dimanche 11 janvier 2026

 GEOPOLITIQUE DE l'IRAN 

SENESCENCE D'UNE PLOUTOCRATIE 


Si l’islam est né d’une expérience fondatrice reconnue par tous les musulmans, laquelle a donné naissance aux références fondamentales pour le Croyant que sont le " Coran et la Sunna", cette religion doit prendre sa source des deux piliers qui sont le Coran et la Sunna. En effet, il n’existe qu’une seule et unique manière d’être musulman, dans la mesure le Coran n’a désigné aucune autorité spirituelle pouvant légitimer un clergé vertical et centralisé, auquel le fidèle devrait obéir, mais a conféré à la Communauté des Croyants ( la Oumma) et à l’individu la responsabilité de vivre La révélation.  

Il y eut donc rapidement discorde sur l’autorité devant s’exercer dans la Oumma et sur son rôle. Ainsi, l’islam se divisa dès le VII siècle en différents courants religieux, dont les principaux sont le sunnisme, le chiisme et le kharidjisme. Après la mort du Prophète, les problèmes de succession ne prirent pas des formes violentes et le choix des dirigeants semble avoir été bien accepté par tous les musulmans, Abou Bakr, fut le premier calife et se trouva élevé par la Oumma au rang de représentant de l’Envoyé de Dieu d’où calife. En effet, le chiisme est à l’époque de la Fitna, lorsque se sont posés des problèmes d’autorité sous le califat d’Ali. Les membres du parti d’Ali tenaient au principe dynastique, réservant le califat à la prospérité du Prophète, c’est-à-dire à Ali et à ses descendants, en claire une monarchie semblable aux monarchies du Golfe les familles règnent en maître et sans partage avec le peuple, ce qui n’est pas le cas de l’islam. Si aucun musulman n’a jamais fortement contesté l’idée qu’aucune autorité proprement cléricale ne peut s’établir dans la Oumma, certains ont, en revanche, l’idée qu’une véritable autorité spirituelle et temporelle avait pu être transmise légitimement par le Prophète à un successeur désigné;  C’est la position des partisans d’Ali ( les chiites) cousin et gendre du Prophète . Comme cela a été dit plus haut, rien dans le Coran tel qu’il a été constitué et révélé jusqu’à nos jours ne permet de soutenir une telle thèse. Sachant que du vivant d’Ali, l’on rencontra une telle vision des choses avec la secte des (Sabaiiya) fondés par Abd Allah Ibn-Saba (VII siècle), que l’on dit avoir été un Juif de Koufa islamisé. Pour Abdallah Ibn-Saba, Ali était une émanation du Divin, il était monté aux cieux et reviendrait comme Mahdi à la fin des temps. Malgré les efforts d’Ali pour l’éradiquer, cette conception émanationniste existera tout au long de l’islam ; et durant le califat d’Ali, il assassinait tous les partisans du chiisme le considérant comme l'incarnation de Dieu sur terre . Au fil du temps, le chiisme s’est implanté comme du venin au sein de la péninsule arabique et dans  la communauté musulmane jusqu'à nos jours. Sur le plan doctrinal, le chiisme et la continuité de la défaite de l'empire "Perse" par les musulmans et donc une vengeance éternelle contre cette religion et surtout le sunnisme tel qu’il a était établi par le Prophète lui-même.  Sachant que le deuxième calife Omar, a était poignardé durant la première prière par Abou- Loualoua El-Majoussi ( un Perse) et le troisième calife Ottomane fut décapité par Ibn-Sabaa et ses partisans. Au plan dogmatique, cette forme du chiisme mit en avant, que le Prophète a était empoisonné par Abou-Baker, Omar et Ali était derrière l’assassinat d’Omar. De la sorte, les ismaéliens construisirent une pensée religieuse complexe et paradoxale. Rejetant l’attachement traditionnel à la Lettre du Coran, cette forme du chiisme mit en avant comme tous les autres courants chiites, le sens caché et implicite de la Parole divine accessible à travers l’interprétation des" initiés" et en particulier des "saints imams infaillibles et choisis par Dieu" ? Paradoxalement sein du sunnisme, il n’est de responsabilité dévolue qu’à la Oumma, c’est-à-dire à l’ensemble des Croyants et à chaque Croyant à l’intérieur de cet ensemble, et que cette responsabilité est double . Il s’agit, d’une part, de la commanderie du bien et de l’interdiction du mal et, d’autre part, du témoignage que cette communauté à travers son organisation générale et à travers chacun de ses membres peut porter des hommes auprès de Dieu. Ils attestent de ce qu’ils sont entrés dans le dessein divin et ont rendu hommage à la Réalité et à la Vérité du Créateur. Ainsi, toute la vie du musulman prendra sens autour de cette responsabilité et toutes les fonctions et les rôles à l’intérieur de la société musulmane découleront de cette mission Coranique dévolue à la Oumma . Ainsi également, la tâche de sacraliser la vie appartiendra à chaque Croyant et non pas à des détenteurs d’une "autorité sacerdotale jouissant d’un monopole liturgique, sacrificiel ou sacramental; les chiites opèrent des constructions dogmatiques en postulant la légitimité d’une autorité suprême après le Prophète."

