dimanche 3 mai 2026

        GÉOSTRATÉGIE/ ARCTIQUE   

LE REFLET DES PUISSANCES DANS L'ARCTIQUE  


Pivot émergent de la reconfiguration stratégique mondiale, l'Arctique connait une transformation sans précédent, à la croisée de mutation climatiques, d'aspirations géoéconomiques et de recompositions géopolitiques profondes. 


L'Arctique devient l'un des points de convergence des tensions contemporaines. Réchauffement climatique accélérer, compétition pour l'accès aux ressources naturelles, recomposition des équilibres militaires, ouverture de nouvelles routes maritimes et fragilisation des cadres de gouvernance existants. Marqué par la fin de l'exception arctique et l'émergence de rapports de force inédits, la France ne peut rester en retrait. Puissance polaire par son engagement scientifique de long terme, puissance maritime par vocation, puissance stratégique par responsabilité internationale, elle est désormais directement concernée par les recompositions à l'œuvre dans le Grand Nord. Il lui revient donc de formuler une vision claire, cohérente, à la hauteur des défis à venir. Préserver ses intérêts stratégiques, contribuent à la stabilité régionale et affirmer sa présence dans l'Arctique devenu l'un des espaces où la stabilité stratégique mondiale pourrait être mise à l'épreuve. Longtemps perçue comme une périphérie glaciale, figée dans l'immobilisme de la banquise et à l'écart des dynamiques des puissances, la région s'impose actuellement comme un espace stratégique colossale. Le réchauffement climatique y manifeste ses effets avec une intensité nettement supérieur à la moyenne planétaire. L'élévation rapide des températures entraine une fonte accélérée de la banquise, bouleversant les équilibres écologiques, mais aussi les paramètres économiques; logistiques et sécuritaires de la région. La réduction de la couverture de glace, en particulier durant la période estivale, ouvre des perspectives inédites. L'accès saisonnier accru à la Route maritime du Nord " RMN", bien que demeurant contraint par des conditions climatiques extrêmes et une forte dépendance aux capacités d'escorte, modifie les équilibres logistiques mondiaux en rapprochant les bassins européen et asiatique. Parallèlement, la mise en valeur progressive de ressources naturelles stratégiques, hydrocarbures, minerais critiques, ressources halieutiques, renforce l'attractivité économique régionale. Ces remuants nourrissent une compétions croissante entre acteurs étatiques et privés, tout en exacerbant les tensions liées à la protection de l'environnement et aux droits des populations autochtones. Ce basculement s'accompagne d'un bouleversement de nature des enjeux sécuritaires. L'Arctique n'est plus uniquement un espace d'accès sibyllin, mais devient un théâtre où se croisent liberté de navigation, sécurisation des flux, maitrise des infrastructures critiques et affirmation de souveraineté. Il consiste désormais une zone charnière entre l'Atlantique nord, l'Europe et l'Asie, renforçant son importance dans les enjeux stratégiques globaux.  L'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN a profondément modifié la géographie stratégique de la région. Sept des huit États arctiques appartiennent à l'Alliance atlantique. Dans ce contexte, l'Arctique tend  plus clairement dans l'architecture de sécurité euro atlantique, tout en conservant ses spécificités opérationnelles. La Russie, pour sa part, a renforcé la militarisation de son flanc nord dans une logique de sanctuarisation stratégique. La péninsule de Kola demeure le cœur de sa dissuasion océanique, point d'appui majeur pour la projection de ses forces sous-marines vers l'Atlantique nord. Le déploiement des exercices militaires et la modernisation des infrastructures témoignent de la centralité accordée à l'Arctique, qualifié de zone d'intérêt vital dans la doctrine maritime de 2022. Dans le même temps, la Chine développe une stratégie arctique globale, bien qu'elle ne soit pas un État riverain. En se revendiquant comme "État proche arctique", Pékin cherche à légitimer une présence durable dans la région. Cette stratégie repose sur une approche duale dans la région. Elle repose sur les investissement économiques, diplomatie normative et intérêts sécuritaires à long terme. Elle contribue à complexifier l'environnement stratégique et à introduire de nouveaux rapports de force dans un espace historiquement dominé par les acteurs euro atlantiques. Dés lors, l'Arctique ne saurait plus être considéré comme un espace en marge du système international, mais bien comme une zone d'inflexion stratégique où se cristallisent rivalités de puissances, sécurisation des flux et maitrise des ressources critiques. Dans ce contexte, la France entend y défendre une vision équilibrée des enjeux scientifiques, environnementaux, économiques et sécuritaires, désormais étroitement imbriqués. 

ARCTIQUE EXPRESS / LE RACCOURCI PAR LE NORD

La Chine investie énormément à côté de la Russie pour créer des zones portuaires mais aussi pour exploiter les sous sol de l'Arctique riche en gaz et en pétrole. S'adressant récemment à des investisseurs réunis a sont symptôme le club " Valdaï" Poutine les a tous enjoint à investir de ce qu'ont appel le "projet de civilisation". Washington observe de près cette coopération Sino Russe dans la région considéré comme un axe de puissance et une route commerciale et militaire qui a échapper à tout contrôle occidentale. La rupture est déjà en cours, pendant que l'Occident regarde le détroit d'Ormuz et la mer Rouge, Moscou et Pékin accélèrent discrètement le développement d'une nouvelle artère commerciale au cœur de l'Arctique. Dernière cette stratégie, se cache un projet colossale estimé à prés de 300 milliards de dollars capable de transformer les routes du commerce mondial et de réduire drastiquement la dépendance à certains passages maritimes devenus instables. Depuis plusieurs mois les tensions militaires et les perturbations logistiques se multiplient sur les routes maritime traditionnelles. Les frappes américaines et israélienne contre l'Iran ont ravivé les tensions dans le Golfe, poussant l'Iran a annoncé un blogage complet du détroit d'Ormuz, un passage par lequel transite environ 20% du commerce énergétique mondiale. Cette décision a déclenché une onde de choc dans le système maritime international. Le détroit d'Ormuz reste l'un des points les plus critique pour l'approvisionnement en pétrole et en gaz pour plusieurs économies asiatiques. Face à ce climat d'incertitude, Pékin a commencé à réduire certains traversées énergétiques par cet étroit et hautement militarisé. Trois cargos chinois ont certes réussi à franchir la zone sans incident majeur. Mais la marge majeur, reste extrêmement vulnérable. Une mauvaise interprétation militaire, un tir accidentel ou une escalade régionale pourrait totalement bloquer la circulation. Dans un système énergétique déjà sous pression, un tel scénario deviendrait rapidement hors de contrôle. C'est précisément dans ce contexte qu'un projet longtemps considéré comme marginal, refait surface. A mesure que la glace Arctique se retire les mois d'été, une route maritime traversant l'océan Arctique, attire de nouveau l'attention stratégique des grandes puissances. Connu aujourd'hui comme la route maritime du Nord, elle est développée conjointement par la Russie et la Chine, dans le cadre d'une coopération logistique et énergétique de grande ampleur. Afin de comprendre comment ce projet attire désormais autant d'attention, il faut d'abord observer la structure actuelle du commerce maritime mondial. Depuis prés d'un siècle, trois grandes routes dominent l'économie planétaire. La première relie l'Asie à l'Europe, en passant par le détroit de Malaca puis par le Canal de Suez. La deuxième traverse le Pacifique entre l'Asie et la côte Ouest de l'Amérique du Nord. La troisième enfin, relie l'Europe à l'Amérique du Nord à travers l'Atlantique. Ces corridors constituant depuis des décennies l'ossature du transport maritime mondial. Néanmoins, leur efficacité historique ne signifie pas qu'ils soient exemples de faiblesse. Prenant la route Asie Europe, elle connectent deux pôles économiques de grandes importances, l'Asie industriels et le marché de consommation Européen. Sont volume commercial est immense, mais cette route traverse un grand nombre de pays et de point de passage stratégique, chaque maillon supplémentaire augmente mécaniquement les risques géopolitiques. le Canal de Suez et la route transpacifique peuvent paralysé les artères commerciale de la planète. La route transatlantique reste potentiellement efficace mais sont volume commerciale demeure inférieure aux deux premières; la raison est simple, les marchés Européens et Nord Américains présentent un potentiel de croissance plus limité que les flux reliant l'Asie et les autres régions du monde. Pour une puissance exportatrice comme la Chine, ces contraintes ne sont pas seulement techniques, elles deviennent stratégiques. Les routes maritimes actuelles reposent sur des points de passage très exposés aux tensions politiques ou militaires. Chaque détroit, chaque Canal, chaque port majeur, peut devenir un levier de pression. Dans ce contexte la redécouverte de la route Arctique, n'est pas un simple projet logistique. Elle s'inscrit dans une réflexion plus large. Comment sécurisé les flux commerciaux énergétiques dans un monde où les corridors traditionnels deviennent de plus en plus ébranlables ! Si cette route polaire devienne réellement navigable sur une partie de l'année, elle pourrait réduire d'environ 40% la distance entre l'Asie et l'Europe tout en évitant plusieurs points de passages stratégiques contrôlés par d'autres puissances. Selon ma propre analyse, et que la Chine et la Russie sont en train de construire une grande autoroute maritime du commerce mondial. Et si cette route venait réellement à se consolidé, quelle conséquence cela pourrait-il avoir pour l'équilibre géopolitique des océans ? La transformation de cette route Arctique, ne repose pas seulement sur une idée géographique, mais elle repose sur un système industrielle et énergétique gigantesque que Moscou et Pékin construisent depuis plusieurs années. Pour rendre cette voie opérationnelle, les deux pays ont déjà engagés des investissements dépassant largement les 100 milliards de dollars. Combinant infrastructures portuaires, énergie et flotte maritime spécialisée. Une part importante de ces fonds est consacré au développement d'une flotte brises glaces nucléaires Russe. Les plans prévoient la construction de plus d'une dizaines de navires capables d'ouvrir la navigation dans les glaces arctiques pendant une grande partie de l'année. Chaque unité représente un coût estimé à 2 milliards de dollars, jugé primordial pour transformer une route saisonnière en corridor commercial durable. Parallèlement, plusieurs ports stratégiques situés le long du littoral Arctique Russe, ont été modernisés ou construits presque à partir de rien. Parmi les plus important, figure " SABETTA et MORMANSK", deux installations devenus des pivots logistiques pour les convois maritime circulant dans cette région extrême. L'objectif est claire, créé un système complet permettant aux navire de partir d'Asie de passer par la mer du Japon, de longer la côte Arctique Russe et d'atteindre directement l'Europe. Ce scénario, n'est plus théorique. En 2025, une entreprise Chinoise à inaugurer une liaison commerciale reliant la Chine à l'Europe par cette route polaire. Le cargo Istanbul Bridge est parti du port de " Ningbo" avant de rejoindre le port Britannique de "Felix Tove".  Le voyage a duré environ 18 jours, soit prés de trois semaine de moins de la route classique, passant par le Canal de Suez. Les chiffres montrent que ces essais ne sont pas isolés. Durant la même année, des navires Chinois ont traversé cette route plus d'une dizaines de fois. Signe que l'Empire rouge testent progressivement la viabilité commerciale de ce corridor maritime. Chaque traversée supplémentaire, permet d'améliorer les données logistiques, la navigation dans la glace et la coordination avec les brises glaces Russes. Mais l'importance réelle  de cette route, ne se limite pas à la réduction des distances, elles tient surtout au fait, de contourner plusieurs points d'étranglements du commerce mondial. Sachant, que la route Arctique alternative stratégique dépend largement des brises glaces Russe. Autrement dit, utiliser ce corridor pourrait signifie de dépendre directement de la Russie. Et c'est précisément là, que la dimension géopolitique devient explosive. Depuis la guerre en Ukraine,  de nombreuses entreprises Occidentales évitent toute coopération maritime avec la Russie en raison des sanctions. La Chine en revanche, a choisi de maintenir et même d'approfondir sa coopération dans cette région stratégique. Cette dernière ne date pas d'ailleurs pas d'hier. Dés 2018, les entreprises Chinoises ont acquis prés d'un tiers des parts du gigantesques projet gazier " Yamal-Ling" situé dans la péninsule Arctique de Yamal. Pékin n'a pas investi seulement financièrement, plus de 90% des modules industrielles du projet ont été fabriqués par des sociétés Chinoises. Depuis lors le gaz naturel liquéfié produit à Yamal est régulièrement transporté vers la Chine via la route maritime du Nord, consolidant une chaîne énergétique stable entre les deux pays. Cette coopération montre que le partenariats Russo-Chinois dans l'Arctique ne relève pas seulement de déclaration politique, il s'agit déjà d'une infrastructure énergétique et commerciale fonctionnelle. Si cette dynamique se poursuit, cette route Arctique pourrait-elle à long terme devenir l'un des corridors centraux du commerce mondial redessinant l'équilibre maritime construit depuis un siècle? Et si cette transformation s'accélère, quelle puissance contrôleront les nouvelles routes du commerce au vingt et- unième siècle! A ce titre, la région arctique s'inscrit pour la France dans une continuité stratégique allant de l'Atlantique nord à l'Europe du Nord, renforçant son importance pour l'architecture de sécurité euro atlantique. Membre permanant du Conseil de sécurité, la France assume une responsabilité particulière dans les espaces contestés. Son appartenance à l'OTAN et à l'UE implique une solidarité stratégique renforcée avec les États arctiques alliés. En "cas de dégradation de la situation, cette solidarité pourrait se traduire par la mise en œuvre de mécanismes de défense collective, conformément à l'article 5 du traité de l'Atlantique nord et à l'article 42-7 du traité sur l'UE." L'adhésion récente de la Suède et de la Finlande à l'OTAN renforce encore cette dynamique, en intégrant pleinement le flanc nord dans la planification de défense collective. Concernant les intérêts de la France dans la région, de grands groupes comme Total Energies, Technip Energies, Thales Alenia Space, Airbus ou Naval Group, mais aussi des PME comme POMA, MND ou CLS, ou encore des compagnies maritimes telles que Ponant sont déjà présentes et active en Arctique. Figé ou périphérique, l'Arctique s'impose désormais comme un carrefour stratégique majeur, à l'intersection des dynamiques géopolitiques, économiques, climatiques et sécuritaires du XXI siècle. Zone de bascule et révélateur des tensions globales, régulateur climatique mondial et espace de compétition croissante entre les puissances, l'Arctique concentre des enjeux qui touchent directement la France. Préserver la liberté d'action et empêcher toute tentative de sanctuarisation constituent des impératifs stratégiques colossaux. 

LES ETATS-UNIS, L'EUROPE  ET L'ARCTIQUE

Donald Trump, avait choisi de faire le point d'orgue de sa nouvelle offensive visant la prise de contrôle de l'Arctique. Menaces d'usage de la force et de nouvelles sanctions tarifaires à l'égard des pays européens ayant eu l'outrecuidance d'envoyer une mission militaire d'observation à Nuuk, jamais la crise américano européenne n'avait attient une telle acmé. Après de virulentes diatribes contre l'Europe et le Canada, Trump déclare renoncer à recourir aux armes en contrepartie d'une ouverture immédiate de négociations sur la vente du Groenland. Faut-il pour autant y voir une victoire des Européens coalisés autour du Danemark, avec Emmanuel Macron en figue de proue ? Confronté à une situation intérieure dégradée, ralentissement économique, affaire Epstein, bavures policières, le président fait l'objet de critiques de moins en moins voilées au sein de son propre camp. Dans la nébuleuse MAGA, nombreux sont désormais ceux qui lui reprochent son trop grand investissement hors des frontières. Un majorité de son électorat n'approuve pas ses ambitions expansionnistes à l'égard du Groenland et du Canada. En l'occurrence, sa floculation et sa célérité le conduit à menacé les pays européens de lourdes sanctions tarifaires. En revanche, en Arctique il lui reste encore le recours à la force. Mais les experts de la question s'accordent à dire qu'il faudrait moins de 72 heures aux forces armées états-uniennes pour prendre le contrôle du Groenland, "sachant que le risque d'implosion de l'OTAN est trop grand dans le contexte géopolitique actuel." Son atonie accroitrait les velléités européenne d'autonomie stratégique, tout comme les ambitions militaires déjà affirmées de la Russie et de la Chine." Trop de dissensions transatlantiques pourraient conduire les Européens à se retrouver dans les bras de Pékin et la Russie  au détriment de Washingtons. Face à un président de la première puissance mondiale, Trump traine volontiers la réputation d'être un homme imprévisible, erratique, avide de succès immédiat et animé par la recherche de gains personnels, politiques ou financiers. Cette représentation conduit souvent ses contradicteurs à sous-estimer la persévérance dont il peut faire preuve, ainsi que la manière dont ses décisions ponctuelles s'inscrivant fréquemment dans une vision géopolitique globale. Pour Donald Trump, l'Arctique américain et, plus accessoirement, l'Europe du Nord sont aujourd'hui déterminants pour garantir la protection du homeland états-unien dans un contexte de tensions accrues avec les autres puissances nucléaires. La main mise sur l'Arctique, lui apparait primordial pour bâtir un système multicouche de défense du territoire américain face au développement "des missiles hypersoniques d'attaque conçus par la Russie, la Chine et la Corée du Nord; les trajectoires les plus directes vers les États-Unis passant presque toutes par le cercle polaire." À cet égard, la stratégie nationale de sécurité publiée en novembre 2025 est, très explicite (  la défense du continent américain et le contrôle des trois océans qui l'entourent sont désormais la priorité, devant la rivalité militaire avec la Chine dans l'espace indopacifique. Le lien avec l'Europe se délite très clairement, et les Européens sont perçus comme des concurrents à affaiblir ou à vassaliser. )  En somme, Trump redoute une éventuelle indépendance de l'Arctique, susceptible de remettre en cause le traité de 1951, d'entraver le développement de ses plans militaires et de rouvrir la porte à une présence chinoise associée à la Russie, une fois la guerre en Ukraine terminée.  À l'heure où la Russie ne cesse de se montrer agressive à leur égard, les Européens redoutent un désengagement américain et un abondant total de l'Ukraine par Washington. Paradoxalement, plus ce conflit perdure, plus Trump dispose de temps pour reconstruire ses lignes de défense en Arctique, et plus l'Europe semble prête à des concessions envers les États-Unis. Adepte de la doctrine Monroe, il voit dans la présence danoise au Groenland la survivance d'une histoire coloniale européenne en Amérique. Plus encore, et c'est là un point récurrent de sa rhétorique, il constate dans cette occurrence une véritable injustice faites aux États-Unis  par leurs alliés européens. La restitution après guerre du Groenland sous contrôle américain de 1941-1945, à un Danemark très coopératif avec l'occupant Nazi constitue à ses yeux une tragédie historique qu'il entend corriger. À cela s'ajoute les reproches de Washington à l'égard de la vulnérabilité du Danemark face aux tentations répétées de la Chine d'investir et de s'implanter économiquement en Arctique. 

