créeront leur propres Nations-Unies, leur FMI, leur OMS, leurs banques centrales et leurs Conseils de sécurité. La croissance économique est observée depuis déjà 20 dans les BRICS, ainsi la géopolitique dans toute sa complexité et dans son exactitude se jouent désormais au sommet des BRICS.
GEOSTRATEGIE: UN MONDE EN SURSIS ET DES PEUPLES EN OTAGES
LA CHINE / PUISSANCE MILITAIRE ET DIPLOMATIQUE
GEOSTRATEGIE/ LES MISSILES HYPERSONIQUES : LE FORT ET LE FAIBLE
QUELS ENJEUX POUR LES ARMEES ?
Les premiers systèmes qui apparaissent sont liés à la dissuasion nucléaire. La Russie et la Chine travaillent ainsi rapidement sur des planeurs afin de contrer le système antimissile américain mis en place depuis les années 2000. Pour le Moscou et Pékin, les systèmes hypersoniques sont une manière de réassurer la dissuasion, qui atteignent effectivement leur cible. Au demeurant, plusieurs pays s'engagent dans cette voie. Pour la France, le futur missile ( ASN4G), qui va remplacer les missiles ( ASMP-A) de l'armée de l'air et de l'espace, doit accroitre la probabilité d'une frappe. Une seconde fonction des systèmes hypersoniques est la frappe conventionnelle sur des cibles à haute valeur ajoutée. De ce point de vue, ces systèmes ouvrent des nouvelles horizons opératives et tactiques. Dans les programmes américains ou japonais, il s'agit de pouvoir brusquer le tempo opérationnel, en traitant une cible dés sa détection, en prenant appui sur la portée et la vitesse des systèmes hypersoniques. Une troisième fonction reste le grand combat antinavire. La Russie a été la première à s'engager sur cette technologie avec le missile (3M22 Zircon), un missile de croisière hypersonique ( HCM) d'une portée estimée de 800 à 1000km et qui pourrait atteindre Mach 7 ou 8. Tiré depuis des bâtiments de surface ou des sous-marins, ses fonctions sont en réalité plus diversifiées. D'une part, ses essais ont démontré qu'il pouvait être utilisé contre des cibles statiques au sol et doté d'une charge nucléaire ou conventionnelle d'autre part. La Chine, le Corée du Nord, La Corée du Sud, le Grande-Bretagne, l'Australie, le Japon, la France et les Etats-Unis développent également des systèmes de frappe antinavires de haute technologie.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire