dimanche 1 mars 2026

     GÉOPOLITIQUE / GEOSTRATEGIE/   NORD - SUD / COMMENT CONTINGENTER LA JAUGE DE L'ARCHITECTURE DES PUISSANCES 

Par ces temps géopolitiquement venteux où les instances internationales issues de la Seconde Guerre mondiale sont contestées, les États-Unis restent une sidérante illustration, à grande échelle, de ce changement du monde. " pays du Nord " et " pays du Sud " les mots pour dire les inégalités sont datés et ne suffisent plus à décrire le monde. Il s'agit selon cette analyse de proposer un nouveau découpage, prenant en compte les processus récents. Il en ressort des types d'États formant trois groupes : les "précaires ", les " favorisés " et les " émergents ", ces derniers étant les plus nombreux.



L'opposition (Nord Sud) a vu le jour en 1980 dans un rapport du social-démocrate allemand " Willy Brandt 1913-1992 " : le " nord " correspondait à des ensembles dominants (États-Unis - Canada, Europe occidentale Japon et, dans une moindre mesure, Europe centrale, orientale, URSS et à leurs annexes de l'hémisphère sud " Australie Nouvelle-Zélande. Le (sud) renvoyait aux périphéries économiquement et politiquement dominées d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Cette fracture de cette époque demeure un panorama des rapports de domination géopolitique. L'irruption du phénomène d'émergence, au début des années 1990, bouscule l'ordre mondial bipartite. Diffusé par la Banque mondiale, il décrit les États autrefois dominés qui se hissent au rang de puissances mondiales ou régionales. Ainsi apparaît en 2001 l'acronyme BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), puis BRICS avec l'Afrique du Sud, pour identifier un nouveau groupe de pays où investir. Afin d'évaluer la pauvreté, deux premiers indicateurs ont ici été choisis : le taux de fécondité des femmes et la mortalité infantile ; ils sont d'autant plus élevés qu'un pays est pauvre. Pour la richesse et les inégalités, le PIB par habitant en dollars constants est l'indicateur le plus brut. On le complète par la consommation des ménages en dollars par habitant, permettant de mesurer l'accès effectif de la population à la richesse du pays et la formation du capital fixe, indiquant la capacité réelle du pays à générer des investissements. Et l'on y ajoute une dimension temporelle : 2000 - 2020. Enfin, il faut ajouter un élément composite : l'écart entre les revenus des 10% des plus riches et ceux des 50% des plus pauvres au sein de l'État. On taille ainsi une catégorisation, avec une typologie correspondante, a un découpage du monde en six classes regroupant chacune entre 7 et 54 pays sur les 151 étudiés. Pour chacune des six classes, on peut identifier un (parangon), c'est-à-dire l'État le plus typique au regard de la valeur des sept indicateurs. Trois grands profils s'anesthésient. Les pays (précaires) " classes 1 et 2 "sont dans une situation de fragilité face aux aléas. Les (favorisés) ce sont les pays des classes "classes 5 et 6 " afin de rendre compte d'une situation de richesse et de développement qui est le résultat d'un certain nombre d'héritages. Les États des classes 3 et 4 sont qualifiés d'émergents, car leurs caractéristiques sont celles que l'on retrouve au sein de ce processus : hausse de la richesse par habitant, recul des marqueurs démographique de la pauvreté, mais, maintient d'inégalités internes très élevées. Néanmoins, ce découpage représente un monde divisé non plus en trois, mais un monde en six. Ces groupes ne sont pas des (blocs), mais des catégories établies par proximité, statistique étant le reflet imparfait d'une réalité aussi crue que la mortalité infantile ou la richesse d'une population. Ils font apparaître au monde dans lequel les (favorisés) forme un club fermé jouissant d'héritages acquis dans la longue durée, dont l'antichambre comporte des périphéries, de celles de l'Union Européenne (UE) fragilisées par les crises ou récemment intégrées aux États pétroliers autrefois catégorisés au " Sud ". Parallèlement, les émergents sont un vaste ensemble, qui comprend la majorité de la population mondiale, avec partout une hausse de la richesse en moyenne, souvent mal répartie, mais qui recouvre une diversité de situation, du géant chinois à des nations enclavées moins connectées à la mondialisation. Enfin, ces recompositions géographiques de l'architecture mondiale du développement sont liées à des trajectoires nationales ou sous-continentales, à la fois sociale, économiques et politique. Elles invitent à repenser le monde dans sa diversité et sa complexité, en passant du dualisme (Nord Sud) à un système international polyfonctionnel dans la sphère géopolitique face à la polynucléarité de l'architecture des puissances.
BRICS / UN BLOC PORTEUR D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL


Un défi envers l'hégémonie des États-Unis. Après l'élargissement acté en août 2023, les BRICS vont passer de cinq à 11 membres. Choisis parmi la vingtaine de pays ayant formulé leur demande d'adhésion, les nouveaux venus comptent l'Éthiopie et l'Argentine, qui permettent au bloc de renforcer ses pôles africain et sud-américain. Tout en intégrant quatre monarchies du Moyen-Orient : trois alliés traditionnels des États-Unis, l'Arabie Saoudite, l'Égypte, les Émirats, ainsi que l'Iran, allié de la Chine et de l'Inde. La question de l'intégration de l'Algérie au sein des BRICS, repose essentiellement sur le mépris ostentatoire des émiriens, la Russie et l'Inde. Face à cette situation, ces pays n'hésitent pas à agiter le spectre des conflits au Mali (AZAWAD) le Niger et le Burkina-Faso. Dans une logique régionale et de sécurisation de son territoire, la diplomatie algérienne diffuse aussi une stratégie d'accalmie afin d'éviter toute escalade avec notamment le Maroc et le Mali. Face à cet " axe de résistance " l'Algérie, intensifient ses relais d'influences régionaux afin d'éviter une dégradation sécuritaire dans la région malgré l'ingérence des Emirats-Arabe-Unies et leurs alliées. Le groupe réunit désormais six des dix principaux producteurs de pétrole. Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et l'opposition sino-américaine, l'adhésion de ces six nouveaux membres sonne comme une victoire pour le président rouge depuis 2013. Pékin et Moscou, ont fait pression dans ce sens, tandis que New Delhi et Brasilia se sont montrés plus hésitants. Ce bloc élargi pose-t-il un défi aux États-Unis, et plus généralement à l'Occident ? Si la Chine espère faire des BRICS un rival du G7, voire s'établir comme le leader du (Sud global), on peut s'interroger sur la gouvernance de ce forum qui rassemble des régimes politiques dissemblables et des rivalités géostratégiques profondes. Entre l'Inde et la Chine d'abord, mais aussi entre l'Éthiopie et l'Égypte, sur le partage du Nil, et enfin entre les Saoudiens et l'Iran. L'élargissement du bloc marque l'éloignement de ses membres avec la puissance américaine.
LE DOLLAR AMÉRICAIN / UNE MONNAIE EN PÉRIL
 
          

Réunis du 22 au 24 août 2023, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont affirmé leur intention de créer une monnaie commune afin de défalquer leur indépendance au dollar, dans un contexte avec lequel les sanctions contre Moscou mettent en relief la centralité de la devise américaine comme levier d'une diplomatie sous influence occidentale. La prééminence du dollar, pierre angulaire du système financier international, devenu devise internationale de référence, le dollar a d'abord symbolisé l'essor économique occidental durant la période de la guerre froide et son affirmation culturelle comme monde libre, sera-t-elle en péril ? Des institutions tel le Fonds Monétaire International (FMI) incarnent les fondements de ce nouvel ordre financier fondé sur le dollar. Quand, au tournant des années 1990, la chute du mur de Berlin et l'implosion de l'URSS marquent la fin du monde bipolaire, les dernières résistances au système dollar tombent. Sa consolidation se produit alors que les États-Unis s'affirment comme l'unique super-puissance. Monnaie de réserve des banques centrales de la planète, il assure un rôle de stabilisateur financier et de facilitateur des transactions. Cette hégémonie est telle que l'on peut considérer que l'essor de puissance comme la Chine, l'Inde ou la Russie au cours des années 2000 a aussi bénéficié de la disponibilité de la devise américaine. Du moins, son usage par les établissements financiers mondiaux, publics ou privés, va de pair avec une dépendance croissante aux intérêts des américains. C'est cette mensuration politique qui est discréditée et aiguillonne certains pays à vouloir s'éloigner du dollar, perçu comme la quintessence levier de la contagion américaine. Depuis déjà quelques années, l'émergence d'une nouvelle résistance au dollar qu'illustre la multiplication des initiatives ciblant à le contourner. Si l'essor de ces alternatives a déclenché un léger déclin du dollar, sa place dans les réserves des banques centrales mondiales, passant de 64% à 57% en 2023. La devise représente toujours 89% des transactions sur le marché des échanges et 60% des facturations d'échanges commerciaux. Cela n'empêche pas d'entrevoir les prémices d'un effondrement de l'ordre monétaire mondial. Enfin, le renforcement des tensions géopolitiques et géostratégiques, l'usage croissant de certaines cryptomonnaies et l'énorme déficit commercial des américains (1177, 38 milliards de dollars en 2022 ; 779 milliards en 2023) constituent autant de signes annonciateurs d'une multipolarité financière. Entortiller contre la hausse des taux, plusieurs banques régionales américaines ont fait faillite début 2023. Après les accords de (Bretton Woods) plaçant le dollar américain au cœur du nouvel édifice financier international, cette décision s'impose en vertu de la puissance accumulée par les américains au sortir du conflit de la Seconde Guerre mondiale. 

Seul belligérant à ne pas connaitre de dommages sur son territoire, sa production industrielle a doublé par rapport à l'avant-guerre. À cette époque, les États-Unis détiennent les deux tiers des réserves d'or de la planète ; autrement dit toutes les monnaies occidentales sont alors indexées sur le dollar. Enfin, avec l'élection de Donald Trump, nous sommes en droit de nous interroger : est-ce l'avenir sombre des États-Unis qui s'annonce face aux BRICS ?

MOHAMMED CHÉRIF BOUHOUYA





mercredi 28 janvier 2026

 GEOPOLITIQUE / 

LES DEFIS DE LA MULTIPOLARITE 


Aussi chaotique qu'imprévisible, le monde globalisé du premier quart du XXI siècle est toujours plus multipolaire mais toujours moins multilatéraliste. En un sens, la mondialisation fut une dispersion. Et son héritage, même trahi, explique que les moyens de s'affirmer comme de peser sont actuellement diffus, dessinant une planète à la fois aplatie par la relativisation du poids des grandes puissances et hérissée des capacités limitées mais réelles de nouveaux acteurs. 


mercredi 21 janvier 2026

 GEOPOLITIQUE / L'IRAN  

UN CRIME CONTRE L'HUMANITE TACITURNE 


Ils tuent tout le peuple, ils tuent les enfants, les femmes et les vieillards dans le rue d'une maniéré impitoyable. Les témoignages se multiplient sur l'ampleur des massacres dans le pays des Mollahs chiites. 



Donald Trump maintient la pression à l'action militaire. Malgré des sanctions américaines et des menaces répétées, Trump temporise, freiné par plusieurs alliés régionaux, tandis que les témoignages sur la répression sanglante en Iran évoquent des crimes contre l'humanité. Trump n'a pas encore tranché le dossier iranien. La maison blanche entretient la menace d'une intervention pour faire cesser les crimes des manifestants des Mollahs, en cours depuis le début du soulèvement de la populations. Pour l'instant, Trump n'a pas transformé ses déclarations en actes. La grande question pourquoi Trump hésite -t-il autant à intervenir ?  Washington hausse le ton depuis déjà plusieurs semaines. Mais derrière les mots, le président est dans l'hésitation. A la maison Blanche, l'inquiétude de voir le conflit s'enliser est dans toutes les langues. Face à ce dilemme, le locateur da la Maison Blanche réfléchissait à une opération militaire ces derniers jours. Mais ce jeudi, le pouvoir iranien a annoncé qu'aucune condamnation à mort ne serait exécutée dans le journée. De son côté, Trump assure que les tueries ont pris fin dans le pays mais entretien le flou sur une éventuelle intervention. Et pour cause : le président américain redoute que le conflit se propage aux sein des monarchies arabes. Ce dernier, aurait indiqué à ses conseillers  vouloir porter un coup rapide et décisif au régime des Mollahs. Objectif, mettre le régime synarchique des Mollahs à terre, sans aucune possibilité de riposte. Mais ses collaborateurs l'ont prévenu, des frappes ont peu de change de faire chuter le pouvoir iranien. Quant à leur possible riposte dans la région, elle pourrait être extrêmement violente, notamment à l'égard d'Israël, allié naturel des États-Unis. Pas de quoi rassurer le président, qui depuis sa réélection ne cesse de promettre qu'il n'engage pas les américains dans de nouveaux conflits sauf pour le Canada et "le Groenland", qui sont sous drapeau américain; tout en imposant une nouvelle carte du monde;  menaçant notoirement les dirigeants de l'Union Européenne notamment "la France". D'autant que le régime des Mollahs a amassé  un véritable trésor de guerre grâce au trafic d'armes, d'or et de lingots d'or. Ces milliards issus d'activités criminelles sont ensuite blanchis et placés sur des comptes en Suisse, au Qatar et aux Emirats. Malgré les propagandes du régime, le vrai nombre de morts s'élève à 6 000 morts, toutefois sensiblement plus élevé, les bilans d'observateurs confirmant l'ampleur de la tyrannie des manifestants par le régime. Néanmoins, le président iranien prévient qu'une attaque contre le guide suprême serait une déclaration de guerre; réagissant à Trump qui a appelé à trouver un nouveau dirigeant. 



 

Il est temps de chercher un nouveau dirigeant en Iran, a déclaré le président américain auprès du site Politico. " Cet homme est un homme malade et sénile qui devrait diriger son pays correctement et cesser de tuer sont peuple, a ajouté Donald Trump en référence à Ali Khamenei, 86 ans au pouvoir depuis 1989. Pour le moment, Trump a les yeux viré sur le Groenland et comment transformer l'Union Européenne à une puissance vassale, notamment en matière de défense. 


MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA

lundi 19 janvier 2026

 GEOPOLITIQUE

TRUMP ET LE GATISME DU DROIT INTERNATIONAL 

Le monde moderne reste garrotter par l'agressivité permanente, l'arbitraire, la violence structurelle des nouveaux despotes régnant sans entraves ?  A l'ère du Trumpisme, la plus part des barrières du droit international se sont effondrées. L'ONU elle-même est exsangue. 

dimanche 11 janvier 2026

 GEOPOLITIQUE DE l'IRAN 

SENESCENCE D'UNE PLOUTOCRATIE 


Si l’islam est né d’une expérience fondatrice reconnue par tous les musulmans, laquelle a donné naissance aux références fondamentales pour le Croyant que sont le " Coran et la Sunna", cette religion doit prendre sa source des deux piliers qui sont le Coran et la Sunna. En effet, il n’existe qu’une seule et unique manière d’être musulman, dans la mesure le Coran n’a désigné aucune autorité spirituelle pouvant légitimer un clergé vertical et centralisé, auquel le fidèle devrait obéir, mais a conféré à la Communauté des Croyants ( la Oumma) et à l’individu la responsabilité de vivre La révélation.  

vendredi 9 janvier 2026

   

GEOPOLITIQUE

VENEZUELA / ETATS-UNIS

HOLD UP AMERICAIN SUR LE PETROLE 


La politique du deal, le retour de la gouvernance du monde par Trump, le retour de la doctrine Monroe, la paix par la force et l'instauration du nouveau gendarme du monde; Et la fin du droit international. La prééminence américaine ne cesse de fulminer le monde entier. 
    


REGARD

Au pouvoir depuis dix ans, Nicolas Maduro qui regroupe les principaux partis d'opposition, se sont accordés sur une feuille de route électorale. Le texte signé en octobre dans l'ile caribéenne de la Barbade, prévoit que la présidentielle se tiendra au second semestre 2024, en présence d'observateurs étrangers. Au lendemain de la signature de cet accord, les États-Unis annonçaient la levée partielle et immédiate des sanctions économiques contre le Venezuela, qui avaient été décrétées en 2015 et renforcées en 2019. Le pays peut désormais vendre du pétrole, du gaz et de l'or. Les échanges de dette et de bons souverains vénézuéliens sont autorisés, mais les avoirs vénézuéliens aux États-Unis restent gelés. Décrétée pour une période de six mois renouvelable, la fin des sanctions américaines est une bouffée d'oxygène pour l'économie nationale, dévastée par une décennie de dramatique récession. Plus de 9 millions de Vénézuéliens, soit un quart des habitants du pays, ont émigré. Le flux ne tarit pas, malgré la fragile reprise économique entamée en 2022. La libéralisation de fait de l'économie, la dollarisation des salaires du secteur privé et les transferts monétaires effectués par les migrants estimés à 3 milliards de dollars annuels, soit 2,8 milliards d'euros ont dynamisé la consommation. Mais la récupération du pouvoir d'achat est restée limitée. Et les investissements privés n'ont pas suivi, freinés par l'insécurité juridique, la pression fiscale, la déficience des services de base et des transports. Les salaires des fonctionnaires, libellés en bolivars dévalués, sont devenus dérisoires. En janvier, les professeurs, rejoints par les retraités et les travailleurs des entreprises publiques, sont descendus massivement dans la rue pour exiger une amélioration de leurs conditions salariales. Le salaire minimum qui n'a pas augmenté depuis mars 2022 est officiellement de 130 bolivars par mois, soit 3,40 euros. Privé de financement international, le gouvernement a fait voter en juillet une loi de " coordination des compétences fiscales entre l'État et les collectivités locales" pour améliorer le recouvrement des impôts. Le FMI maintient une prédiction de croissance du PIB de 4% et une inflation à 250% pour 2023. Sur les huit premiers mois de l'année, la production de brut a augmenté de 7,5% pour atteindre en moyenne 78000 barils par jour. Cette légère augmentation s'explique par la dispense concédée, depuis 2022, par le trésor américain à l'entreprise " Chevron" pour vendre du pétrole produit en association avec l'entreprise publique  "Petroleos de Venezuela SA ( PDVSA )." Mais à cause des sanctions  qui le frappent, le Venezuela a vendu son pétrole avec de fortes décotes et, du fait de la dégradation de ses raffineries, a continué d'importer de l'essence, essentiellement d'Iran. Automobilistes et transporteurs font parfois la queue pendant plus de soixante-douze heures pour effectuer un plein. Le 20 mars, le ministre du pétrole, démissionnait afin de soutenir une enquête ouverte par le parquet pour " corruption au sein de PDVSA." Deux mois plus tard, la justice confirmait avoir arrêté quarante-trois personnes. Le montant des fonds détournés atteindrait 21 milliards de dollars. 

MADURO DETOURNE OR, DIAMANTS, COLTANT ET BAUXITE



Le président a manger son blé en herbe, et pour contrer l'effondrement de ses revenus pétroliers, le Venezuela a développé depuis 2016 l'exploitation des ressources de l'arc minier de "l'Orénoque", dans l'Est amazonien. L'extraction de l'or, des diamants, du coltan et de la bauxite s'y fait dans l'opacité la plus totale et hors de tout contrôle. Maduro, qui se dit désormais préoccupé par la présence de groupes armés et de trafiquants étrangers, a dépêché l'armée pour lutter contre l'extraction minière illégale. Dans le cadre de l'opération dite  "Bouclier bolivarien", les militaires affirment avoir démantelés 260 camps et fermés des dizaines de pistes d'atterrissages clandestines. Le 12 septembre, l'armée était également déployée pour reprendre le contrôle de la prison de "Tocoron", devenue le centre d'opération du gang dit du " Train d'Araguas", à 140 kilomètres de Caracas. Vieux de 180 ans, le litige frontalier avec le Guayana voisin pour le contrôle de l'Essequibo a refait surface. Le Venezuela réclame cette région de 160 000  kilomètres carrés, couverte de forêt tropicale mais infiniment riche en pétrole et en minerais. Caracas voudrait négocier une solution pacifique, mais le Guyana considère que seule la Cour internationale de justice est compétente pour résoudre le différend. L'Essequibo est l'un des rares sujets sur lesquels les Vénézuéliens sont d'accord. Maduro le sait, qui, le 3 novembre, organisait et gagnait un référendum : à plus de 95%, les électeurs ont approuvé l'annexion de l'Essequibo. Les observateurs considèrent que le président Maduro joue la carte nationaliste par calcul électoral et jugent peu probable un conflit militaire. Mais l'opposition craint que le pouvoir n'utilise cette tensions pour décréter l'état d'urgence et suspendre l'élection de 2024. En attendant, Londres a envoyé fin décembre un navire militaire au Guyana et, en réponse, Caracas a mobilisé des milliers de soldats. Depuis, l'intervention militaire américaine déclenchée par Trump dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 marque un tournant brutal dans l'histoire contemporaine du Venezuela et, plus largement, dans celle des relations internationales. Par ailleurs, Trump revendique une tutelle américaine sur le Venezuela, tout en affirmant vouloir intervenir les grandes compagnies pétrolières américaines pour générer des revenus pour le pays. Une déclaration qui réactive les critiques historiques sur l'ingérence américaine en Amérique Latine et sur l'exploitation des ressources naturelles comme moteur géopolitique. Le Venezuela a dénoncé une agression militaire et une tentative de guerre coloniale. Aucun cadre juridique international ne permet à un État d'enlever le chef d'un autre État par une opération militaire de grande ampleur ? Enfin, l'hégémonie Trumpiste place le pays sous tutelle, et toute la région sous tension. Et, au delà du Venezuela, ce sont d'autres pays comme Cuba, la Colombie, le Mexique, le Nicaragua, le Pérou, la Bolivie, l'Equateur, l'Iran et le Danemark  "Groenland", qui seront dans la sphère d'influence de Donald Trump. Sachant que les américains ont déjà plantés leur drapeau au Groenland depuis 1951. 

LES ETATS-UNIS / NAISSANCE ET PREEMINENCE 



Comment les États-Unis ont élargies leur territoire. Les États-Unis sont  indépendant des Anglais en 1776, aprés cela, ils ont chercher à étendre leur territoire vers l'Ouest. En 1803, ils ont acheter la Louisiane à la France pour 15 millions de dollars. En 1819, ils saignèrent le Traité " Adam Onis" avec l'Espagne. Par ce traité, l'Espagne céda la Floride aux États-Unis et ses derniers assuma des réclamations pour 5 millions de dollars. En 1836, le Texas déclara son indépendance vis -à -vis du Mexique et en 1845, il est annexé a son territoire. En 1846, ils signa le Traité de " l'Oréon" avec le Royaume-Unis divisons le territoire le long du quarante Neuvième parallèle, la partie Nord reste Britannique et la partie Sud revient aux États-Unis. En 1846 et 1848, les américains entre en guerre contre le Mexique. Après leur victoire, grâce au Traité de " Guadeloupé Hidalgo "ils optèrent pour la moitié du territoire du  Mexique et versant 15  millions de dollars de compensation au Mexique. En 1867, la Russie venda l'Alaska aux américains pour 7,2 millions de dollars, l'une des acquisitions les plus rentable de leur histoire. Enfin, en 1898, les américains annexa Hawaï aprés que des hommes d'affaires américains eurent soutenues le renversement du Royaume Hawaïen en 1893. Sachant que au fil de l'histoire,  Les États-Unis, depuis leur existence ont commencer d'abord par le génocide des amérindiens, et ils ont menés 500 guerres à travers le monde et plus de 75  coup d'État. 