SEFFEVIDES ET LA NAISSANCE DE L’IRAN CHIITE 

À l’orée du XVI siècle, une nouvelle dynastie arrive au pouvoir en Iran. Elle fonde un État ploutocratique et impose le chiisme comme religion officielle. Une décision qui oppose le pays au reste du monde musulman considérée comme agnostique et hérésiarque. Fondée par chah Ismaïl I en 1501, la lignée des Séfévides a régné sur la Perse jusqu’en 1722, date de l’invasion afghane qui mit fin à l’autorité effective de la dynastie. Celle-ci perdure toutefois jusqu’en 1732, les derniers souverains n’exerçant plus qu’un pouvoir nominal. L’État impose le chiisme comme religion officielle dès sa fondation .Cette doctrine proprement dit, mais l’oppose à ses puissants voisins : Ottomans à l’ouest, Ouzbeks au nord-est, puis Moghols à l’est, tous pratiquant le sunnisme. Après la période agitée de chah Ismaïl ( 1501-1524), le règne de chah Tahmasp I (1524-1576) apparaît comme une période moins troublée, relativement prospère. Mais c’est sous chah Abbas I (1588-1629) que la dynastie connaît son véritable apogée, tant dans son étendue territoriale que pour son essor économique si ses successeurs immédiats parviennent à maintenir une stabilité relative, la fin de la dynastie s’annonce au tournant des XVII et XVIII siècles. En effet, la conquête du pouvoir par chah Ismaïl s’est faite par les armes : le jeune prince a d’abord conquis l’Azerbaïdjan et fait de Tabriz sa capitale en 1501, en chassant le dernier souverain des Moutons blancs. Dès 1505, il se lance dans la conquête du Khorasan, la riche province orientale de l’Iran, et parvient à chasser les Ouzbeks de Harat (Afghanistan actuel). Mais la montée en puissance des Séfévides provoque rapidement la réaction des Ottomans : le sultan Selim I  leur inflige ainsi en 1514 une cuisante défaite lors de la bataille de Tchaldiran. Les souverains suivants, jusqu’à chah Abbas, devront sans cesse composer avec leur puissant voisin, qui pille le territoire Séfévide à de nombreuses reprises. Ismaïl meurt en 1524, âgé de 38 ans, laissant le trône à son fils Tahmasp, qui n’a que 10 ans Jusqu’en 1533 le royaume connaît une période d’instabilité politique qui ne passe pas inaperçue aux yeux de ses voisins : à l’est, les Ouzbeks envahissent Harat et le Khorasan par cinq fois Harat sera reprise par Tahmasp en 1537; dans la foulée, il se lance à la conquête de Kandahar, tenue alors par les Moghols. Mais la menace ottomane à l’ouest est autrement redoutable : l’Azerbaïdjan, avec sa capitale, Tabriz, ainsi que les villes de l’Irak (Bagdad, Nadjaf et Karbala) sont frontaliers des territoires ottomans et donc vulnérables. Soliman le Magnifique succède à Selim I en 1520; après avoir conquis la Hongrie et conclu un traité de paix avec l’Autriche en 1533, il s’attaque à ses frontières orientales. Ainsi, en 1534, les Ottomans occupent Tabriz puis Bagdad L’année suivante, Tahmasp réinvestit Tabriz, puis réussit à reprendre tous les territoires envahis, à l’exception