   

 La remilitarisation engagée à partir du milieu des années 2000 par Poutine sur les côtes sibériennes, et plus encore les appétits croissants de la Chine, notamment depuis 2018 lorsque Pékin se qualifie de " nation quasi arctique", ont fini par convaincre les analystes et les dirigeants américains de l'enjeu proprement stratégique de l'océan glacial. 

MOHAMMED CHÉRIF BOUHOUYA 

Essayiste- écrivain 

 

   

 



 



dimanche 26 avril 2026

 GEOPOLITIQUE DE L'AMERIQUE LATINE / INÉGALITÉ, RIVALITÉ, DÉPENDANCE 

"Extrême occident" ce continent des malentendues est surtout marqué par "une unité de destin, plus subie que choisie." C'est sa dépendance aux fluctuations internationales, son attachement à des représentations venues d'ailleurs et sa difficulté à sortir durablement de la pauvreté qui en font l'unité. 



Qualifiée d'abstraction par le diplomate " Henry Kissinger", l'Amérique Latine est une expression polysémique et controversée. Utilisée par des auteurs chiliens et colombiens en 1856 pour affirmer la volonté d'un modèle de développement spécifique et démocratique face aux volontés de puissance des États-Unis, "America Latina" possède d'emblée un caractère anti-impérialiste. L'expression ne se généralise qu'à partir de la création en 1948 par l'ONU de la Commission économique pour l'Amérique Latine ( CEPAL, devenue Commission économique pour l'Amérique Latine et les Caraïbes en 1985 ) chargée de définir des stratégies de développement pour le continent américain envoie de développement : le sous-continent est ainsi considéré comme l'un des trois pôles du " tiers monde" par l'économiste Alfred Sauvy en 1954 avec l'Afrique et l'Asie. En définitive l'expression Amérique Latine renvoie à des histoires et des représentations variées, des mémoires parfois antagonistes sur un continent pluriel, loin d'être entièrement Latin. Néanmoins, les critères Linguistiques se doublent de critères géopolitiques, géoéconomiques et géoculturels. Désormais, l'expression "Amérique Latine" tend à recouvrir tout le continent américain à l'exclusion des seuls Canada et États-Unis, avec comme critère principal le fort gradient d'inégalité où les "non-Blancs" sont les moins bien dotés. Ainsi délimité, l'Amérique Latine regroupe 650 millions d'habitants répartis dans 35 pays, 20,5 millions de km et 4 fuseaux horaires. Sur les 20,5 millions de km de la Terre de Feu au Sud à la frontière mexicano-américaine au nord et 5000 km de la côte atlantique du Brésil à la côte pacifique du Pérou ; Sur le continent ou dans les îles des Caraïbes et du Pacifique, la diversité géologique, biologique et climatique est la première marque d'un ( continent) structuré par la cordillère des Andes à l'ouest, 7000 km de long, 200 à 800 km de large, culminant à près de 7000 m. Et par l'un des plus grands "poumons verts" de la planète, l'Amazonie.  

    UN CONTINENT SUFFRAGANT

Dans le cadre d'une économie de prédation coloniale, le continent se spécialise dés le XVI siècle dans les cultures d'exportations, ce qui explique sa dépendance aux évolutions de la conjoncture mondiale, mais aussi son faible taux d'industrialisation. Si la Première Guerre mondiale a permis de renforcer les économies Latino-américaines, la crise de 1929 a démontré leur extrême fragilité. Plusieurs pays développent alors une stratégie de substitution aux importations en soutenant la croissance d'un secteur industriel visant à l'autonomie, ce qui abouti, à la fin des années 1950, au développement qui sacralise la croissance industrielle comme marqueur de la civilisation, et dont Brasilia est un exemple à ciel ouvert. Quel que soit le modèle de développement choisi, l'Amérique Latine reste cependant dépendante de ses exportations et n'a pas réussi à faire des immenses richesses de son sous-sol ( 40% de la bauxite mondiale, autour de 20% du cuivre et de l'étain, or, fer, pétrole ) un instrument de son indépendance. La malédiction du sous-sol  profite essentiellement aux firmes étrangères et aux élites nationales prédatrices, ce qui confirment la crise de la dette et la "décennie perdue" qui débute au Mexique en 1982. Vis-à-vis de l'Europe puis les États-Unis, aujourd'hui de l'Asie et surtout de la Chine, la dépendance de l'Amérique Latine, y compris par l'innovation, s'est renforcée tout en se diversifiant d'autant que les rivalités intrarégionales permettent à ses clients de diviser pour mieux régner. Ainsi, l'Argentine, le Brésil et, plus récemment, le Paraguay sont devenus depuis le milieu des années 1990 des leaders mondiaux de produits OGM ( soja, maïs, coton, haricots, blé, mais ces choix, destinés aux marchés extérieurs, empêchent un développement de culture vivrières et de l'autoconsommation. Un dernier aspect de la porosité de l'Amérique Latine aux influences extérieurs est celui de la religion, qui devient un moyen de rejeter une domination multiséculaire d'un pouvoir ontologiquement lié à l'église catholique. Le succès des formes "chaudes" de protestantisme venues des États-Unis est tel que les protestants sont aujourd'hui autour de 40% aux Honduras et Guatemala, 35% au Belize 30% au Salvador et Haïti et plus de 25%au Brésil.  

L'OMBRE DES ÉTATS-UNIS                             



Continent déduit, l'Amérique Latine a dés ses débuts une relation étroite de dépendance/ répulsion avec l'Europe dont elle souhaite à la fois la reconnaissance de ses spécificités mais celle de sa proximité culturelle et historique nécessaire à la sortir d'un face-à-face de plus en plus étouffant avec les américains. En effet, à partir de la doctrine " Monroe" de 1823 et son " corollaire Roosevelt" de 1904 qui fait lui-même suite à l'annexion de territoires mexicains entre 1845 et 1853, à l'affirmation du panaméricanisme en 1889 et sa traduction en 1898 entre autres à Cuba  et Puerto Rico, ce sont les américains qui dictent la destinée de la région. Des gradients de dépendance se forment en fonction de la proximité, géographique d'abord, idéologique ensuite, avec les États-Unis qui n'hésitent pas à intervenir économiquement, politiquement, ou militairement. Soutien au coup d'État militaire et aux " Chicago boys" au Chili en 1973, intervention à Grenade en 1983 et Panama en 1989, mais aussi au travers du FMI pour une dérégulation massive dans les années 1990. Cette ombre portée des américains est aussi grandement à l'origine de contre-modèles et de guérillas communistes et/ou des indigènes, à Cuba, au Venezuela ou de la région dans les pays andins. La démocratisation puis le tournant à gauche de la région dans les années 1990 et 2000 sont plutôt le résultat d'un désintérêt croissant des États-Unis pour cet ensemble. Le grand nombre d'associations régionales dans lesquelles s'inscrivent les pays d'Amérique Latine depuis 1945 montre aussi des rivalités entre des pays s'inspirant de modèles qui peuvent fortement différer. Pendant la guerre froide, la charte de l'Organisation des États américains ( OEA) signée en 1948 traduit la volonté des États-Unis de faire de l'Amérique Latine son " pré carré", réaffirmée dans l'Alliance pour le progrès en 1961. Sous leur houlette se forme aussi le Marché commun centraméricain en 1960, devenu système d'intégration centraméricain en 1991. Après l'entrée en vigueur du " Mercosur" en 1991 qui regroupe presque toute l'Amérique du Sud, puis de l'ALENA en 1992, un tournant plus anti-état-unien se fait sentir aprés la proposition des États-Unis de créer une Zone de libre-échange des Amérique ( ZLEA ) en 1998. Le Venezuela développe une alternative bolivarienne pour les Amériques " ALBA" en 2001 et, en 2008. L'Amérique du Sud se regroupe dans l'Union des nations sud-américains " UNASUR". Le premier organisme à l'échelle continentale hors États-Unis et Canada et la Communauté d'États d'Amérique Latine et des Caraïbes " CELAC" en 2011, ce qui n'empêche pas la majorité des États d'Amérique Latine de signer des accords bilatéraux de libre-échange avec les États-Unis, mais surtout avec la Chine. C'est aussi en 2011 qu'est signée l'Alliance du Pacifique entre Chili, Colombie, Mexique et Pérou, avec comme buts de renforcer le libre-échange et de contrer l'influence du Venezuela. Tous ces accords sont cependant au point mort depuis l'éclatement de la crise vénézuélienne en 2013 et son accentuation depuis 2019.Enfin, les options politiques et économiques recoupent les rivalités régionales ( Argentine/Brésil/Colombie; Bolivie/Chili/Pérou; Nicaragua/Costa Rica/Salvador ) et contribuent à considérer l'Amérique Latine plus comme une mosaïque qu'un continent unifié, néanmoins, depuis l'arrestation de Maduro par Trump est avec le soft power de la Chine, les pays du continent s'alièneront du côté de Pékin.  