L'INTELLECTION AMERICAINE DU MONDE : DE WOODROW WILSON A DONALD TRUMP 

La clé du positionnement international des États-Unis réside dans l'exceptionnelle rapidité de leur ascension. Entre  ( 1776-1976 ), date du bicentenaire de leur révolution, ils sont devenus la première puissance mondiale. Pour Donald Trump, cet anniversaire offrait un moment pour regarder longuement en arriéré et, plus important encore un moment pour regarder en avant, une chance de rallumer l'esprit qui en deux cents ans a fait de quelques colonies dépendantes la nation la plus forte du monde. Mais à quel prix ? John Winthrop ( 1588-1649 ) avait fondé le Massachusetts. Les colons britanniques étaient des puritains décidés à conquérir un nouveau monde par leur foi. Un monde nouveau et distinct du vieux Continent. Comme lisère l'historien " Pierre Mélandri",   "l'Amérique est née de cette conviction d'incarner une expérience à la fois universelle et unique en charge d'un destin théologique, ce qui explique la dualité de son identité." Elle affirme la suprématie de son modèle politique, mais répugne, en raison de son unicité, aux engagements extérieurs susceptibles de la détourner de son dessein. Et pourtant, le succès de sa mission historique dépend d'une expansion continue. La dialectique entre isolationnisme et interventionnisme , qui caractérise la politique étrangère américaine, plonge ses origines au sein de cette matrice identitaire. La politique étrangère américaine repose sur un systeme de croyance et d'intérêts, résumé par la formule de " Thomas Jefferson ( 1743-1826 ) " Vertu et intérêt ne pouvaient être séparés." S'enrichir dans le monde terrestre est un signe d'élection divine, qui légitime les pulsions expansionnistes. De la volonté d'enrichissement à la prédation justifiée, il n'y a qu'un pas. Pour mémoire, l'émancipation des esclaves noirs ne devint effective qu'au terme de la guerre de Sécession ( 1861-1865 ); la discrimination radicales rongent toujours le corps social américain. Premier président des États-Unis ( 1789-1797 ), George Washington veille à tenir la jeune République à l'écart du tumulte européen pour suivre son destin? En rompant avec les puissances européennes, les américains entendent décider seuls de leur errement et de leurs intérêts sur le continent américain. C'est bien le sens de la doctrine présentée en 1823  par James Monroe ( 1758-1831 ), qui inspire la politique étrangère américaine jusqu'à la première Guerre mondiale. Elle considère comme un acte hostile toute intervention de puissance européenne contre l'indépendance des États Latino-américains et, simultanément, renonce à toute intervention des États-Unis en Europe. Cette déclaration révèle l'exceptionnelle confiance en elle de la jeune république, qui parvient son pré carré. Vingt-sixième président des Etats-Unis et adepte de la politique du "adipeux chevillon", c'est-à-dire du recours ponctuel aux interventions militaires, "Theodore Roosevelt ( 1858-1919) présente une séquelle à la doctrine de Monroe" en affirmant le droit des États-Unis à s'impliquer directement dans les affaires Latino-américaine. Entre 1898 et 1920, les marines américains interviennent vingt fois, évincent l'Espagne de Cuba et des Philippines et prennent le contrôle de Panamá. Le canal, franchi pour la première fois en 1914, accentue la centralité géoéconomique des États-Unis grâce à leur deux façades océaniques. Au cœur de leur puissance se trouvent les marines marchande et militaire, les américains faisant de la liberté des mers un des principes fondamentaux de leur politique étrangère. Leur entrée en guerre en 1917 renverse un ordre séculaire; désormais, se sont les États-Unis qui vont en Europe afin de définir les règles du jeu international. En menant une guerre sous-marine à outrance dans l'Atlantique, l'Allemagne oblige les États-Unis à prendre parti. En 1917, les États-Unis passent du statut de débiteurs à celui de créanciers nets, ce qui annonce une concurrence ainsi présentée par Woodrow Wilson ( 1856-1924 ). Ce dernier incarne une diplomatie morale reposant sur des principes universels de paix et de justice, Ses "14" point, exposés lors de la conférence de Paris, méritent une attention particulière dans la mesure où ils ponctuent la diplomatie américaine pendant plusieurs décennies. Retenons les cinq principes généraux :( diplomatie ouverte par opposition à la diplomatie secrète, liberté absolue de navigation, suppression des barrières commerciales, réduction des armements et réponse aux revendications coloniales.)  De quoi perturber les pratiques diplomatiques des puissances européennes, qui n'entendent pas encore renoncer à leurs colonies. Un autre élément, bien moins visible, mérite aussi attention : l'entrée en guerre favorise l'apparition des militaires dans l'appareil politique américain, formant l'embryon d'un complexe militaro-industriel, qui ne cessera de se développer. Grace au dollar, les américains encouragent les entreprises à investir massivement à l'étranger : sur le Vieux Continent, elles diversifient leurs activités et dominent certains secteurs d'activités; en Asie, elles s'implantent en Chine sans contrainte et nouent des partenaires avec le gouvernement japonais; en Amérique Latine, elle dirige directement la politique financière des principaux pays; au Moyen-Orient, elle ouvre des zones d'explorations pétrolières, jalousement gardées par Londres et Paris. En 1929, les Etats-Unis assurent 40%  de la production industrielle mondiale et détiennent" 50% des réserves mondiales d'or." A la différence de l'aprés-Premiére Guerre mondiale, les américains deviennent, tout de suite, " le premier citoyen" de cet ordre, exerçant un fort leadership en défendant leurs alliés, en assurant la stabilité économique et en promouvant les valeurs du ( monde libre ) par opposition au bloc communiste. C'est dans le domaine de la sécurité que le changement de pied des États-Unis est le plus visible avec la création d'un réseau d'alliances sur quatre continents : Le traité de Rio avec vingt pays d'Amérique du Sud ( 1947); le traité de l'Atlantique nord ( 1949); les traités avec le Japon, les Philippines, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ( 1951) et le Corée du Sud ( 1953); le traité de l'Asie du Sud-Est ( 1954) et le traité de défense mutuelle avec Taïwan ( 1954). A cela s'ajoute, un partenariat avec l'Arabie Saoudite qui autorise l'accès aux ressources pétrolières contre une garantie de sécurité accordée a la monarchie. Parallèlement, les États-Unis entretiennent des liens solides avec Israël en lui apportant aussi des garanties de sécurité dans le cadre d'une coopération approfondie, depuis ca création par le président Harry S. Truman et Staline. Enfin, le déclin de l'empire américain dans un monde multipolaire, les États-Unis sont soumis à plusieurs gluaux : une désindustrialisation liée à la mondialisation, une violente accentuation des inégalités sociales, une forte dépendance aux capitaux étrangers, un niveau élevé d'endettement, une montée en puissance de la Chine et une érosion du système du dollar. Les chiffres ne manquent pas pour illustrer la vigueur économique des États-Unis dont le RNB " revenu national brut" s'élevait à 18 968 milliards de dollars en 2016 et à 58 700 dollars par habitant. Avec une population de 326 millions d'habitants, Il considèrent que leur conception du droit, en raison de ses principes fondateurs comme de la réalité des affaires, a une valeur supérieure aux législations nationales et au "droit international". Autre point primordial, l'utilisation délibérée de certains pans extraterritoriaux de leur législation justifie une forte mobilisation des services secrets à travers le monde avec  la complexité directe du Mossad Israélien.  

  


En revanche, Trump affiche une prédation planétaire afin d'échapper au scandale d'Epstein qui le range et qui le pousse vers une fuite en avant. Enfin, si Trump continue d'exercer cette prédation à travers le monde, soit le pays  s'embrase de l'intérieur, soit ont va tout droit vers une troisième guerre mondiale. 



MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA 

lundi 22 décembre 2025

 GEOPOLITIQUE -GEOSTRATEGIE 

L'UNION-EUROPEENNE /  RUSSIE :  LES ULTIMES SOUBRESAUTS 


Une guerre juste, est une guerre légitimée par ses fins. Repensée récemment par le philosophe américain " Michaël Walzer 1935-1999" dans une perspective à la fois pragmatique et humaniste. Selon lui, le caractère juste d'un conflit doit transparaître dans ses motifs, son déroulement et enfin dans le règlement de la paix. 



D'abord, on ne doit recourir à la guerre qu'en dernier ressort quand il apparaît certain que les autres solutions ( blocus, sanctions commerciales, provocations, complotismes, menaces de guerre, ingérence... ) sont vouées à l'échec. Plus délicat encore, Walzer précise que la justesse du combat repose sur le fait que la probabilité du succès doit être supérieure aux dommages matériels et aux pertes humaines qui auraient eu lieu sans intervention, sachant que la Russie et la France possèdent un arsenal nucléaire de haute technologie. La guerre juste se révèle représentative de l'évolution des valeurs suprêmes d'une société, celles pour lesquelles on se dit prêt à mourir, où à tuer. Car la guerre juste reste une guerre; elle la justifiée, elle décrit l'adversaire comme un être qu'il est légitime de combattre, elle peut même le faire douter. Elle additionne ainsi l'efficacité du Hard power et du Soft power.


L'UNION EUROPEENNE FACE AUX DEFIS A LA GUERRE 

L'Union européenne s'est longtemps refusée à se penser, comme un acteur stratégique extérieur de sécurité commune. Néanmoins, elle n'est pas mortelle et elle ne peut pas mourir face aux défis existentiels. Les mots du président Macron dans son discours à la Sorbonne voulaient rappeler les défis fondamentaux auxquels les 27 doivent faire face? Et au même temps, il se voulait fondateur d'une Europe souveraine et protégée , surtout devenir une Europe puissante, y compris sur le terrain géostratégique ( A l'heure des prédateurs, il faut être fort pour être craint , disait Emmanuel Macron ).  Immense et prospère un marché de plus de 500 millions de consommateurs, l'Union Européenne misait avant tout sur son économie et la force de la norme qu'elle peut imposer grâce à l'étendue et la richesse du marché unique, mais pas sur celle des armes. La seule tentative fut, au début des années 1950, le projet d'une Communauté européenne de défense voulue par la France et refusée finalement par celle-ci sous les votes conjugués des gaullistes et des communistes. Dés lors, la sécurité du Vieux Continent fut déléguée à l'OTAN. Toute véritable réflexion sur la défense européenne était difficile en ce qu'elle impliquait une crispation dans les relations avec les Etats-Unis et l'OTAN. Le choix de De Gaulle de quitter le commandement intégré pour affirmer la différence d'une France allié des Etats-Unis mais non alignée resta isolé. L'affirmation d'une Europe puissante passe bien par la maitrise du contrôle des frontières de l'Union que par les investissements en commun dans l'innovation, les nouvelles technologies, l'intelligence artificielle et la décarbonation afin d'éviter un décrochage. Mais le contexte actuel, les enjeux de défense sont essentiels. Pour la paix, pour les actions extérieures, avec une dimension militaire qui fournit les armes à l'Ukraine, ou le Fonds européens de défense, pour poser les bases d'une industrie de défense commune. Mais ce ne sont que des ébauches, et les États conservent la main. Néanmoins, la question qui se pose jusqu'où va l'Europe dans monde au bords du chaos ? Selon qu'on la considère avant tout comme un espace continental, une civilisation ou un projet géopolitique, la réponse sur les limites de l'Europe n'est pas le même. Une réflexion sur ce qui doivent être les frontières de l'Union devient de plus en plus urgent alors même qu'elle doit affirmer sa souveraineté voire sa puissance. Géographiquement, le continent européen n'est qu'un petit cap occidental d'une immense Eurasie. A l'Ouest, l'Atlantique et, au nord, le pôle. Au sud, la Méditerranée, le berceau d'un empire romain qui s'étendait sur ses deux rives et fut le creuset de la civilisation européenne. Mais à l'est, les limites sont loin d'être évidentes. Définir l'Europe ne va pas de soi. Les récurrentes polémiques sur ce que pourrait être son identité rappellent que l'histoire est à cet égard un terrain miné. Au nom de la Laïcité française, Jacques Chirac avait obtenue que la référence à ses racines chrétiennes soit ôtée du préambule du traité constitutionnel. Durant la guerre froide, tout était simple: L'Europe se structurait face à la menace soviétique sous protection otanienne. Elle intégra ensuite les pays du sud du Continent libéré des dictatures et les scandinaves. Puis les ex- démocraties populaires. Depuis, tout se complique. Jusqu' où peut se poursuivre ce processus d'élargissement qui, pendant des années, fut du sommet de Copenhague en 1993,  les Européens fixèrent des règles démocratiques et économiques pour les impétrants. Mais prétendre que tout pays respectant ces critères a vocation à l'adhésion mettrais fin à l'Union comme projet géopolitique. D'où la recherche d'autres formes d'associations, comme la Communauté politique européenne lancée par Emmanuel Macron en 2022. Néanmoins, la guerre a été un accélérateur de la route vers Bruxelles aussi pour la Moldavie et aussi pour la Géorgie, si elle reste dans le giron prorusse. Le risque est d'alimenter un ressentiment croissant dans les dix pays des Balkans occidentaux qui, tels la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine mais aussi la Serbie, le Kosovo et l'Albanie, frappent à la porte ou patientent depuis des décennies dans l'antichambre. L'Union se doit préparer à terme un inévitable nouvel élargissement, ce qui impose une profonde réforme de son fonctionnement et un assouplissement des règles imposant l'unanimité sur des sujets cruciaux. Il faudra penser à des garde-fous pour éviter que ces pays, une fois entrés dans l'Union, ne remettent ensuite en cause, comme la Hongrie du dictateur Orban, certaine des fondements de l'Etat de droit et ne se transforment en démocraties illibérables. Après, "ce qu'on' a perdu par les flammes et les armes, ont peut les récupérer dans les cendres". Si Paris et Berlin estiment l'un et l'autre que l'Ukraine doit rejoindre l'Union tout en appuyant l'ouverture des négociations, ils restent divisés sur le délai et l'adhésion à l'OTAN, notamment pour Berlin qui reste timoré. Ces divergences de fond, même masquées par un langage diplomatique de circonstance, affaiblissent toute l'Union alors même qu'elle aurait besoin d'un leadership fort que Paris et Berlin ne peuvent incarner qu'ensemble. Première puissance européenne aussi bien démographiquement que politiquement, l'Allemagne n'a ni la volonté ni la légitimité pour le faire seule. La France en la vision et l'ambition mais elle n'en a pas la crédibilité, en raison d'un endettement qui dépasse désormais les 3 000  milliards d'euros. La relation franco-allemande, parce qu'elle semble aller de soi depuis maintenant trois quarts de siècle, est en outre menacée par une indifférence réciproque croissante. Pour la première fois en France, un chef d'Etat major, a tenu un discours devant les maires de France afin de sensibiliser les élus et les Français sur une guerre imminente qui défie le continent par les russes; et que la population doit se préparer à un risque potentiel qui se redessine à l'horizon. Au Royaume-Unis, le ministre de la défense a également mis en garde la population contre un danger de conflit de la part de la Russie tout en citant aussi les menaces et les attaques de la Chine a travers les sabotages des câbles sous-marines, cyber-, espionnage et autres; tout en incitant la population à se préparer aux menaces des conflits. De l'autre coté de l'Atlantique, Donald Trump, a menacer ses rivaux au Congrès de les décapiter, une réaction inattendue par les américains; cette menace est perçue comme une façade cachée  d'une Amérique incontrôlable aux menaces multiples et diffuses et surtout plus complexe et incertaine sur la politique de Donald Trump. En somme, ont assiste à une Amérique démantibulée au bord d'un flamboiement généralisé.    