de Bagdad. Ces petites victoires, quoiqu’elles esquivent la confrontation directe avec les armées de Soliman, augmentent le prestige de Tahmasp. En mai 1555, la signature du traité de paix d’Amasya marque une trêve définitive entre les deux souverains. Tahmasp meurt le 14 mai 1576; le bilan de son long règne est contrasté : il est parvenu à contenir les appétits de ses voisins, mais le pays traverse une crise politique profonde qu’illustrent les querelles de succession. Les règnes de ses deux héritiers Ismaïl II (1576- 1578) et Mohammed Khodabanda ( 1578- 1588) échouent à redorer le blason des Séfévides parmi les empires du moment. Au fil du temps, Chah Abbas I, contemporain d’Élisabeth première d’Angleterre, de Philippe II d’Espagne, de Rodolphe II de Habsbourg ou d’Ivan le Terrible, est considéré à juste titre comme le souverain le plus puissant de la dynastie. Plusieurs échanges d’ambassades ont du reste lieu entre sa Cour et certaines de ces monarchies européennes. Après avoir pacifié le pays et étendu son domaine du Caucase et de l’Irak jusqu’à Harat et aussi l’Afghanistan, grâce à ses alliances avec les Européens, chah Abbas conclut des traités avec les Moghols, les Ottomans et les Ouzbeks. La puissance de l’empire et sa stabilité sont propices au commerce, qui devient florissant, ainsi qu’aux attributs des franchises de douanes à des marchands européens et facilite le commerce international, dans lequel les Arméniens d’Iran jouent un rôle majeur d’intermédiaire. Le pays se pare de monuments prestigieux : palais, mosquées et sanctuaires des imams chiites se multiplient et s’enrichissent, alors que les ports, les routes et les caravansérails bénéficient de l’intérêt du souverain Chah Abbas I meurt le 19 janvier 1629. Ses successeurs chah Safi I ( 1629-1642) et chah Abbas II (1642-1666), parviennent, non sans mal, à préserver une certaine prospérité, en dépit de pertes territoriales (Arménie, Irak). Si les Ottomans et les Moghols demeurent des voisins agressifs, les Ouzbeks ne représentent plus une menace pendant cette période. Les règnes de Safi II (ou Suleyman, 1666-1694), puis du Sultan Hoseyn (1694-1722) connaissent la désagrégation progressive du pouvoir royal, volontiers confié à des camarillas. Cette période d’instabilité s’aggrave de facteurs naturels, séismes, épidémies, famines combinés à une gestion désastreuse des finances, des hausses d’impôts inconsidérées et des persécutions, notamment contre les sunnites qui considèrent cette période comme une malédiction Divine contre les impies. L’une de ces tribus sunnites persécutées, celle des Afghans ghalzai de Kandahar, sera à l’origine d’une révolte qui engendra la fin des Séfévides. Les Afghans sunnites conquièrent Ispahan en 1722 et déposent Hoseyn. Quelques souverains de façade suivent, dont Tahmasp II (1722-1732) Son autorité est bafouée par Nadir Chah, qui se proclame roi en 1736, inaugurant sa propre dynastie qui prendra fin quelque temps après.