VIOLENCES/ UN CONTINENT HORS DE CONTRÔLE 



9% de la population mondiale concentre 33% des homicides. Le continent est le plus violent du monde depuis la fin du XX siècle. Ancienne, protéiforme et endémique, la violence s'y caractérise par son indépendance relative à l'amélioration des conditions socio-économiques, son lien avec la prédation des ressources et son caractère urbain, avec 43 des 50 villes les plus violentes au monde, dont 19 au Brésil, tandis que Tijuana détient le record du taux d'homicide en 2023 avec 138/ 100 000 personnes ( Caracas est à 100/ 100 000.) Le " triangle du Nord" ( Salvador, Honduras, Guatemala ) concentre des formes de violence extrême qui ont des causes multiples et relevés surtout du trafic de drogue et de la corruption des élites politiques, économiques et sécuritaires. La pauvreté y est omniprésente. Ces trois pays cohobent l'emprise des Maras, gang criminels exportés des États-Unis dans les années 1990 et devenus des mini- États en essaimant dans des zones rurales et en diversifiant leurs activités dans  une région devenue capitale afin d'assurer le transport de la drogue. En Colombie, au Mexique et au Brésil, les violences sont marquées par la part des forces de l'ordre. En Colombie, la signature d'un accord de paix en 2016 n'a pas gommé le haut degré de militarisation historiquement lié au conflit avec les guérillas et à la lutte contre le trafic de drogue ni le souvenir des exactions des paramilitaires. Des affrontements ont lieu pour le contrôle de la production de cocaïne dans les zones que contrôlait la guérilla. Des militants des droits de l'homme et des dirigeants d'associations sont assassinés, tandis que d'anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie ( FARC) se reconvertissent dans des activités criminelles. Plus récemment, à la suite d'interventions brutales des forces de l'ordre contre des personnes qui n'avaient pas respecté le confinement en mai 2020, un fort mouvement de protestation a gagné les rues. Au Mexique, où chaque une demi-heure trois personnes trouvent la mort, les cartels se partagent ou rivalisent pour le contrôle du territoire et exercent une violence à la hauteur des enjeux liés à la drogue au point de remettre en cause les capacités du pouvoir national et local. Au Brésil, la violence galopante est certes affaire de criminels, mais aussi de la police, considérée comme la plus violente au monde. Le Venezuela et le Nicaragua sont marqués par des dérives autoritaires. Un rapport des Nations unies souligne que des crimes contre l'humanité ( exécutions extrajudiciaires, actes de torture sont régulièrement commis au Venezuela. ) Ces agissements constituent une politique d'État de contrôle social. Plus de 4,3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015, ce qui a fait le deuxième exode mondial aprés les Syriens. Au Nicaragua, depuis le début des protestations de masse en avril 2018 contre le Président en place, toute forme d'opposition est muselée, la presse et les défenseurs des droits de l'homme sont régulièrement menacés, provoquant un exode vers le Costa Rica voisin. La région est l'épicentre du trafic de drogues générant entre 400 et 600 milliards d'euros par un an. La production de coca et de cocaïne, de pavot, de substances de synthèse et la logistique font vivre plusieurs millions de personnes. Cette activité très lucrative permet également d'en faire prospérer d'autres, comme la cyberdélinquance et le blanchiment d'argents. Au Mexique, c'est un ancien policier qui, à la tête du cartel de ( Jalisco Nueva Generacion ), a aujourd'hui la mainmise sur le marché des méthamphétamines et drogues de synthèse. L'ampleur du trafic tendrait à faire basculer l'Amérique Latine dans une forme d'organisation cartellisée et d'alliance en fonction des besoins de production et d'acheminement de la drogue et autres trafics, associée à un fort degré de corruption et d'infiltration, brouillant les frontières et la souveraineté des États. Les violences sont institutionnalisées, le discrédit des élites et la corruption importants. Le sentiment d'impunité, largement partagé, concerne les forces de l'ordres et les élites politiques et économiques. 


Entre 1992 et 2018, la région a connu 18 destitutions et de nombreuses crises majeures qui touchent la quasi-totalité des pays, dont le Chili depuis 2019. Trois anciens Présidents du Salvador sont ainsi mis en examen pour avoir chacun détourné jusqu'à 354 millions de dollars. Si 88% des victimes de meurtres sont des hommes, dont une forte proportion d'adolescents, peu qualifiés et issus des milieux défavorisés, les femmes en subissent également les effets secondaires ( viols, maltraitances, féminicides avec plus de 12 femmes par jour assassinées au Mexique ). 

MOHAMMED CHÉRIF BOUHOUYA 










dimanche 19 avril 2026

 GÉOSTRATÉGIE / LA CHINE ET LA RUSSIE VERROUILLE LA ROUTE EN ARCTIQUE 


La rupture est déjà en cours, la Chine investie beaucoup à côté de la Russie pour créer des zones portuaires, mais aussi pour exploiter les sous-sols de l'Arctique riche en gaz et en pétrole en s'adressant récemment aux investisseurs réunis à sont symptôme le club " Valdaï" Poutine les a tous en joint à cet appelle à investir dans ce qu'ont appelle " un projet de civilisation"; et Trump ne compte pas rester en marge de cette zone d'influence hors de  contrôle.



 