LA RUSSIE N'EST PLUS UNE SUPERPUISSANCE

Si la superficie était le seul critère, la Russie serait incontestablement une superpuissance comme elle le fut entre 1945 et 1991. Certes, elle demeure une puissance majeure, détentrice d'un arsenal  égal à celui des Etats-Unis. Mais ces attributs sont aussi un trompe-l'œil. Sa population de 145,5 millions d'habitants est en déclin constant et le pays, hors des grandes villes et l'Ouest, est presque vide. Le PIB russe varie selon les années entre celui de l'Espagne et de l'Italie, notamment en fonction du cours des hydrocarbures, sa principale entrée budgétaire. L'Economie russe est en grande partie une économie de rente fondée sur les matières premières, même si elle exporte des produits stratégiques comme le pétrole, le gaz, le blé mais aussi le nucléaire civil et l'armement. L'exploitation de ces atouts géoéconomiques a permis la résurgence russe aprés les années 1990, celles de " Boris Eltsine", à la tête d'un pays en déroute devenu une puissance pauvre. Arrivé au pouvoir, Vladimir Poutine a incarné ce sursaut mené d'une main de fer aussi bien sur la scène intérieure, en rétablissant la verticale du pouvoir, que dans l'arène internationale, où la Russie a en partie retrouvée son rang par son régime de nuisance. L'ex- puissance colle au destin d'un pays dont les frontières n'ont cessée de bouger. Un dilemme unique dans l'histoire européenne, l'empire s'est effondré deux fois ( en 1917 et en 19991 ) et reconstitué deux fois en cent ans. Il était à son apogée en 1914 et en 1945 et, dans les deux cas, mordait largement sur l'Europe. L'impératif d'une frontière épaisse, c'est-à-dire avec une zone tampon le plus large possible pour se préserver des influences occidentales, est une constante du régime russe, le cas de l'Ukraine ? Autres priorités de Poutine, il se pose avant tout en rassembleur du monde russe orthodoxe en englobant la Russie blanche, l'Ukraine voire à terme les régions limitrophes où vivent des minorités russophones. Mais il tente aussi de reprendre la main sur tout notamment l'espace ex- soviétique. La neutralisation de l'Ukraine devait être un moment clé de cette stratégie, sans pour autant oublier les églises orthodoxes a travers l'Europe qui se sont transformées en véritable nid d'espionnage. Depuis quelques décennies, ont assistent a l'instrumentalisation de la religion quelques sois la confession ( Hindous, musulmans, chrétiens etc..).  En d'autres termes, l'ensemble des croyances qui relient l'homme à l'au-delà par l'intermédiaire de cultes assurés par de saints hommes. Quand ces derniers s'organisent en un clergé structuré, se forme une Eglise qui devient un acteur majeur de la géopolitique. Les religions se comportent elles comme des réseaux transcendant les territoires? Sans doute certaines, généralement évangélistes et le catholicisme, terme qui signifie justement " universel". Elles n'y réussissent pourtant qu'imparfaitement, le centre de gravité du catholicisme restant en Europe et celui de l'Islam dans le monde arabe, à la Mecque. Par ailleurs, d'autres croyances s'identifient à une notion et à un territoire précis dont elles ne cherchent pas à déborder : ainsi le shintoïsme ou, dans une certaine mesure, le christianisme orthodoxe. Dans ce cas, la religion entretient des liens puissants avec le pouvoir politique. Les religions sont-elles redevenues, aprés une éclipse partielle, l'un des acteurs privilégiés de la géopolitique? Beaucoup de conflits qualifiés de religieux dissimulent des luttes entre peuples et nationalités comme en Irlande : ici les protestants descendant des colons anglais ou écossais s'opposent aux catholiques autochtones. Les affrontements entre Croates et Serbes ou autre Azéris et Arméniens ne visent pas la conversion de l'autre, mais le contrôle de terre considérées comme nationales.  Plus que le fondement ultime des affrontements géopolitiques, le religion lui parait une justification des diverses revendications territoriales " le cas de l'Inde, la Chine, la Birmanie  avec les minorités musulmanes, un génocide silencieux". A une autre échelle, S. Huntington " 2007" a popularisé l'idée selon laquelle les grandes ères géoculturelles correspondraient aux principales religions mondiales; elles ont façonné les représentations collectives et contribué à différencier les grandes civilisations qui, à ses yeux, restent irréductibles " voire le choc des civilisations". Pour lui, l'ancrage territorial caractérise les religions; elles fondent l'identité et la diversité des peuples, même quand elles prétendent incarner la totalité de l'humanité. Cependant, plusieurs analystes ne partagent pas la vision de Huntington ? Par ailleurs, s'il y aura un conflit de haute intensité entre l'Union et la Russie, le bilan sera catastrophique pour la Russie en raison de ses pertes évaluées fin 2024 à prés de 200 000 hommes, sans négliger plus d'un million de Russes pour la plupart jeunes et bien formés ont quitté la Russie.  Mené pour bloquer la marche vers l'est de l'OTAN, le conflit a eu pour effet de précipiter l'adhésion à l'alliance atlantique de pays longtemps neutres comme la Suède, la Finlande, la Norvège. la Baltique est devenue un lac otanien et la mer Noire est en passe de l'être. Poutine peut juste se prévoir de la résistance de l'économie russe aux sanctions internationales mais aussi d'avoir évité l'isolement diplomatique. S'il est proscrit en Occident, il ne l'est pas aux yeux de la Chine, de l'Inde et pour nombre de pays du Sud global. Enfin, on peut poser la question sur les nouveaux Maitres du monde où qui détient la puissance? Depuis les Lumières, le pouvoir politique en était devenu le dépositaire exclusif sous la forme de l'Etat-nation. Il s'affranchissait du pouvoir spirituel, il s'imposait aux lignages et aux clientèles, il encadrait les forces économiques et sociales. Aujourd'hui, la prédominance de l'État- nation semble remise en question par la mondialisation, le retour du religieux, le développement des mafias et l'émergence d'une société civile mondiale. La puissance est-elle encore du côté des nations et des territoires où est-elle encore entre les mains des réseaux ? 