CONSTRUCTION DOGMATIQUE DU CHIISME

Dans le chiisme, seuls peuvent être imams les descendants d’Ali. L’imam chiite (l’ayatollah "suprême"?) est le guide des Croyants, c’est-à-dire le véritable chef spirituel de la Oumma, à la différence des califes désignés par les sunnites dont les chiites ne reconnaissent pas l’autorité. Si dans le sunnisme, la Tradition des dires du Prophète ainsi que les interprétations des écoles sunnites précisent le Coran, dans le chiisme c’est l’imam qui rend la Parole divine Lisible aux hommes, même s’il existe aussi un respect des dires du Prophète. L’imam ou l’ayatollah pour les chiites peut recevoir directement la Révélation divine et conduit au rang supérieur que les Prophètes, les messagers de Dieu et même les Anges." Le dogme dominant exige qu’un imam soit une émanation, une incarnation, une transfiguration de Dieu." Aux yeux des chiites, les imams, Ali puis ses descendants, doivent diriger l’État lion d’être des êtres humains ordinaires, ils sont directement désignés par Dieu, et sont en conversation permanente avec Lui . Les imams, en réalité, sont quasiment des personnages «divins». Au contraire, pour les sunnites, les successeurs du Prophète, qu’ils nomment les califes par assentiment, n’ont pas de caractère divin. Ils gouvernent au nom de l’islam, dont ils affirment appliquer les principes, "mais n’ont pas d’accès privilégié à Dieu " et ne sont pas non plus des érudits religieux. Ainsi, le statut et la nature des imams sont au cœur des divergences théologiques entre sunnites et chiites. Outre les doctrines, certaines pratiques rituelles distinguent les deux branches. Ainsi, les sunnites et les chiites ne prient pas tout à fait de la (même) manière. Les chiites ont aussi développé de nombreux rituels de vénération des imams. Au sein du chiisme duodécimain, qui est le courant majoritaire du chiisme, une lignée de douze imams est reconnue, dont le douzième aurait été occulté à la vue des hommes depuis 13 siècles?  Le dernier imam est censé revenir à la fin des temps pour rétablir le règne de la justice. De magnifiques mausolées ont été construits sur la tombe des imams, autour desquels se sont développés des pèlerinages, dont le plus connus restent celui de Najaf en Irak, où se trouve le tombeau du premier imam Ali, et celui de Karbala, également en Irak, autour du tombeau de Hussein, troisième imam et fils d’Ali, assassiné lors d’une bataille qu’il a opposé au calife Yazid fils de Mouayia Ibn-Aby- Sofiane en 680 . Parmi les grandes tendances du chiisme, on trouve les Zaydites, les Ismaéliens, les Nousayris ou Alaouites, les Druzes, les Nazarides et Moustalides.

LES ETATS-UNIS/ ISRAEL/ LES MONARCHIES DU GOLFE ET L'IRAN 


Sous le shah d'Iran, érigé en gendarme du Golfe et armé jusqu'aux dents par les Etats-Unis. Depuis la révolution islamique des mollahs en 1979 et l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeiny, il est le cauchemar des monarchies Arabes sunnites, et l'obsession des Américains qui ne pardonneront jamais la prise en otages de leurs diplomates en 1979-1980. La profonde méfiance anti-arabe qui rapprochait autrefois l'Iran et Israël a été supplantée ces dernières décennies, et plus encore ces dernières années, par une alliance de facto israélo saoudienne contre le régime des mollahs de Téhéran, illustrée par l'Alliance d'Abraham promue par Trump et poursuivie par Biden jusqu'au coup d'arrêt violent de Gaza. Elle aurait auparavant été renforcée par les violentes menaces d'Ahmadinejad contre Israël et les opérations déstabilisatrices des Gardiens de la révolution partout où il y a des chiites dans la région: Irak, Syrie, Bahreïn, Yémen, Liban et l'Afghanistan. Sachant que lors du conflit syrien, le Hezbollah, les gardiens de la révolution et autres milices iranien ont commis un génocide en Syrie et en Irak contre les minorités sunnites, plus de 2 millions de morts et 10 millions de déplacés. La tentative solitaire et courageuse d'Obama de geler, grâce à l'accord de 2015, la menace nucléaire iranienne, à défaut de pouvoir empêcher les autres actions iraniennes mais en faisant le pari que la société iranienne moderne submergerait le régime si le pays se développait, était à mon avis la politique la plus intelligente possible. Plus que les sanctions sans fin, ou la guerre. Elle a été pulvérisée avant d'avoir pu produire ses effets positifs par la politique du pire menées par Trump de 2017 à 2020. Trump, les Saoudiens "MBS," les Émiriens, et les nationalistes israéliens, Likoud et ses alliés extrémistes, ne visent en fait qu'un objectif : que les Mollahs soient discrédités, que le régime s'effondre, du fait d'une révolte interne provoquée par des sanctions cyniques. Avec l'implication direct de Trump, aprés une nouvelle révolution, et un autre régime, celui-ci a montré sa cruauté et jusqu'ici hélas son efficacité dans la répression du peuple. 



Dans l'architecture géopolitique Trumpiste, les tentatives de déstabilisations que ce soit au Venezuela ou en Iran,  Trump veut assécher la Chine notamment concernant les hydrocarbures, ( pétrole contre les terres rares ).  Dans l'immédiat, l'effet des frappes israéliennes très ciblées contre les installations iraniennes de missiles, l'infiltration du Mossad et la CIA dans le pays , le guide suprême et les gardiens de la révolutions assassinent impitoyablement leurs propre peuples avant d'être eux aussi soit capturés ou décapités sur les places publiques. 

MOHAMMED CHERIF BOUHOUYA  


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Enfin, 

 
 
 
 


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