Washington redoute cette coopération sino-russe dans la région, considérée comme un nouvel axe de puissance et une nouvelle autoroute économique colossale et militaire qui a échappé aux puissances occidentales, d'où la montée en puissance qui est assez discrète des patrouille américaine et alliés en Arctique. Pendant que l'occident observe le détroit d'Ormus et le mer rouge, Moscou et Pékin accélèrent discrètement le développement d'une nouvelle artère commerciale au cœur de l'Arctique. Derrière cette stratégie, se cache un projet architectural estimé à 300 Mds capable de transformer les routes du commerce mondial et réduire drastiquement l'indépendance a certains passages maritime devenus quinteux. Depuis plusieurs mois, les tensions militaires et les perturbations logistiques se multiplient sur les routes maritime traditionnelles. Les frappes américaines et israélienne contre l'Iran, ont accélérer les tensions dans le Golf poussant l'Iran a annoncer un blocage fieffé du étroit d'Ormus, un passage par lequel transite environ 20% du commerce énergétique mondial. Cette décision a immédiatement déclenchée une onde de choc dans le système maritime international, car Ormus reste le point le plus critique pour l'approvisionnement en pétrole et en gaz de nombreuses économies Asiatiques. Face à ce climat d'incertitude, la Chine a commencé à réduire certaines traversées énergétique par cet étroit et hautement militarisé. Trois cargos chinois ont réussi à franchir la zone sans incident majeur. Mais la marge d'erreur demeure extrêmement vulnérable. Une mauvaise interprétation militaire,  un tir accidentel ou un escalade régional, pourrait faire bloqué totalement la situation. Dans un système énergétique déjà sous pression, un tel scénario deviendrait rapidement incontrôlable. C'est précisément dans ce contexte qu'un projet longtemps considéré comme marginal refait surface. À mesure que la glace Arctique se retire durant les mois d'été, une route maritime traversant l'océan Arctique, attire de nouveau l'attention stratégique des grandes puissances. Connu aujourd'hui comme la route maritime du Nord, elle est développée conjointement par la Russie et la Chine dans le cadre d'une coopération logistique et énergétique de taille. Pour comprendre pourquoi ce projet attire les convoitises, il faut d'abord observer la structure actuelle du commerce maritime mondial. Depuis prés d'un siècle, trois grandes routes dominent l'économie planétaire, la première relie l'Asie à l'Europe en passant par le détroit de Malaca, puis par le Canal de Suez; la deuxième traverse le Pacifique entre l'Asie et la côte Ouest de l'Amérique du Nord; la troisième enfin, relie l'Europe à l'Amérique du Nord à travers l'Atlantique. Ces corridors constituent depuis des décennies l'ossature du transport maritime mondial. Néanmoins, leur efficacité historique ne signifie pas qu'ils soit exemples de faiblisses. Prenons la route Asie Europe, elle connecte deux pôles économiques médius, l'Asie industrielle et le marché économique Européen. Son volume commercial est ample, mais cette trajectoire traverse un grand nombre de pays et de points de passage stratégique. Chaque maillon supplémentaire augmente mécaniquement les risques géopolitiques. Pour une puissance exportatrice comme la Chine, ces contraintes ne sont pas techniques, mais elles deviennent stratégiques. Les routes maritimes actuelles reposent sur des point de passage très exposés aux tensions politiques ou militaires. Chaque détroit chaque Canal, chaque port majeur devient alors un levier de pression. Dans ce contexte la redécouverte de la route de l'Arctique n'est pas un simple projet logistique. Elle s'inscrit dans une réflexion plus large. Comment sécuriser les flux commerciaux et énergétique dans un monde où les corridors traditionnelles constituent des conflits sans fin. Car si cette route polaire devient réellement navigable sur une partie de l'année, elle pourrait réduire d environ 40% la distance l'Asie et l'Europe, tout en évitant plusieurs passage stratégique contrôlé par d'autres puissances. La question qui s'oppose est la suivante ! la Russie et la Chine sont-elles en train de construire la prochaine route maritime du commerce mondial ? Et si cette route venait réellement à se consolider ? Quel conséquence cela pourrait-il avoir sur l'équilibre géopolitique des océans ? La transformation de cette route ne repose pas uniquement sur une vision géopolitique, elle repose sur un système industriel et énergétique grandiose que Moscou et Pékin construisent depuis plusieurs décennies. Rendre cette voie opérationnelle, les deux pays ont déjà engagé des investissement dépassant largement les 100 mds, combinant infrastructures portuaires, énergies et flotte maritime spécialisés. Une part importante de ces fonds est consacrer au développement d'une flotte immense brises glaces nucléaires Russes, les plans, prévoient la construction de plus d'une dizaines de navires capable d'ouvrir la navigation dans les glaces Arctiques pendant une grande partie de l'année. Chaque unité représente un coût estimé à 2 mds. Parallèlement, plusieurs ports stratégiques situés le long du littoral Arctique Russe, sont construits à partir de rien. Parmi les plus importants, figure "Sabetta et Mormansk" deux installations devenues des pivots logistiques pour les convois maritimes circulant dans cette région extrême. L'objectif est claire, créer un système complet permettant au navire de partir d'Asie, de passer par la mer du Japon, de longer l'Arctique Russe et d'atteindre directement l'Europe. Ce scénario n'est plus théorique, en 2025, une entreprise chinoise à inauguré une liaison commerciale reliant la Chine à l'Europe par cette route "polaire". Le cargo Istanbul Bridge, est parti du port de Ningbo avant de rejoindre le port Britannique de Felix Tove. Le voyage a duré 18 jours soit prés de trois semaines de moins que la route classique passant par le Canal de Suez. Les statistiques montrent que ses essais ne sont pas isolés. Durant la même années, des navires chinois ont traversés cette route durant une dizaines de fois. signe que les entreprises testent progressivement la viabilité commerciale de ce corridor maritime. Chaque traversée supplémentaire permet d'améliorer les données logistiques. La navigation dans la glace et la coordination avec les brises glaces Russes. L'importance réelle de cette route ne se limite pas à la réduction des distances, elles tient surtout au fait, elle permet de contourner plusieurs points d'étranglement du commerce mondial. Si le détroit de Malaca qui représente l'un des passage les plus fréquenté au monde, chaque jour environ 250 navires y transitent provoquant des files d'attente et des retards coûteux pour les compagnies maritime. Route arctique alternative stratégique, mais la navigation dépend largement des brises glaces Russes. Autrement dit, utiliser ce corridor pourrait signifier de dépendre directement de la Russie. Et c'est précisément là que l'architecture de la géopolitique devient tôt ou tard explosive ! Depuis la guerre en Ukraine, de nombreuses entreprises occidentales évitent toute coopération maritime avec la Russie en raison des sanctions. La Chine en revanche, a choisi de maintenir et même d'approfondir ca coopération dans cette région stratégique. Il  faut rappelé que cette coopération ne date pas d'hier, dés 2018, des entreprises chinoises ont acquis prés d'un tiers des parts des gigantesques projets " Gazier Yamal LNG" situé dans la péninsule Arctique de YAMAL. Plus de 90% des modules industrielles du projet, ont été fabriqués par des sociétés Chinoise. Depuis, le gaz naturel liquéfié produit par Yamal est régulièrement transporté vers la Chine, via la route maritime du Nord consolidant une chaîne énergétique stable entre les deux pays. Cette coopération montre que le partenariat Sino-Russe dans l'Arctique ne relève pas simplement de déclaration politique. Il s'agit d'abord d'une infrastructure énergétique et commercial fonctionnelle. A moyen ou à long terme, cette route commerciale très sensible peut elle devenir l'un des corridors centraux du commerce mondiale redessinant l'équilibre maritime construit depuis plus d'un siècle. 


Pire encore, et si cette transformation s'accélère, quelle puissance contrôlons réellement les nouvelles routes du commerce au 21 siècle !  Par ailleurs, les américains ne peuvent pas intervenir militairement dans cette région, sinon ont peut aller directement vers une troisième guerre mondiale. Dans un monde frottement  nucléarisé "Chine et Russie", les États-Unis ne peuvent qu'observer leurs impuissance. 

MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA


dimanche 12 avril 2026

 GÉOPOLITIQUE/ DROITS DE LA GUERRE ET DE LA MER  

DROITS DE LA GUERRE 

En générale, le droit de guerre c'est l'ensemble des règles visant à limiter la violence et protéger les droits fondamentaux de la personne humaine en cas de guerre, ce qui n'est pas le cas ? 



Le droit de la guerre a ceci de paradoxal qu'il s'applique à un domaine où, par définition, n'existe que la loi du plus fort. Né progressivement dans une période où les conflits, sans diminuer en nombre, devenaient de plus en plus meurtries, il a par ajouts successifs recouvert une vaste série de disposition qui tentent de limiter sinon la conflictualité, du moins ses aspects les plus cruels. Il comprend aujourd'hui le droit de la guerre proprement dit, le droit humanitaire, les accords de limitation des armements. Il s'est doté de juridiction ( Cour internationale de justice, Cour pénale internationale, tribunaux spéciaux et d'un corpus de notions ). Son existence même pourrait paraître illusoire, mais ses réussites sont réelles. La neutralisation des services de santé, le droit des prisonniers, la signature par presque toutes les nations de l'accord d'interdiction des mines et sous-munitions. Son application se heurte sans surprise à des difficultés. L'arbitrage nécessaire entre des systèmes juridiques et procéduraux varient selon les pays, la localisation loin des conflits des tribunaux qui éloigne la justice des victimes, les limites rencontrées du fait du principe de souveraineté, la caractères a posteriori de la procédure. Mais sa principale limite est la multiplication des conflits asymétriques. Dés lors, le droit commun tend à prendre le pas sur le droit de la guerre, menant à des violations manifestes lorsqu'un belligérant est une puissance niant le caractère de guerre de la situation de la guérilla au terrorisme. Le droit de guerre n'est pas une nouveauté. Les coutumes de guerre ont toujours existé ici et là pour humaniser les conflits et protéger les combattants. La nécessité dans la période moderne de redéfinir des règles est-elle le signe d'une amélioration des mœurs guerrières ou, au contraire, le symptôme de leur dégradation, notamment au Soudan, la Libye, la Birmanie, le Mali, le Nigéria, Guinée-Bissau, la Syrie, le Liban, la Palestine et autres. 

DROITS DE LA MER /  VERS DES CONFLITS SANS FIN 



Il s'agit d'une partie du droit international qui réglemente l'utilisation de la mer par les États-nations, mais à quel prix ? Jusqu'en 1958, le droit de la mer était surtout un droit coutumier, basé sur le non territorialité des océans et le principe de liberté des mers. A partir de cette date, une série de convention internationales ont posé des règles dans plusieurs domaines. Les eaux de surface, les fonds marins, l'exploitation des ressources, la souveraineté et les routes.... La difficulté de définir un droit sur les mers tient à la nature tridimensionnelle des étendues concernées. Il ne s'agit pas de simples surfaces, mais aussi de profondeurs. Une autre difficulté relève de la nature mouvante de l'objet. Comment tracer des limites sur l'eau ?Comment statuer sur un territoire qui se déplace ! Au fil des décennies, l'évolution des techniques qui permettent l'exploitation "off-shore" et on fait passer à l'échelle industrielle l'exploitation des ressources halieutiques, l'intensification du trafic maritime avec le développement des échanges, les problèmes de responsabilité en matière de pollution font de la mer un enjeu géopolitique critique, d'autant qu'elle est le dernier espace à conquérir, les frontières terrestres semblent stabilisées pour longtemps. Ces catagenèses sont entérinées à la conférence de ( Montego Bay en 1982 ) qui aboutit à l'élaboration de la Convention des Nation unies sur le droit de la mer, et définit des règles en principe universelles, mais seuls 60 États l'ont signée, augmente l'emprise et la responsabilité des États sur les océans et instaurer un tribunal international du droit de la mer.  D'espace sans souveraineté ou presque, la mer est donc devenue un espace prérogative nationales, avec ce que cela suppose de litiges sur les frontières, sur le droit applicable à telle ou telle situation, et de conflits potentiels. " P.Papon parle d'une nationalisation des océans depuis 1945". Il faut noter cependant que les deux tiers des eaux restent internationales. Une question particulière va nécessiter des arbitrages de la part de la communauté internationale. La première est celle des plateaux continentaux pour la définition desquels la convention de Montego Bay laisse beaucoup de latitude aux États. Le sujet est brulant concernant les revendications sur l'océan Arctique et ses profondeurs, potentiellement riches en hydrocarbures et rendues accessibles par la fonte de la banquise. Mais ces revendications vont à l'encontre d'autres conventions internationales sur la neutralisation des zones polaires. De plus, le droit maritime donne des règles de souveraineté sur le sol des mers plus étendues que sur les eaux qui se trouvent au-dessus. Le droit de la mer se heurte enfin à une autre problématique, les contraintes techniques de l'exploitation des océans, le coût de l'exercice réel de leur contrôle font que ce droit n'existe, de fait que pour les pays puissants. Les autres, qui constituent la majorité des Êtas littoraux dans le monde, risquent de voir leurs prérogatives rester sans lendemain, faute de moyens pour leur donner corps. Le transport maritime constitue une sorte d'expression pure des dynamiques du capitalisme. Sur mer, la recherche du profit ne trouve pas d'autres limites que la capacité d'accueil des terminaux portuaires et la taille des canaux. En Arctique, le plus petit des océans du globe, s'étendant sur 14 millions de kilomètres carrés, recouvert pour l'essentiel par la banquise. Pourtant, certains l'appellent déjà la " Méditerranée boréal", bordée par huit États côtiers ou voisins ( Etats-Unis, Danemark, Norvège, Suède, Islande, Finlande, Russie.) les tensions croissantes avec Moscou depuis dix ans et la guerre en Ukraine en font à nouveau enjeu stratégique. Sur la défensive en mer Noire comme dans la Baltique, devenues l'une et l'autre des quasi lacs otaniens, la Russie considère désormais l'océan Arctique comme la seule voie vraiment ouverte à sa flotte de guerre vers l'Atlantique ou le Pacifique. 




L'importance géopolitique de l'Arctique va bien au-delà des questions militaires. Le réchauffement climatique y est depuis quelques années trois fois plus fort que dans le reste du monde. D'ici à 2030, l'océan Arctique pourrait être libre de glace de mer en été et donc pleinement ouvert à la navigation, et en 2050, dix mois par an. Enfin, la position stratégique de la Russie s'en trouve renforcée, comme ses liens avec la Chine qui, en 2013, a obtenu le statut d'observateur au Conseil de l'Arctique.


MOHAMMED CHÉRIF BOUHOUYA 


samedi 4 avril 2026

       GÉOPOLITIQUE / GÉOSTRATÉGIE SUPREMACISME AMERICANO-ISRAELIEN 

                 

Les alliances changent, les puissances s'élèvent et les maîtres  du monde complotent. La prééminence américano-israélienne va dans une fuite en avant pour ne pas partager le pouvoir ni au niveau régional ni mondial; dans cette architecture multipolaire moribonde. 


Il faut désormais oublier tout ce que l'on dit sur l'OTAN. L'Europe est en train de vivre un basculement historique. Washington est en train de finaliser un plan secret pour remplacer le G-7, son nom le C-5 dans ce nouveau club très fermé. On retrouve les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon et la Russie. L'Europe semble exclue totalement du schéma de Donald Trump. Ce dernier affirme que le vieux Continent s'est transformé en un tiers monde économique incapable de produire autre chose que des services et du luxe. Il lâche un chiffre brutal pour prouver ses dires, la Russie produirait aujourd'hui 12 fois plus d'acier que le Royaume-Unis. Paradoxalement, ce que prépare les américains c'est la guerre avec la Chine. Car, selon les analystes américains, il n'y avait pas de solution de marché a la compétition avec les Chinois. La guerre avec l'Iran aboutit a couper la route qui alimente en pétrole la Chine. La coupure par la voie, par le Groenland est une coupure des voies maritimes qui unie les Asiatiques avec l' Europe par le chemin le plus court, en empêchant de passer par la Panama ou le Canal de Suez. Sachant, que les deux passages sont contrôles par les américains avec arme à la main. 

L'HEGEMONIE AMERICAINE DANS LE MONDE


Guerre de haute intensité en Ukraine, conflits au Proche et le Moyen-Orient, guerre commerciale sino-américaine. La géopolitique nous oblige à regarder le monde dans la réalité crue de ses rapports de force. Mais avant il faut plonger dans l'histoire américaine pour comprendre la réalité abyssale de cette suprématie redoutable. Au fil du temps, les Etats-Unis ont menés plus de 500 guerres et 75 coups d'Etats dans le monde, à commencer par le génocide de tout un peuple " les amérindiens". En tous plus de 70 ans d'interventions militaires américaines dans le monde à commencer par ces pays ci dessus.                                                                            

Philippines: 1946

Porto Rico: 1950

Corée : 1950- 1953

Guatemala : 1954-1960

Cuba : 1961

Vietnam : 1964-1973

Laos : 1964-1973

BRESIL : 1964

REPUBLIQUE DOMINICAINE : 1965

CAMBODGE : 1969-1975

CHILI : 1973

LIBAN : 1982- 1984

GRENADE : 1983

HONDURAS : 1983- 1989

LIBYE : 1986 / 2011

IRAN : 1987- 1988

PANAMA : 1989-1990

SALVADOR : 1980 - 1992

IRAK : 1990- 1991

SOMALIE : 1992- 1994

BOSNIE : 1993- 1995

SODAN :1998

AFGHANISTAN : 1998/ 2001-2021

YOUGOSLAVIE : 1999

YEMEN : 2002/ 2017/ 2024/ 2025

IRAK : 2003-2011

HAITI : 2004

PAKISTAN : 2005

NIGER : 2017

VENEZUELA : 2026

IRAN : aujourd'hui 2026

LES COUPS D'ETATS AMERICAINS DEPUIS 1947

COSTA RICA / 1948

GUATEMALA / 1954

SALVADOR/ 1979

NICARAGUA/ 1980

PANAMA / 1989

PARAGUAY/ 1954

BRESIL /  1964

PEROU / 1968

CHILI/ 1973

URUGUY/ 1973

ARGENTINE/ 1976

VENEZUELA / 2002

BOLIVIE / 1971

EQUATEUR / 1963

À travers plusieurs coups d'États, certains présidents n'ont pas échappés à la prééminence américaine. Parmi eux, le premier ministre iranien Mohammed Mossadegh en 1953 orchestré par la CIA. Ensuite, Jacobo Arbenz en 1954. Fulgencio Batista  renversé en 1959 par une révolution soutenue par la CIA. Manuel Noriega capturé par les États-Unis en 1990. Saddam Hussein, assassiné en 2003, parce qu'il a refusé de vendre son pétrole en dollars. Jean Bertrand Aristide, retiré du pouvoir en 2004, et envoyé en exile. Manuel Zelaya, destitué en 2009 par un coup d'État militaire. Alfonso Portillo, extradé en 2010 aux États-Unis pour blanchiment d'agent. Juan Orlando Hernandez, capturé est jugé aux États-Unis pour trafic de drogue. Nicolàs Maduro, à cause du pétrole, il fut capturé et envoyéaux États-Unis. Qui sera le prochain président sur la liste de Trump ? 

LES PAYS ARABES AVEC DES BASES AMÉRICAINES 



Voici les pays arabes qui accueillent les bases américaines que l'Iran prend en otages.

Au Qatar, le centre nerveux avec " Al Udeid- Air base", abrite le commandement centrale américain de 10 000 soldats en plus de la base AL-Sayliyah " Army base". Au Bahreïn, les américains ont implanté la cinquième flotte " Naval support "à ISA Base air et Khalifa Salman port". Au Koweït,  la présence est massive avec les bases " le CAMP BUEHRING, ALI AL-SALEM, AHMED AL-JABER, ARIFJAN, et le PATRIOT. Aux Émirats Arabes Unis, la base d'El-DHAFRA est cruciale, tout comme le port de DJABEL ALI et la base de FUJAIRAH. En Jordanie, la base " MUWAFFAQ SALTI" est en première ligne avec l'avant poste "TOWER 22". En Irak, les postes restent positionnés  à "AIN AL-ASAD,  et ERBIL". En Arabie Saoudite, en compte " PRINCE SULTAN AIR BASE et " ESKAN VILLAGE". En Syrie, l'avant-poste " AL-TANF" et la zone de " RUMEILAN" subsistent sous haute tension. Enfin le cas de la monarchie d'Oman est unique. Il accueille les bases de " THUMRAIT et MASIRAH" tout en restant neutre ? L'Iran l'épargne car il demeure un médiateur pour la paix. Mais la question qui se pose, ces pays arabes sont-ils complices ou victimes de la situation actuelle ? A mon avis, ils sont complices car au fil du temps, ils sont devenus les vassaux des américains et malgré les milliards de dollars fournis en armement, ils sont incapables de se défendre. Par ailleurs, les États-Unis ont réussi à implanter plus de sept cents bases militaires à travers le monde. Tout à commencé aprés la victoire lors de la guerre Hispano-américaine en 1898 qui a ouvert la voie aux premières bases à Cuba, Guam et aux Philippine. Pendant la seconde guerre mondiale, l'expansion s'est accélérée pour soutenir les opérations en Europe et dans le Pacifique. Avec la construction de centaines d'installations sanitaires. Après le conflit, beaucoup de ces bases sont restées actives principalement en Allemagne, en Italie et au Japon. Durant la guerre froide, les bases sont devenues des points de "hors de contrôle" s'étendant en Corée du Sud au Royaume-Uni ainsi que dans des zones stratégiques du Pacifique et du Moyen-Orient. Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis ont renforcé leurs présences en Asie centrale au Moyen-Orient et en Asie de l'Est. Récemment, face à la montée en puissance militaire et économique de la Chine, les américains ont renforcé leurs alliances dans la région Indo-Pacifique. Aujourd'hui, en compte environ sept cent cinquante bases militaires américaines réparties dans une quarantaine de pays avec un coût de plusieurs milliards de dollars chaque année. Autres tentatives qui sont restées dans les archives de l'histoire, les pays que les États-Unis  ont tenté d'acheter. D'abord, en 1854 des émissaires américains ont proposés 120 millions pour Cuba, menaçant l'Espagne de recours à la force. Puis en 1866, le Congrès a déposé un projet d'annexion du Canada contre le rachat de sa dette nationale. Le projet a avorté poussant les colonies Britanniques à s'unirent. En 1869, le président " Alysses S. Grant", a voulu annexer la République Dominicaine pour un montant de 1,5 millions de dollars. Le gouvernement local à accepté, mais le Sénat américain a bloqué le plan. En 1903, le président " Theodore Roosevelt", a tenté d'acheter des terres à la Colombie pour le Canal de Panama. Devant leur refus, les États-Unis ont soutenu l'indépendance du Panama pour construire le canal. En 1946, le président " Harry S. Truman, a offert cent millions en or pour le Groenland au Danemark. Trump a encore essayé en 2019 et la question reste posée avec acuité. 

DJIBOUTI / LE SYMPOSIUM STRATÉGIQUE DES PUISSANCES 


Ce minuscule pays accueille les bases militaires de huit puissances différentes. Situé à "Bab El-Mandeb", ce goulot de 28k, relie la mer rouge au Golfe d'Aden et le canal de Suez. Un passage stratégique pour le commerce et l'énergie mondiale. Entouré par l'instabilité de la Somalie, du Yémen et de l'Éthiopie, Djibouti est un havre de paix stratégique, servant à contourner les mouvances terroristes pour les États-Unis et la France. Djibouti loue son sol qui lui rapporte 300 millions par ans, soit 10% du PIB. Les loyers sont massifs, les américains payent 70 millions, la Chine 100 millions, la France 35 millions, le Japon 30 millions et l'Italie 34 millions. L'Arabie Saoudite, l'Allemagne et l'Espagne morcellent ce voisinage unique. C'est le seul endroit au monde ou les puissances rivales exploitent la même piste d'atterrissage pour maintenir leurs intérêts à la fois géopolitiques et géostratégiques. Par ailleurs, Trump joue aux apanages mondiales, et il veut toutes les propriétés. Les États-Unis sont les premiers producteurs de pétrole au monde, devant l'Arabie Saoudite et la Russie. En mars 2016, ils tremblaient à cause d'une crise énergétique qui a ont eux même déclenché ? Parfois la puissance devient un piège. L'administration Trump a fait de la domination énergétique une priorité primordiale. Vendre du pétrole au monde entier, une stratégie de puissance qui a ouvert les marchés américains à la volatilité mondiale. Néanmoins, sur les premiers neufs premiers mois de 2025, les consommateurs américains ont payé 12 milliards de plus pour leur gaz par rapport à 2024 avant même que la crise d'Ormuz se déclenche. Et là, un choc énergétique se transforme en une arme monétaire mondiale. En somme, la double exposition, choc énergétique et choc commercial liés aux tarifs douaniers de l'administration Trump, est inédite depuis la stagflation ( chômage massive et effondrement des institutions)  des années 1970. Actuellement cette crise ne se passe pas dans le vide, elle se passe dans un monde où les alliances énergétiques redessinent les rapports de force. Premier perdant évident l'Asie. Le 11 mars 2026, les 32 États membres de l'agence internationale de l'énergie libèrent en urgence 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques à peine 4 jours de consommation mondiale. Deuxième acteur à observer la Chine, Pékin détient un milliard de barils de réserve stratégique ( quelques mois d'autonomie ).  Mais la Chine est aussi le principal client de l'Iran depuis deux décennies. 80% du pétrole iranien va en Chine payé en( Yuan hors securit dollars)  et c'est ainsi que la situation devient stratégiquement explosive notamment pour les américains. Car, la crise d'Ormuz c'est aussi  une opportunité fatale pour la Chine de tester sa capacité de commercer hors du système financier américain " hors dollars". Troisième acteur, et peut être le plus inattendu les États-Unis eux mêmes face à une fracture interne. Trump se retrouve coincé entre ses propres alliés, les producteurs d'énergies veulent exporter d'avantage, les consommateurs s'opposent  avec acharnement. L'administration a importé la volatilité mondiale sur le sol américain et le retour des flammes est en cours !  Pour le moment, c'est l'enlisements, le conflit dure et l'inflation repart, et les marchés financiers ankylosés. Enfin, si les États-Unis frappent les capacités pétrolières de l'Iran, la menace devient permanente et un blocage de moins de 3 mois ferait monter le baril à 163 dollars le baril. Et là, on ne parle plus de tensions financières, mais de récession mondiale! Mais nous n'en sommes pas encore là, mais certains montent déjà les marches. Conclusions, la crise d'Ormuz de mars 2026, n'est pas un accident, mais la conséquence d'une stratégie américaine qui a maximisé la puissance exportatrice sans anticiper les flammes géopolitiques. Autre défi, le système financier américain est exposé, mais pas encore effondré. Entre inflation et croissance, l'économie creuse les inégalités et les échéances politiques. Nous vivons un moment de bifurcation géopolitique et géostratégique. Cette crise révèle quelque chose de profond, aucune puissance au monde n'est à l'abri d'une dépendance mal gérée. Sachant finalement, que l'énergie n'est pas un simple marché, mais un rapport de force, pire encore c'est une arme. Dans un monde ou un seul détroit de 54 km peut paralyser 20% du pétrole mondiale, les démocraties Occidentales sont elles encore capables de construire une souveraineté énergétique réelle ou continueront elles simplement à déplacer leurs dépendances d'une zone de crise à une autre de la Russie au Golfe Persique. Au sein de ces pays avec énormément de ressources, on échappé à la prédation américaine. Les autres, une élite corrompue verrouille le systeme tout en enrichissant les américains. En conséquence, dés qu'un nouveau gouvernement commence à revendiquer les redistributions des terres, de nationalisation de pétrole ou  de taxes sur les multinationales, alors comment ça devient un défi ostentatoire et l'intervention américaine intervient automatiquement, bousillant ainsi les Nations-Unies, le droit international et surtout les alliés de l'OTAN devenus avec le temps des vassaux de l'empire américain. De l'autre coté de l'Atlantique, Les américains ont déclenché deux guerres pour étouffer l'affaire " Epstein" seuls les élites savent exactement ce qui se passe. Voici la chronologie que tout le monde ignore. 19 février arrestation du prince " Andrew" pour ses liens avec Epstein. 24 février, Bill Gates présente ses excuses pour ses liens avec Epstein, 26 février Hillary Clinton témoigne. Démission du président du forum économique mondial. 27 février, témoignage de Bill Clinton, sept jours de révélation parmi les plus grands scandales de l'histoire. Et ensuite, le Pakistan attaque l'Afghanistan, le lendemain les américains tuent le guide suprême iranien. Deux guerres en deux jours. Voici ce que seule l'élite voit " on ne peut pas faire disparaitre les scandales, mais on peut les enterrer sous des guerres". Epstein a fait la une de tous les journaux de la semaine, maintenant tout le monde a les yeux rivés sur les explosions. Plus personne ne parle de Clinton ni de Gates, mais voici ce qui est suspect ! Le même jour, la guerre contre l'Iran éclate, " open ai" décroche un contrat de plusieurs milliards avec le Pentagone, qui détient une part "d'Open ai " ( Bill Gates via Microsoft ) Gates présente ses excuses mardi pour ses liens avec Epstein, mais il obtient le plus gros contrat de défense de l'histoire dés le vendredi. Voila comment fonctionne réellement le pouvoir américain. Sept personnes démasquées en sept jours, deux guerres éclatent en deux jours. Et pendant que le monde entier est effaré, Gates décroche des contrats de défense et le prince Andrew est acquitté. Ces gens restent impunis, ils maîtrisent les médias et la politique étrangère, et ils contrôlent qui est exposé et qui est protégé ? Comment arrêter des gens aussi puissants ? Mais on peut repérer leur schéma et adapter sa stratégie en conséquence. Ne croyez jamais que les scandales les feront tomber, tout en observant toujours comment ils utilisent le chaos pour se renforcer. L'affaire Epstein n'est pas seulement l'histoire d'un homme, c'est le révélateur d'un monde. Un monde où certains vivent hors de tout contrôle. Hors de la loi et des règles. Un monde où le pouvoir protège le pouvoir. Où l'argent achète le silence. Où les élites se fréquentent, se couvrent, se recrutent entre elles. Et pendant qu'ils nous inculquent la justice, la liberté, le progrès, on observe finalement une sphère parallèle où les lois ne s'appliquent pas de la même manière. L'affaire Epstein, révèle une régression morale profonde. La loi pour les plus vulnérables et l'impunité pour les puissants. Enfin, on nous a fait croire que la civilisation est un acquis humain et que le droit était un atout universel ! En fin de compte, Trump est un homme ivre de grandeur qui a bouleversé l'équilibre international. 

LE GRAND ISRAEL ET LE PROJET " ERETZ YISRAEL"

Israël du Nil à l'Euphrate, ce n'est pas une théorie mais une vision millénaire. Tout part d'une genèse ( à ta descendance que je donne ce pays, celui qui va du fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, jusqu'à l'Euphrate ). Pour les partisans du grand Israël ces frontières sont un objectif territorial concret. Il n'y a pas que le Liban, le Syrie, l'Irak et la Jordanie, mais également les monarchies du Golfe. Ce qui était marginal, sort aujourd'hui de l'ombre. La stratégie profite de la vulnérabilité des monarques voisins, dévastés par les crises tout en s'appuyant sur le soutien diplomatique américain et de l'Occident, Israël avec les crises successives espère conquérir l'ensemble des monarchies du Golfe. Ce complot devrait voir le jour d'ici 2048 ( date de la fondation d'Israël  en 1948 ou même avant avec la conjoncture actuelle ), en Arabie Saoudite, les Émirats, le Qatar et le Bahreïn. Par ailleurs, cette conjuration machiavélique, doit être suivie par la colonisation de 100 millions d'étrangers de différentes religions, dont 50 millions seront assignés en Arabie Saoudite, et 5 millions d'Israéliens. Avec des résidences permanentes et des résidences privées, des synagogues, universités et des fonctions de hautes responsabilité, dans la défense, les ministères et les institutions des monarchies arabes. Autres éditions, publié en 1992, sous la présidence du Conseil américain des relations internationales, un rapport de 28 pages mentionne qu'au sein du Moyen-Orient il ne restera ( que trois monarchies, à savoir l'Arabie Saoudite, le Sultanat d'Oman et le Yémen. Les Émirats, le Bahreïn, le Koweït et le Qatar devront disparaitre.) Néanmoins, le Koweït sera relié à l'Irak, le Qatar et le Bahreïn seront sous la domination des Saoudiens, et les Émirats seront rattachés au Sultanat d'Oman. 

BERNARD LEWIS ET L'EXULTATION DU MONDE ARABO-MUSLMAN


Historien, professeur émérite des études sur le Moyen-Orient, spécialiste de l'histoire de l'Islam, le monde confrérique et des interactions entre l'occident et l'Islam. Outre ses activités académiques, Bernard Lewis est un intellectuel engagé pour la cause israélienne et la fragmentation du monde arabo-musulman. Il fut conseiller des services Britanniques lors de la seconde guerre mondiale, consultant du Conseil de sécurité nationale des États-Unis avec Brezinski et l'homme de confiance de Benyamin Netanyahou alors ambassadeur d'Israël à l'ONU  1984-1988. Né de parents Juifs à Londres, à la fin des années 1940, il rédige ( The Arabic in history, publié en 1950. ) En 1983, le projet sioniste de Bernard Lewis au Congrès Américain, a été tenu secret, en 1993, il a été adopté à l'unanimité. Les cartes de partage au sein du monde Arabe, se concrétisent et se mettent en marche. Dans ces nouvelles cartes les étapes suivantes. 

L'Egypte : sera divisée en quatre pays, y compris un État chrétien pour les Coptes au Sinaï entre l'Égypte  et Israël 

l'Irak : en trois pays

la Syrie : en quatre pays, avec un État pour la minorité Druze.

Le Soudan : en trois pays

le Koweït, le Qatar, le Bahreïn, le Yémen, la Jordanie, et les Émirats auront disparus de la carte et remplacés par un État majoritairement chiite et une minorité sunnite.

L'Algérie : un État pour la minorité berbère ( le MAK)

Le Mali : un État  pour les Touaregs et un autre pour les sunnites.

Le Liban : aura cinq cantons.

Le Pakistan, l'Afghanistan, la Turquie, l'Iran, l'Irak : seront éclatés.

L'Arabie Saoudite : au sein de la Kabaa, il y aura l'édification du troisième Temple et le transfert du tombeau du prophète de l'Islam vers un endroit inconnu. 

Israël  : concrétisera son vieux rêve du Grand Israël, cité dans les protocoles des sages de Sions et prendra tout le contrôle du pétrole et gaz des monarchies arabes. 

Enfin, au cours des dernières décennies, de nombreux analystes se sont penchés sur les théories complotistes de Bernard Lewis et le nouvel ordre mondial imposé par Trump.

MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA

N.B. 

Pour mieux comprendre le monde et les conflits cruciaux dont on observe le monde de demain jusqu'à "2100",  je vous conseille d'analyser en profondeur mon livre publié par la Hachette les 3 Colonnes, le 5 mars 2025. 

Géopolitique-Géostratégie : L'évolution des conceptions / Le choc de la prééminence. )

 

 





  










samedi 7 mars 2026

 DROITS DE L'HOMME/ APPEL A TEMOINS ET PETITION 

 




Lelibre. lorraine, appel à tous les écrivains qui ont eu des relations directes où indirectes avec la Maison d'édition " les 3 Colonnes" afin d'apporter leurs témoignages devant la justice. Cette initiative, rentre dans le cadre de vol, d'hypocrisie, discréditation, dissimulation du taux des livres vendus et effleurement à la propriété intellectuelle notamment de l'ensemble des écrivains. 

MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA

essayiste écrivain / analyste en géopolitique géostratégie

Fondateur directeur du    lelibre-lorraine

T/ 0745328987 France

Email/ lelibre-lorraine@gmail.com

 

jeudi 5 mars 2026

     DROITS DE L'HOMME / NANCY / STAN AU COEUR DU 

    RACISME  

        

 L'affaire commence avec des alertes désespérés dénoncés par une dizaines d'étrangers installés à Nancy, qui au cours d'une enquête profonde de notre part,  l'aboutissement est plus que scandaleux. 



 

Il s'agit d'une fonctionnaire à la gare de Nancy, où le bureau  STAN est installé afin d'être au service des citoyens. Néanmoins, cette dernière calfeutrée derrière son bureau numéro 3, endurcis des pratiques abusives, arbitraires voire raciste et discriminatoire à l'égard exclusivement des étudiants étrangers et surtout les maghrébins. Pire encore, en cas de réclamation,  elle devient très agressive tout en s'acharnant d'une façon immonde " si vous n'étés pas content, aller voir le directeur de STAN". Durant notre visite au guichet numéro 3, tout en  présentant ma carte de presse, j'ai été reçu avec une agressivité sarcastique et  m'envoyant  au guichet N 4. Un errement qui n'est pas digne de la direction de Stan, ni des clients habitués à se rendre à cette officine. Le malheur, est que son responsable direct n'a jamais dénoncé ses attitudes à la hiérarchie  


Par ailleurs, la critique la plus impérieuse que l'on adresse à la direction de STAN, est qu'elle ne s'est jamais attaquée aux colles fondamentaux du racisme et la discrimination. Il semble en tout cas qu'à mesure que la situation évolue dans le sens du racisme, les dirigeants de STAN à Nancy se trouve davantage à la fois dépassés et complices. 

MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA


N.B. / Suite à ses comportements racistes et discriminatoires, lelibre.lorraine dépose une plainte contre l'agent du guichet N 3 de Stan et appel tous les victimes de cette dernière à se joindre à notre cause devant la justice.