ENNEMI ET RISQUE POTENTIEL / L'EFFROI DU MONDE


Est-il primordial de définir ce qu'est l'ennemi ? Le concept est tellement consubstantiel à la culture historique qu'il peut sembler naturel, d'autant que la vision binaire du monde qu'il sous-entend eux et nous est séduisante dans sa simplicité. Pourtant, cette notion négative se révèle, en définitive, extrêmement constructive. C'est ce que prétend Carl Schmit dans sa théorie du politique : le rôle de l'État par rapport à la société, dit-il est de désigner l'ennemi. L'ennemi, à son tour, désigne la nation. De la nation émane l'État. Il y a là un systeme parfait qui sous-entend un lien symbolique entre la nation et l'ennemi. L'ennemi serait donc nécessaire à la nation. Une communauté ne peut se définir exclusivement en positif. Il lui faut un négatif. La notion d'ennemi n'est pas une notion circonstancielle : une nation n'est pas l'ennemi d'une autre à cause d'un objectif pour lequel elles sont en concurrence; ce que peut être la cause réelle de la conflictualité du moment, mais parce que l'ennemi est autre. D'où la permanence du discours sur l'ennemi qui cherche à le dévaloriser, le déshumaniser, le construire. L'ennemi n'est pas seulement celui qui ne peut être ami, il est aussi l'adversaire, celui qui est de l'autre côté, sous-entendu de la frontière ou de la ligne de front et l'antagoniste est celui à qui nous nous mesurons. Pendant longtemps, les ennemis étaient voisins. Les guerres étaient alors menées entre gens qui se ressemblaient et qui devaient aussi du coup exagérer leurs différences. Les pires accusations faites à l'encontre d'ennemis l'ont d'ailleurs été envers les ennemis de l'extérieur, l'étranger autochtone, ce qui explique la violence extrême des guerres civiles. La mondialisation des conflits et des intérêts, la capacité technique à projeter la puissance militaire loin de chez soi, a changé cet état de fait. L'ennemi est moins identifié, plus multiforme. Mais le discours pour le disqualifier et expliquer l'inimité est resté la même, sans doute plus crédible pour les peuples qui l'entendent, l'étrangeté de ces ennemis Lointains renforcent encore la peur et le rejet qu'ils inspirent. Ce jeux dangereux de représentations n'est pas fatal. La France et l'Allemagne ont montré la voie de ce que peut être, entre deux nations, le renoncement à la confrontation, ce qui n'empêche pas la compétition par ailleurs. En clair, l'ennemi est celui contre lequel nous nous battons ? Concernant les risques au sein de notre monde, je désigne ici clairement la potentialité d'un danger, suite à une situation, une activité où une incertitude. La sécurité a toujours été la préoccupation majeure des sociétés humaines et toutes ont évolués dans la confrontation à un sentiment de menace, cherchant des solutions organisationnelles, structures sociales et politique ou techniques, y compris par le développement de leur puissance et de leurs armements. Un autre constante a été de chercher à les anticiper. Paradoxalement, ces réponses techniques et politiques constituent elles-mêmes de nouvelles menaces. Depuis les années 1960, a émergé un discours de dénonciation des risques technologiques issus de la menace nucléaire et des atteintes à l'environnement, dont l'un des avatars aujourd'hui est le principe de précaution qui peut exposer au risque de l'inaction. Sur le plan géopolitique et géostratégique, la fin de la guerre froide est perçue comme l'aube d'un monde indémontrable aux menaces multiples et diffuses. D'une manière générale, un monde plus alambiqué est un monde plus indiscernable. La mondialisation est aussi une mondialisation des fulminations. La rapidité des déplacements entraine celle des épidémies comme des vecteurs de frappe militaire. IL existe aussi des risques en principe moins létaux, ceux de l'économie, qui obligent les responsables politiques et économiques à des décisions rapides dans un environnement imparfaitement compris. Plus encore, l'impératif d'anticipation est encore plus grand, comme le montre le développement de la veille politique et technologique des États et des multinationales intéressées elles aussi à une bonne anticipation des risques. Mais plus l'impératif de maîtriser des évènements est grand, plus son échec le renforce ? Enfin, comme l'ennemi, le risque est cependant utile, pour forcer les sociétés à évoluer, pour renforcer le contrôle social, militaire et économique. Par ailleurs, au moment où l'on assiste au glissement du centre économique et politique du monde vers l'espace asiatique et de l'Atlantique vers le Pacifique, cette représentation aide à comprendre le positionnement de la Chine sur le scène internationale. 



Le phénomène de la mondialisation et les délocalisations économiques qui l'accompagnent peuvent rendre la notion du centre plus diffuse et constituer à plus ou moins grande échelle et à long terme une modification radicale du paradigme. Sachant que les tendances actuelles au repli sur soi peuvent contredire cette évolution ?


MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA